La mission prioritaire des avions de la sécurité civile est la lutte contre les incendies de forêts en complément des moyens terrestres.
Les 25 appareils de la flotte, 10 amphibies, 12 bombardiers terrestres et 3 avions d'observation sont affectés à la base de Marignane sur l'aéroport de Marseille- Provence.
Ils sont répartis en 3 secteurs opérationnels, un par type d'appareils :
- secteur Canadair ;
- secteur Tracker ;
- S.C.O.T. (secteur de coordination opérationnelle et de transport).
La base a pour mission d'obtenir en priorité la disponibilité et l'efficacité maximale de la flotte et de ses équipages pendant la période à risques. Hors cette période, le minimum à assurer est défini annuellement par le chef du Groupement des Moyens Aériens en fonction des circonstances.
Les avions non bombardiers d'eau sont regroupés au sein du secteur de coordination opérationnelle et de transport dont la mission recouvre par priorité :
- Observation, investigation et coordination en vol au profit du directeur de la sécurité civile pour l'ensemble du territoire national et, en période feux de forêts au profit du préfet de la zone sud disposant du COZ de Valabre dans le cadre de ses missions.
- Transport et liaison (au profit du ministère de l'Intérieur).
Le nombre d'avions en alerte ou en détachement est déterminé par le COGIC ou le COZ de Valabre en fonction de la période, de la nature des risques et de la disponibilité de la flotte (période hivernale ou estivale).
Les équipages (un par avion et par jour) peuvent être placés en alerte suivant l'une des trois positions suivantes :
- sur base : prêt à décoller (environ 20 minutes),
- à domicile : de jour, délai de décollage, environ une heure ; de nuit, délai de décollage environ trois heures,
- libérés : relevés de toute astreinte.
Surveiller, détecter, alerter
Les avions sont fréquemment les premiers sur les lieux des incendies de forêts, grâce au dispositif de surveillance appelé guet aérien armé. Il appartient alors aux moyens terrestres d'exploiter leurs largages et d'achever l'extinction. Dans les autres cas, les moyens aériens appuient l'action des équipes au sol.
Au début de l'été, une partie des moyens aériens est positionnée sur différentes bases (Ajaccio, Bastia, Carcassonne, Cannes). Au terme d'une analyse du risque feux de forêts, le COZ de Valabre déclenche des missions de guet aérien armé suivant des circuits préétablis mais qui peuvent être infléchis en fonction des risques.
Les bombardiers d'eau sont présents dans la zone méditerranéenne, la plus sensible aux incendies de forêts. Cette localisation peut-être modifiée en raison de la vocation nationale des avions, lorsque les risques augmentent dans une autre région, comme le massif landais. A ce titre, les aérodromes de Cahors, Mérignac et Limoges ont été équipés d'installations permettant d'accueillir les machines et de les alimenter en produit retardant.
Sur les 2 000 incendies recensés en moyenne chaque été dans le Sud de la France, 800 d'entre-eux sont attaqués par des moyens aériens. Parmi les missions de la flotte d'avions bombardiers d'eau, celle consacrée au guet aérien armé représente une part importante de son activité. Au cours des cinq dernières années, en moyenne 1 300 heures de vol ont été consacrées à ces missions de surveillance. Elles représentent près du tiers du potentiel horaire utilisé en opérations.
Lorsque certains incendies échappent à l'attaque initiale, l'intervention massive est alors la seule réponse. Elle doit être surdimensionnée lorsque les risques de propagation sont les plus grands. Il n'est pas exceptionnel de voir intervenir sur un incendie de quelques hectares une dizaine de bombardiers d'eau, afin de stopper sa dynamique de développement.
Les largages des avions cassent aussi la propagation de l'incendie en exploitant les caractéristiques du relief qui ralentissent naturellement le feu (vignes, zones débroussaillées, carrières...). Quelle que soit l'ampleur du sinistre, le traitement d'un départ d'incendie simultané revêt un caractère prioritaire. Il est essentiel d'éviter qu'un nouveau sinistre important ne s'ajoute à celui en cours.