Les aspects du cannabis
Les effets du cannabis
Les dangers du cannabis
Le cannabis à usage thérapeutique
Les aspects du cannabis
L'herbe ou marijuana : il s'agit des tiges fleuries qui sont récoltées séchées et broyées. Elles contiennent en général 5 % de THC mais on trouve maintenant sur le marché, en provenance des Pays-Bas ou du Maroc, une herbe fortement dosée en principe nocif pouvant titrer au-delà de 15 % de THC.
La résine, couramment appelée haschich ou shit, elle est obtenue à partir des sécrétions résineuses de la plante, agglomérées à différents liants, puis compressées sous forme de plaquettes brunâtres, compactes ou friables.
Le taux de THC était autrefois de 7 à 8 %. Mais il est en augmentation constante depuis plusieurs années pour atteindre aujourd'hui jusqu'à 30 %. Ainsi, les sélections et les croisements ont permis la culture en intérieur et en extérieur dans des régions tempérées d'un cannabis de ce type beaucoup plus nocif pour ceux qui le consomment et risquant d'entraîner des comportements plus dangereux et une dépendance plus rapide. Il s'agit de variétés hybrides, comme le «skunk » (du mot anglais «putois » en raison de sa forte odeur). Certains producteurs ont annoncé tenter la culture d'un cannabis génétiquement modifié. Cette situation conduit à s'interroger sur l'appellation de drogue « douce » parfois donnée au cannabis.
Le pollen, poudre recueillie des plants femelles de cannabis, agglutinée puis pressée, s'apparente à la résine.
L'huile, obtenue par distillation du cannabis, se présente sous la forme d'une substance visqueuse noire et très épaisse, avec des reflets verdâtres. L'huile a une teneur très élevée en THC (jusqu'à 60 %). Sa consommation reste rare.
Quelle que soit sa teneur en THC, le cannabis, sous toutes ses formes -y compris les graines- reste classé stupéfiant. Toutefois, la culture de certaines variétés de cannabis dont le taux de THC ne doit pas dépasser0,3 % peut être autorisée exclusivement pour des utilisations industrielles strictement réglementées (textile, isolants etc).
Le cannabis, sous toutes ses formes, peut être ingéré mais il est essentiellement fumé, pur ou mélangé à du tabac («joints », «pétards »). Il est fréquemment consommé en association avec l'alcool ce qui augmente les effets et les risques.
Les effets du cannabis habituellement recherchés
Les utilisateurs sont souvent à la recherche d'un effet «planant » et d'une forme d'évasion et de déconnexion momentanée des réalités. Ces effets peuvent être rapprochés de l'ivresse alcoolique. On parle alors d'ivresse cannabique : excitation, euphorie suivie d'une phase de relaxation.
Les dangers du cannabis
Selon la répétition des usages, la quantité et la qualité de cannabis (présence d'un taux plus ou moins élevé de THC) et l'individu (âge, santé physique ou psychique), une consommation de cannabis peut engendrer des effets indésirables ou nocifs :
- troubles de la coordination, de la vigilance et de la vision (d'où un réel danger à prendre la route ou à travailler sur des machines, etc.). Le cannabis est à l'origine de plus de 10 % des accidents de la route mortels ou graves soit environ un millier de morts et 5 000 blessés chaque année en France.
- affections broncho-pulmonaires et risque de cancer des voies respiratoires (la fumée de cannabis contient des éléments toxiques et cancérigènes 4 à 5 fois supérieurs à ceux du tabac et qui s'ajoutent aux composants nocifs de celui-ci. Elle est, de plus, inhalée profondément ce qui accroît les risques pour l'appareil pulmonaire)
- altération de la mémoire et perte d'attention et de concentration ainsi que démotivation pouvant conduire, lorsqu'il y a consommation répétée, à l'échec scolaire, à la marginalisation et à l'exclusion ;
- forte anxiété et crise de panique (« bad trip », notamment, après consommation de produit fortement dosé en THC)
- apparition d'épisodes dépressifs aigus ou de schizophrénie chez certaines personnes prédisposées ;
- ceux qui consomment habituellement peuvent devenir réellement dépendants du cannabis.
La forte augmentation des demandes de soins en milieu hospitalier pour usage de cannabis démontre bien cette réalité. On peut estimer qu'environ 10 % des consommateurs actuels sont au stade de la dépendance.
Le cannabis à usage thérapeutique
De nombreuses substances classées stupéfiants ont un usage médical et entrent dans la composition de certains médicaments : la morphine fabriquée à partir du pavot à opium dans le traitement de la douleur, la cocaïne préconisée dans le passé comme anesthésiant, etc.
Utilisé depuis l'Antiquité, le cannabis était présent dans de nombreuses préparations pharmaceutiques jusque dans les années 1930. Toutefois, les progrès des médicaments ont conduits à son retrait progressif et ses effets thérapeutiques sont apparus trop faibles au regard des effets secondaires indésirables sur le système nerveux central.
Aujourd'hui, certains pays admettent son utilisation thérapeutique, le plus souvent sous forme de médicament, en complément d'un traitement médical classique, pour ses propriétés anti-douleurs au bénéfice de certains patients qui ne supportent pas les prescriptions habituelles (par exemple anti-vomitifs dans les traitements des cancers et du VIH, glaucome, etc.)
Des évaluations sont en cours sur ce point en Europe.
L'usage thérapeutique du cannabis, comme celui des autres stupéfiants, ne peut être pratiqué que sous un strict contrôle médical. On ne peut donc pas, parce qu'un produit est prescrit à certains malades graves, en déduire qu'il n'est pas nocif pour les personnes en bonne santé.