Une feuille de route pour les ambassadeurs des "Trois Océans"

© MIOMCTI/DICOM/E.Delelis

La ministre de l'Outre-mer, Marie-Luce Penchard, recevait, le 1er septembre dernier, à Paris, les ambassadeurs de France présents dans les pays proches de l'Outre-mer. L'occasion de présenter les orientations de la politique ultramarine pour les mois à venir.


Le 1er septembre dernier, et pour la troisième année consécutive, la ministre en charge de l'Outre-mer, Marie-Luce Penchard, recevait, rue Oudinot, quarante-deux ambassadeurs en poste dans les pays limitrophes des départements et collectivités d'outre-mer, ainsi que les préfets et hauts commissaires en poste dans ces DOM-COM.

Cette rencontre était organisée sur le thème de la "Stratégie d'intégration régionale" de l'Outre-mer, soulignant que "le choix d'une insertion régionale accrue est motivé par un objectif principal : la promotion des intérêts de chaque outre-mer, tout particulièrement dans les domaines économiques et commerciaux". La nomination de trois commissaires au développement endogène marque la priorité du développement économique à l'échelle régionale dans les secteurs dans lesquels la France possède une plus-value, à savoir l'environnement, les énergies renouvelables, la santé et le spatial. "C'est pour cela que nous avons tenu à ce que l'Agence française de développement, à côté de ses stratégies “international” et “outre-mer”, développe une stratégie de “coopération régionale”, dont l'objectif est de s'assurer que les projets engagés dans les pays voisins sont bien conformes aux intérêts de nos collectivités", a-t-elle précisé.
L'autre objectif de la stratégie d'insertion régionale est "le passage d'une logique “de l'outre-mer” à une logique “des outre-mer” qui obéit à une réalité simple : la diversité des outre-mer". La conséquence, ce sont des "trajectoires institutionnelles singulières", avec l'accompagnement d'évolutions institutionnelles adaptées à chaque territoire ultramarin.

Forte d'un bilan international significatif de l'année écoulée (voir encadré), la ministre en charge de l'Outre-mer a dégagé ses axes prioritaires pour les prochains mois. "D'abord, il s'agit de continuer à promouvoir les intérêts de nos collectivités à l'occasion des prochaines commissions mixtes, qui vont se tenir à l'automne." Il s'agit de celle avec le Brésil, déterminante pour régler en partie les questions liées à l'ouverture du pont de l'Oyapock, et de la commission France/Canada dont l'enjeu sera l'obtention du "statut vétérinaire" pour Saint-Pierre-et-Miquelon.
Par ailleurs, à l'initiative de la France, des discussions sont engagées avec les Pays-Bas pour créer une "commission mixte transfrontalière", afin d'instaurer un dialogue régulier sur la coopération entre le nord et le sud de l'île de Saint-Martin.

En outre, Marie-Luce Penchard a annoncé que "la possibilité ouverte aux collectivités d'affecter des  représentants dans les missions diplomatiques va se concrétiser". Ainsi la Nouvelle-Calédonie a-t-elle prévu de placer des représentants de son gouvernement dans le réseau diplomatique français du Pacifique, dès l'automne 2011 pour la Nouvelle-Zélande et à l'automne 2012 pour l'Australie, le Vanuatu et la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Un autre axe prioritaire concerne les suites à donner aux souhaits exprimés par les collectivités d'outremer d'adhérer aux organisations de coopération régionale. À ce titre, les modalités d'adhésion des collectivités françaises des Antilles-Guyane, en tant que membres associés ou observateurs aux organisations régionales de la zone, seront au coeur des discussions de la prochaine conférence de coopération régionale pour la zone Antilles-Guyane, qui se tiendra en Martinique le 7 novembre 2011. "Cette conférence permettra également d'aborder la stratégie de coopération régionale de l'Agence française de développement dans la zone, les relations économiques des collectivités françaises avec les pays environnants, ainsi que les programmes de coopération européens mis en oeuvre dans la zone", a précisé la ministre, qui annonce par ailleurs que toutes ces compétences internationales reconnues aux départements et régions d'outre-mer, aux collectivités de Saint-Barthélemy, de Saint-Martin et de Saint-Pierre-et-Miquelon feront l'objet d'une circulaire finalisée cet automne.

Pour conclure, la ministre de l'Outre-mer a souligné combien la volonté politique reposait "sur une stratégie nouvelle, résolument tournée vers l'avenir de nos territoires ultramarins et des atouts qu'ils représentent pour notre pays : une France proche de l'Inde ou de l'Australie, une France en Amérique, une France aux frontières du Brésil".


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