Historique de l'alerte

29 janvier 2015

Toute une histoire

Depuis des siècles, l’alerte des populations est transmise par un signal sonore qui vient interrompre l’activité sociale. Longtemps, le tocsin (sonnerie de cloches à coups redoublés) a rempli cette fonction.

En France, depuis la seconde guerre mondiale, les sirènes ont progressivement remplacé les clochers. A partir de 1948, le Réseau national d’alerte (RNA), réseau de sirènes majoritairement implantées le long des frontières terrestres du territoire, rempli la fonction d’alerte des populations. Hérité de la défense passive, c’est à dire de la protection des populations en cas de guerre, il est tout d’abord conçu comme un outil de réponse à la menace aérienne.

Avec l’émergence du bloc de l’Est et de la guerre froide, le RNA prend de l’importance et le déploiement des sirènes s’accélère. Aujourd’hui, le réseau est toujours en partie géré par l’armée de l’air en raison de l’élément «Agression aérienne » encore pris en compte. Mais cet outil est également utilisé pour prévenir la population d’un sinistre de sécurité civile, d’origine naturelle ou technologique.

La fin de la guerre froide, le vieillissement du réseau et la multiplicité des risques ont nécessité une modernisation de l’alerte. La mise en place du système d’alerte et d’information des populations (SAIP) a été l’occasion de revoir l’implantation des sirènes afin de mieux prendre en compte les nouvelles natures de risques et répondre de manière plus pertinente aux besoins actuels de la population.

Le signal d’alerte
En cas de déclenchement, le signal ne doit pas être maintenu trop longtemps. La triple répétition du cycle d’1 minute et 41 secondes lui permet ainsi d’être perçu efficacement tout en évitant de générer un stress supplémentaire à une population déjà soumise à une crise. Le signal doit donc être clairement audible et mobilisateur sans être anxiogène. Il doit également se différencier clairement du signal d’essai des sirènes de chaque premier mercredi du mois (1 minute et 41 secondes) ou de la fin de l’alerte (un signal continu de 30 secondes).

Mais pourquoi une alerte d’1 minute et 41 secondes exactement ?
A l’origine, le signal était d’1 minute. Cette minute correspondait à la limite technique des sirènes électromagnétiques qui risquaient de disjoncter si elles tournaient trop longtemps. Le délai d’1 minute avait donc été calculé avec les fabricants de sirènes de l’époque pour garantir leur efficacité et leur opérabilité. Les 41 secondes correspondent au délai technique de montée et descente de la sirène.