Mis à jour le 13 janvier 2012 par direction de l'information légale et administrative (premier ministre)
La réintégration permet à une personne, qui a perdu la nationalité française, de la retrouver pour l'avenir.
Lorsqu'elle remplit les conditions légales, la réintégration par déclaration est de droit.
L'administration n'a pas de pouvoir discrétionnaire.
La réintégration dans la nationalité française par déclaration concerne les personnes :
qui ont perdu la nationalité française en raison du mariage avec un étranger,
ou qui ont volontairement acquis une autre nationalité.
Elles doivent avoir conservé ou acquis des liens manifestes avec la France, notamment d'ordre culturel, professionnel, économique ou familial.
Les personnes qui ont perdu la nationalité française durant leur minorité, en raison de l'acquisition volontaire par leurs parents de la nationalité d'un pays contractant à la convention du Conseil de l'Europe du 6 mai 1963 sur la réduction des cas de pluralité de nationalités, peuvent également être réintégrées par déclaration dans la nationalité française.
Pour souscrire la déclaration, elles doivent être majeures et résider en France.
Les anciens membres du Parlement de la République, de l'Assemblée de l'Union française et du Conseil économique, qui ont perdu la nationalité française et acquis une autre nationalité par effet d'une disposition générale, peuvent être, de même, réintégrés dans la nationalité française par déclaration.
Ils doivent être majeurs et avoir établi leur domicile en France.
La même faculté est ouverte à leur conjoint, veuf ou veuve et à leurs enfants majeurs.
Les enfants mineurs non mariés du déclarant peuvent être également réintégrés par effet collectif, à condition d'avoir la même résidence habituelle (en cas de séparation ou divorce, une résidence alternée) et de figurer dans la déclaration.
La nationalité française ne peut être accordée à l'étranger :
qui a été condamné pour crimes ou délits constituant une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ou un acte de terrorisme,
ou qui a été condamné à une peine égale ou supérieure à 6 mois de prison sans sursis, quelle que soit l'infraction,
ou qui a fait l'objet soit d'un arrêté d'expulsion non rapporté ou abrogé, soit d'une interdiction du territoire français non entièrement exécutée,
ou qui est en séjour irrégulier en France.
À noter : ces empêchements ne sont pas applicables à l'enfant mineur susceptible d'acquérir la nationalité française par effet collectif et au condamné qui a bénéficié d'une réhabilitation de plein droit ou judiciaire ou dont la mention de la condamnation a été exclue du bulletin n°2 du casier judiciaire.
Le demandeur doit s'adresser :
en France, au greffier en chef du tribunal d'instance de son domicile compétent en matière de nationalité et, à Paris, au pôle de la nationalité française de Paris,
à l'étranger, au consulat français.
La déclaration de nationalité est établie en 2 exemplaires, datés et signés du déclarant et de l'autorité qui l'a reçoit.
Une liste des pièces nécessaires à la constitution du dossier lui est remise.
Elle varie en fonction de sa situation.
Tous les documents rédigés en langue étrangère doivent être accompagnés de leur traduction par un traducteur agréé (ou habilité à intervenir auprès des autorités judiciaires ou administratives d'un pays de l'Espace économique européen ou suisses). Ces traductions doivent être produites en original (pas de photocopies).
Lors de sa demande de réintégration, le déclarant peut demander, sous certaines réserves, la francisation de ses nom et/ou prénom(s) ainsi que celle des prénoms de ses enfants.
Il peut aussi demander l'attribution d'un prénom français, lorsque lui ou ses enfants n'ont aucun prénom.
Le greffier en chef du tribunal d'instance (le consulat ou le ministre de la justice lorsque la déclaration est souscrite à l'étranger) remet au demandeur un récépissé daté, dès réception de l'ensemble des pièces nécessaires à la preuve de la recevabilité de la déclaration.
L'administration dispose d'un délai de 6 mois, à compter de la délivrance du récépissé, pour rendre sa décision.
Si les conditions légales sont remplies, le greffier en chef du tribunal d'instance (ou le ministre de la justice pour les déclarations souscrites à l'étranger) enregistre la déclaration de nationalité.
La personne réintègre alors la nationalité française à la date à laquelle elle a souscrit sa déclaration.
Une copie de sa déclaration mentionnant l'enregistrement lui est remise.
Elle doit être précieusement conservée pour l'établissement du certificat de nationalité française et de la carte nationale d'identité .
Si les conditions légales ne sont pas remplies, le greffier en chef du tribunal d'instance (ou le ministre de la justice pour les déclarations souscrites à l'étranger) refuse d'enregistrer la déclaration. Elle est considérée comme irrecevable.
Cette décision motivée est notifiée au demandeur.
Le refus d'enregistrement peut être contesté, dans les 6 mois suivant sa notification, devant le tribunal de grande instance du domicile du demandeur.
Le ministère public peut contester l'enregistrement dans un délai de 2 ans si les conditions légales ne sont pas remplies.
Il peut également le faire, en cas de fraude ou de mensonge, dans les 2 ans de leur découverte.
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