Police, gendarmerie, indispensables réservistes

Police, gendarmerie, indispensables réservistes
13 mai 2011

La police et la gendarmerie s'appuient sur leurs réservistes pour leurs missions. Si la police privilégie le recours ponctuel à ses anciens spécialistes partis en retraite, la gendarmerie compte davantage sur le nombre pour renforcer ses missions quotidiennes. A ces deux conceptions correspondent deux systèmes de réserve différents. Description.


La réserve civile de la Police nationale

La réserve civile de la Police nationale a été créée en 2003. Elle se compose d'une réserve statutaire pour laquelle tous les policiers qui prennent leur retraite sont soumis à une obligation de disponibilité de cinq ans. Celle-ci commence au moment de la rupture de leur lien avec le service. Pendant cette période, ils sont susceptibles d'être rappelés pour des missions ponctuelles. Toutefois ces rappels interviennent dans des circonstances exceptionnelles, en cas de menaces ou de troubles graves à l'ordre public, et sur décision expresse du ministre de l'Intérieur. Cette réserve statutaire est complétée d'une réserve contractuelle, fondée sur le volontariat, sous réserve des aptitudes médicales des candidats.

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Actuellement la réserve statutaire compte 7 441 policiers, explique Martine D., commandant fonctionnel, chef de la mission nationale pour la réserve de la police nationale. Parmi eux, 5 193 sont volontaires pour signer un engagement à servir dans la réserve contractuelle pour une durée de cinq ans renouvelable. En 2010, 2 187 d'entre eux ont été employés.

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A la différence de la réserve opérationnelle de la gendarmerie, tous les réservistes de la police sont des policiers en retraite. L'objectif pour la police est moins de disposer d'une capacité à augmenter ses effectifs que de conserver ses savoir-faire les plus exigeants correspondant à ses différents métiers, notamment au sein de la police judiciaire, de la police aux frontières ou du renseignement intérieur.

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Nos réservistes sont des spécialistes, présentant souvent des profils très pointus, notamment dans les domaines de l'informatique. Nous avons même un pilote d'avion. D'autres encore sont des linguistes expérimentés dans certaines langues rares. Pour autant, des réservistes de la sécurité publique ou de la préfecture de police intègrent certains dispositifs exceptionnels en renfort des effectifs mobilisés.

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Ainsi en est-il lors de grands événements, comme les sommets internationaux – Strasbourg récemment, ou encore prochainement les G8 et G20. Des réservistes interviennent également chaque année dans la sécurisation du défilé du 14 Juillet. Ils sont enfin employés à l'étranger pour des missions onusiennes comme en Haïti ou au Darfour, ou comme experts en formation dans certains pays de l'Union européenne. "Dans tous les cas, il s'agit de personnel d'appoint à compétence judiciaire limitée." Les réservistes de la Police nationale peuvent travailler 150 jours par an et jusqu'à 210 jours pour les missions à l'étranger.
La loi d'orientation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI) prévoit que des citoyens pourront intégrer la réserve de la Police nationale, sans être armés, pour effectuer des missions d'expertises, par exemple des scientifiques, des linguistes, ou pour des missions de soutien dans certaines fonctions supports dans le domaine administratif comme les ressources humaines par exemple.

La réserve opérationnelle de la Gendarmerie nationale

Police, gendarmerie, indispensables réservistes

La réserve opérationnelle de premier niveau de la Gendarmerie nationale compte 25 000 hommes et femmes (18 % sont des femmes) ayant signé un engagement à servir dans la réserve et sur lesquels l'institution s'appuie en permanence pour effectuer ses missions. Environ un quart des réservistes sont issus de personnels en retraite. Un second quart vient d'autres armées, un troisième d'anciens gendarmes volontaires adjoints. Le dernier quart est constitué de citoyens issus bien souvent de la préparation militaire de la gendarmerie, qui souhaitent y être réservistes.

La réserve opérationnelle de second niveau est, quant à elle, constituée des anciens militaires de la gendarmerie, susceptibles d'être rappelés après leur départ en retraite, sur décision du Premier ministre, lorsque surviennent des événements graves.
"Cette réserve de masse est devenue peu à peu une réserve d'emploi, en appui des personnels d'active", explique Jean-Philippe D., général de gendarmerie et délégué aux réserves de la gendarmerie à la DGGN. Les réservistes opérationnels interviennent pour des missions "de basse intensité", comme par exemple la protection des axes routiers lors du Tour de France ou le renforcement des patrouilles estivales.

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Il s'agit alors d'écrêter les pics d'activité. Mais en temps normal, nous utilisons les réservistes pour démultiplier la surveillance générale. Les réservistes sont par ailleurs exclus des missions de maintien de l'ordre.

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Les réservistes de la Gendarmerie nationale ne peuvent travailler plus de trente jours par an. En 2010, ils ont travaillé en moyenne vingt jours. Pendant leur mission, ils disposent des mêmes droits et devoirs qu'un militaire en activité. L'emploi des réservistes nécessite une importante planification qui est réalisée au niveau des régions et des commandants de groupements dans les départements.


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