Le ministère en charge de l'Outre-mer, avec les partenaires institutionnels concernés, déploie dans les départements d'outre-mer un vaste dispositif de communication sur la lutte contre l'alcool et les drogues.
Le ministère de l'Outre-mer, la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) et le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Santé déploient dans les départements d'outremer un vaste dispositif de communication en trois volets : la prévention de la consommation d'alcool chez les jeunes, la prévention de la consommation de drogues illicites et la promotion des dispositifs d'écoute, de conseil et de prise en charge des consommateurs d'alcool, de drogues, ou de leur entourage.
L'Inpes a rassemblé, cette année, l'ensemble des données épidémiologiques et des usages de substances psychoactives dans les départements d'outre-mer. Ces résultats sont les seuls disponibles dans l'attente d'une enquête plus importante, le "baromètre santé DOM", qui sera mise en place par l'Inpes en 2012 et qui permettra, notamment, d'obtenir des données plus précises sur la population adulte.
Cette étude a montré que, d'une manière générale, les habitants des DOM sont globalement moins concernés par les pratiques addictives que les métropolitains, mais elle a néanmoins mis en évidence des spécificités ultramarines. Ainsi, du fait d'un environnement régional particulier lié à la proximité de la principale zone de production mondiale de cocaïne, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane se caractérisent par une inquiétante consommation de crack, avec toutes les conséquences néfastes sur le plan sanitaire, social, individuel et familial. À La Réunion prévaut une forte consommation d'alcool et une polytoxicomanie. À Mayotte, on observe une augmentation du nombre de jeunes consommateurs d'alcool, lesquels fument également tabac et bangué (cannabis local). En outre, ces particularités sont renforcées par le fait que, globalement, la situation démographique des DOM présente une proportion de jeunes nettement plus importante qu'en métropole.
Aussi, afin d'amener ces jeunes à réfl échir aux risques liés à leur mode de consommation d'alcool (accidents, comportements violents, rapports sexuels non protégés ou subis, comas éthyliques, etc.) et de limiter les situations d'ivresses répétées, la campagne télévisée "Boire trop" a été diffusée du 4 juillet au 14 août derniers sur les chaînes nationales, sur le réseau de chaînes locales "1re" et dans les cinémas de La Réunion. Pour appuyer ce message, l'Inpes diffuse la brochure Alcool, vous en savez quoi ? au cours de ce premier trimestre de l'année scolaire, dans les lieux d'écoute et de prise en charge locaux, en milieu scolaire ou encore dans les associations. Déjà diffusée en décembre 2010, la campagne télévisée "Contre les drogues, chacun peut agir" a pour objectif, quant à elle, d'amener les parents et l'entourage à s'interroger sur le rôle qu'ils peuvent jouer dans la prévention de la consommation de drogue chez leurs enfants, ainsi que sur les actions à mettre en oeuvre. Elle a été diffusée en septembre et en octobre dernier, en métropole sur la TNT, les chaînes hertziennes et numériques, et sur le réseau des chaînes locales "1re", la chaîne ATV et sur Antenne Réunion.
Parallèlement, cette campagne est relayée dans la presse locale. Par ailleurs, une campagne d'affichage, adaptée au contexte local, avec trois visuels différents, a été déployée en Martinique, Guadeloupe et Réunion. Dans ces campagnes, qui ont fait l'objet d'un affichage urbain du 10 au 27 octobre dernier dans les cinq départements d'outre-mer, l'Inpes rappelle les dispositifs d'aide à distance qui ont pour vocation d'informer, d'écouter et d'orienter le public vers les structures ou les professionnels à même de leur apporter de l'aide :