Le plan Orsec a 60 ans

Le plan Orsec a 60 ans

Le plan Orsec a radicalement changé la manière d’appréhender une catastrophe. Un dispositif visionnaire qui place le préfet au coeur des opérations de secours.


Soixante ans après sa conception, Orsec (Organisation de la réponse de sécurité civile) est un paradoxe à lui tout seul.
Ce plan est incontournable pour gérer une catastrophe, mais l’organisation de la réponse de sécurité civile demeure encore une énigme pour le citoyen lambda. Plus qu’un acronyme présent dans les grilles de mots-croisés et dans les dictionnaires, Orsec est avant tout « une organisation regroupant des acteurs publics et privés, souligne Philippe Blanc, chef de la section Orsec à la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC).

Cet ensemble est composé de l’État, des collectivités territoriales, des opérateurs de réseaux et des associations de sécurité civile. Il est placé sous la direction unique du préfet, l’autorité de police représentant l’État dans le département. Ce plan permet de faire face à tous types de situations d’urgence, qu’elles soient prévisibles ou pas, à partir du moment où elles dépassent les limites de la commune. »

Depuis la publication d’Orsec, le 5 février 1952, ce principe demeure intact même si le plan original a beaucoup évolué. Créé sur les vestiges des premières organisations interservices de défenses passives mises en place à la fin des années trente pour faire face aux menaces de bombardements, Orsec a changé au gré des mutations de la société, de ses attentes et des menaces. « En 1987, la première loi de sécurité civile a réformé la mouture originale, jugée contre-intuitive tant il paraissait logique de prévoir une réponse spécifique à chaque risque, explique Pascal Fortin, chargé de planification territoriale à la DGSCGC.Pour mieux cibler les risques et prendre en compte leur analyse, l’État a mis en place plusieurs catégories de plans d’urgence, notamment le fameux plan rouge déclenché lorsqu’il y a de nombreuses victimes en un même lieu. À cette époque, on avait quasiment un plan par risque. »

Une multitude de dispositifs voient alors le jour. Orsec devient un tabou que l’on n’ose plus mettre en oeuvre, d’autant que son coût est supporté par l’État. En 1999, la tempête du siècle balaye la France et, par là même, l’idée d’un dispositif segmenté par risques. « Tout le monde jouait le plan, mais certains départements ne le déclenchaient pas », se souvient Philippe Blanc. Depuis 2004, la loi de modernisation de la sécurité civile a rectifié le tir et place chaque citoyen au coeur d’une organisation intégrée beaucoup plus souple et adaptée aux risques majeurs actuels. « Cette nouvelle mouture d’Orsec fait la synthèse des deux approches précédentes.

On s’appuie sur une organisation commune pour faire face à un risque particulier. On y intègre l’analyse des risques et l’ensemble des partenaires de l’État. » À 60 ans, Orsec est plus qu’un dispositif ultime pour faire face aux événements les plus graves. C’est aujourd’hui une boîte à outils, utilisable au quotidien sans que l’administration centrale n’en supporte la charge exclusive.


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