Calais : des moyens supplémentaires pour faire face à la crise

Photo du ministre de l'Intérieur à Calais le 21 octobre 2015
22 octobre 2015

A l'occasion de son déplacement à Calais le 21 octobre, Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, a réaffirmé l'engagement de l’État français face à la crise migratoire à laquelle l'Europe est confrontée.


Calais, baromètre de l’état des flux migratoires entrant dans l’espace Schengen.

En France, cette crise entraîne des conséquences de plus en plus difficiles à supporter pour la ville de Calais et sa région, où convergent les migrants qui ont le projet de gagner le Royaume-Uni.

En quelques semaines seulement, le nombre de migrants à Calais a doublé, passant de 3 000 à 6 000 personnes présentes sur place quotidiennement. Une telle pression migratoire exerce évidemment un fort impact sur la région, en termes économiques comme en termes de sécurité. Le ministre de l'Intérieur a d'ailleurs tenu à saluer à nouveau la générosité et l’humanité dont font preuve les habitants de Calais à l’égard des migrants.

Depuis le début de la crise, l’État travaille de concert avec les élus de Calais, mais aussi les associations humanitaires. Il s'agit d’agir pour garantir la sécurité des Calaisiens, maintenir l’ordre public et préserver les droits des migrants.

Face à cette crise, l’État a choisi de rechercher et de mettre en place des solutions de long terme pour réguler les flux d’immigration, pour accueillir humainement les migrants, pour assumer les obligations de la France en matière d’asile et pour lutter contre les filières criminelles de passeurs.

Renforcement de la sécurité des infrastructures

Des travaux de  sécurisation du tunnel et du port ont été entamés il y a plusieurs mois. En attendant qu'ils soient terminés, le ministre de l'Intérieur a décidé de renforcer la présence des forces de l'ordre. 300 gendarmes et 160 CRS viendront s'ajouter aux effectifs déjà présents, ce qui porte à 1125 le nombre de fonctionnaires engagés pour sécuriser les infrastructures et lutter contre les intrusions et l'immigration irrégulière.

Accueil humanitaire

Le centre d’accueil de jour « Jules Ferry » permet aux migrants de se nourrir, de se laver et d’avoir en cas de besoin accès à des soins médicaux.

L’État et ses partenaires ont également veillé à mettre à l’abri les plus vulnérables, les femmes et les enfants, et ouvert à leur intention un centre d’hébergement sécurisé d’une centaine de places au sein de l’espace Jules Ferry. Ses capacités seront doublées d'ici la fin de l'année 2015. Le ministre de l'Intérieur l'a répété : aucune femme, aucun enfant ne sera sans abris cet hiver.

Par ailleurs, afin de répondre aux besoins humanitaires les plus urgents, le camp de la Lande sera aménagé, comme l’a annoncé le Premier Ministre le 31 août, avec la création d’une première tranche de 1500 places dont la mise en place et la gestion sont confiées à l’association « La Vie active ». Ce système d’hébergement innovant est destiné aux migrants qui ne veulent pas, ou ne peuvent pas, dans l’immédiat, quitter Calais. Il sera mis en place avant la fin de l’année et son utilité sera étudiée de près afin d’adapter le dispositif.

Mise en place de maraudes sociales

Des maraudes sociales régulières vont par ailleurs être mise en place avec les associations afin de proposer à chaque migrant une solution adaptée à sa situation. Les premières maraudes sociales vont débuter avant la fin de semaine et seront conduites par quatre agents de la direction départementale de la cohésion sociale.

Elles seront démultipliées dans les prochains jours, grâce au concours des associations qui voudront s’y associer. Ce contact régulier permettra d'accompagner les migrants et ainsi de ne pas laisser de place aux passeurs.

Mission sur les conditions sanitaires de vie des migrants à Calais

En accord avec la ministre des affaires sociales, de la santé et du droit des femmes, Marisol Touraine, une mission a été diligentée sur les conditions sanitaires de vie des migrants à Calais. Cette mission vient de se dérouler et son rapport sera remis aux ministres d'ici la fin de la semaine. Bernard Cazeneuve a affirmé que l’Etat ne se dérobera pas devant ses responsabilités et dégagera les moyens nécessaires afin que tous les étrangers présents à Calais puissent bénéficier de soins médicaux et paramédicaux correspondant à leurs besoins.

Accompagnement des migrants dans leurs démarches

Il s'agit de faciliter le départ  des migrants de la Lande de Calais, qui n’est pas adaptée à leur séjour.

Un dispositif exceptionnel d’accueil des demandeurs d’asile a été mis en place à Calais. Chaque semaine, près d’une centaine de migrants, après avoir renoncé à tenter de passer au Royaume uni, décident d’effectuer une demande d’asile en France et sont pris en charge par une structure spécialisée. Aujourd’hui, le premier guichet unique pour la demande d’asile en France, après Paris, se trouve ainsi à Calais, où 2000 demandes d’asile ont été déposées depuis le début de l’année, contre 300 sur toute l’année 2013. En présence d’une offre de prise en charge adaptée, de nombreux migrants sont en effet prêts à faire valoir leurs droits à l’asile en France et à renoncer à un projet migratoire périlleux vers le Royaume-Uni.

Le Gouvernement a également décidé que chaque migrant présent à Calais doit pouvoir, s’il en manifeste le souhait et s’il renonce à son projet migratoire vers le Royaume-Uni, bénéficier d’une mise à l’abri ailleurs en France, sans que cette offre soit conditionnée par le dépôt préalable d’une demande d’asile. Conformément aux recommandations du rapport « Aribaud Vignon », l’objectif de cette mesure consiste à leur offrir un temps de répit, dans des conditions stables et rassurantes, au cours duquel ils pourront bénéficier d’un suivi sanitaire et social, prendre la mesure de leur situation et reconsidérer leur projet d’immigration au Royaume-Uni. Les migrants présents à Calais se trouvent en effet dans une impasse.

Ainsi, Bernard Cazeneuve a demandé à tous les préfets de  Région d’ouvrir au plus vite des « centres d’accueil et d’orientation » dont la gestion sera confiée à des associations. Les trois premiers  centres doivent ouvrir dès la fin de cette semaine.

A la fin de l’année, l’État aura ainsi créé près de 2000 places d’hébergement pour les demandeurs d'asile en provenance de Calais.

Au terme de sa septième visite à Calais, le ministre de l'Intérieur a rappelé que la véritable réponse humanitaire au drame des migrants ne consiste pas à organiser une gestion pérenne de la détresse à Calais. Elle consiste au contraire à leur assurer un accueil digne partout en France, au sein d’un pays qui a les ressources et la volonté pour le faire.


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