Mis à jour le 9 novembre 2011 par direction de l'information légale et administrative (premier ministre)
La reconduite à la frontière est une des mesures d'éloignement qui peut être prononcée par le préfet.
Elle ne concerne que certains étrangers qui séjournent en France depuis moins de 3 mois. On parle d'arrêté préfectoral de reconduite à la frontière (APRF).
Un recours contentieux est possible contre cet arrêté.
En l'absence d'un tel recours ou en cas de rejet du recours, l'étranger est reconduit de force par l'administration. Des sanctions pénales sont prévues en cas de soustraction à la mesure.
L'étranger, présent en France depuis moins de 3 mois, peut faire l'objet d'une reconduite à la frontière :
s'il représente une menace à l'ordre public (par exemple : trafic de stupéfiants, proxénétisme, exploitation de la mendicité, vol dans un transport collectif, certains vols avec circonstances aggravantes),
ou s'il a exercé un emploi salarié en France sans autorisation de travail.
Certaines catégories d'étrangers ne peuvent pas faire l'objet d'une mesure de reconduite :
les personnes mineures, malades, accidentées du travail ou dont les liens privés et familiaux ou la durée de présence en France sont importants (mêmes catégories que celles protégées contre une obligation de quitter la France),
et les citoyens européens et suisses ainsi que les membres de leur famille.
L'arrêté de reconduite à la frontière est pris et notifié par le préfet de résidence de l'étranger.
Il s'agit d'une décision écrite motivée. Elle est accompagnée de la décision fixant le pays de renvoi.
La notification intervient en mains propres, au guichet de la préfecture par exemple ou dans le cadre d'une interpellation ou en prison.
L'étranger doit pouvoir, dans les meilleurs délais, avertir un avocat, son consulat ou une personne de son choix.
L'étranger peut contester devant le juge administratif :
l'arrêté de reconduite à la frontière dont il est destinataire,
et la décision fixant le pays où il doit être renvoyé.
Il doit déposer son recours auprès du tribunal administratif territorialement compétent, dans un délai de 48 heures suivant la notification de ces mesures.
Ce recours suspend l'éloignement jusqu'au prononcé du jugement.
Le tribunal a normalement 3 mois pour statuer à compter de sa saisine.
Toutefois, si l'étranger est placé en centre de rétention ou assigné à résidence (ce qui est généralement le cas), ce délai est de 72 heures. Dans ce cas, l'affaire est confiée à un juge unique qui se prononce en urgence. L'étranger peut lui demander le concours d'un interprète et la communication des pièces sur lesquelles est fondé son éloignement. S'il n'a pas d'avocat, il peut demander à ce qu'il lui en soit désigné un d'office.
Si le tribunal annule l'arrêté de reconduite, l'étranger est muni par la préfecture d'une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de son dossier. La préfecture met aussi fin à l'éventuel placement en rétention ou assignation de l'étranger.
Si le tribunal confirme l'arrêté de reconduite, l'étranger peut faire appel auprès de la cour administrative d'appel territorialement compétente. L'appel doit être formé dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement. Toutefois, il ne suspend pas l'éloignement de l'étranger.
L'administration peut procéder à la reconduite forcée de l'étranger :
en l'absence de recours devant le tribunal administratif, passé un délai de 48 heures suivant la notification de l'arrêté de reconduite à la frontière,
ou si un recours a été déposé, en cas de rejet par le tribunal administratif.
L'étranger est éloigné à destination :
de son pays, sauf s'il s'est vu reconnaître le statut de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire en France ou si sa demande d'asile est encore en cours,
ou du pays qui lui a délivré un document de voyage (ce document doit être valide),
ou d'un autre pays dans lequel il peut être légalement admis.
Cependant, une personne ne peut pas être éloignée à destination d'un pays si elle établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'elle y est exposée à la torture, à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants.
En cas d'impossibilité de renvoyer l'étranger, une mesure d'assignation à résidence peut être décidée par la préfecture.
L'étranger, qui tente de soustraire ou se soustrait à sa reconduite, peut être condamné par le juge pénal :
à une peine de prison de 3 ans maximum,
et éventuellement à une peine d'interdiction du territoire français.
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