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De Sciences Po au secours en montagne, trois questions à Pierre-Marie Dupré

De Sciences Po au secours en montagne, trois questions à Pierre-Marie Dupré
29 juillet 2020

À 31 ans, le capitaine Pierre-Marie Dupré est adjoint au commandant du PGHM de l’Isère depuis deux ans.

D’abord spécialisé en sécurité internationale, il s’est tourné vers une autre sécurité : celle en montagne.


Vous avez un parcours d’universitaire, pourquoi avez-vous intégré la gendarmerie ?

J’ai d’abord fait Science Po à Paris, avec un master en sécurité internationale. À l’époque, je voulais me spécialiser dans la diplomatie. Je suis parti six mois en stage à Saint-Cyr, j’ai bien accroché avec l’état d’esprit militaire, mais je me projetais plus dans un métier de la sécurité intérieure sur le territoire français. La gendarmerie était l’excellent compromis entre mon parcours académique et cette volonté de servir sur le terrain, en France. Je suis donc entré à l’école d’officier de la gendarmerie nationale à Melun pour deux ans, puis j’ai intégré l’escadron de gendarmerie mobile de Chambéry pendant trois ans comme commandant de peloton, où j’ai pu passer les formations montagnes, puis le PGHM de l’Isère, en mai 2018.

Comment la spécialité montagne est arrivée dans votre vie professionnelle ?

Quand on entre en école d’officier de gendarmerie, on découvre toutes les unités spécifiques. Je pratiquais la montagne depuis de nombreuses années, donc l’idée de me spécialiser en officier de gendarmerie en haute-montagne est venue naturellement, avec la volonté d’évoluer dans une carrière plus globale par la suite. Je suis passionné de montagne et de toutes les disciplines, c’est d’ailleurs ce qu’on demande à un secouriste en montagne : pratiquer le ski, l’alpinisme, l’escalade, le canyoning, pour avoir une connaissance du milieu, une aisance à se déplacer même dans des conditions parfois difficiles.

Être officier dans une unité aussi particulière qu’un PGHM, qu’est-ce que cela veut dire ?

Quand on est officier en PGHM, on a une double casquette entre le coté opérationnel, où l’on participe pleinement aux secours, et un vrai rôle à jouer dans les relations inter-institutions. Car nous travaillons au quotidien avec des partenaires extérieurs à la gendarmerie : la sécurité civile, le SAMU, et la préfecture, puisque c’est le préfet qui est directeur des opérations de secours sur nos interventions. Dans le commandement, on a beaucoup de proximité avec les personnels que l’on commande. Nous partageons des moments forts, parfois privilégiés et parfois durs, dans le cadre des secours et de l’entraînement. Cet esprit de corps, d’équipe, est très marqué chez nous. Au poste provisoire de l’Alpe d’Huez, on vit ensemble et en autonomie une semaine complète. Petit déjeuner, course, cuisine… on est comme en colloc. Cela renforce l’esprit d’équipe dans l’unité, et c’est aussi la période la plus dense en secours.