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Le « sous-préfet du Tour », pierre angulaire de la sécurité

Le « sous-préfet du Tour », pierre angulaire de la sécurité
4 septembre 2020

Pour cette édition 2020 si particulière, Alexandre Piton, haut fonctionnaire de liaison du ministère de l’Intérieur est intégré au sein de l’organisation du Tour de France, pour la mission plus communément dénommée « sous-préfet du Tour de France ». Pour lui, le Tour n’a pas débuté samedi dernier à Nice, mais il y a déjà de longs mois pour faciliter le lien entre le ministère, les préfets des départements traversés, les services de l’État nationaux et territoriaux, ainsi que l’organisation de la course.


Sous-préfet Alexandre Piton - Tour de france septembre 2020

À quatre heures du grand départ du Tour de France 2020, c’est le branle-bas de combat à Nice au sein du centre de coordination du Tour de France (CCTDF), posté à une dizaine de mètres de la ligne d’arrivée sur la Promenade des Anglais. Autour d’Alexandre Piton,  haut fonctionnaire de liaison du ministère de l’Intérieur auprès de l’organisateur du Tour de France, ASO, et chef du CCTDF, les officiers de liaison police, gendarmerie, et sécurité civile, permanents sur les trois semaines de la course, côtoient des représentants de la sécurité publique locale, de la police municipale, de la brigade de gendarmerie départementale, du SDIS des Alpes-Maritimes, mais aussi de médecins du SMUR. L’objectif : régler les derniers détails d’une partition préparée depuis de longs mois.

« Les problématiques habituelles sur le Tour sont surtout axées sur la sécurité routière, l’ordre public et les risques attentats, commente Alexandre Piton. La question sanitaire est évidemment présente, au sens des premiers secours ou des départs de feux de forêts, mais s’est ajoutée cette année la problématique de la lutte contre le Covid, qui a nettement augmenté l’activité des services de l’État et la complexité de l’organisation. Tout est évolutif, mouvant, et doit être parfaitement adapté à la situation de chaque territoire en temps réel. »

S’adapter au plus près à la réalité de chaque territoire

Pour pouvoir lancer cette 107e édition du Tour, des protocoles précis ont dû être minutieusement établis, soumis et validés par le centre interministériel de crise (CIC), sous la houlette du préfet Denis Robin, et par les différents ministères impliqués. « Il s’est alors agi de penser les précautions sanitaires tout au long du parcours pour faire respecter scrupuleusement les consignes, proscrire les contacts trop fréquents, éviter que des proximités dangereuses ne s’établissent. » Dans les départements placés en rouge, du fait d’une circulation importante du virus sur leur territoire, les jauges du public présent sur les sites de départ et d’arrivée des étapes ont été nécessairement réduites par rapport à ce qui avait été initialement fixé au niveau national, l’accès aux cols, si appréciés des fans de joutes pour le classement de la montagne, limités et encadrés.

Dans ce dossier délicat, Alexandre Piton s’est donc consacré de nombreuses semaines durant à jouer l’interface entre les autorités étatiques, l’organisateur et les préfets dont les départements allaient être traversés. « Nous avons mis en place un protocole et des fiches réflexes, étendus à l’ensemble du territoire parcouru par le Tour, pour qu’il y ait une unité sur les principes fixés, qu’ils soient compris par tous et mis en œuvre de manière opérationnelle. Cela permet, selon l’évolution du virus et de sa diffusion, de s’adapter à chacun des territoires. La problématique en haute montagne n’est par exemple pas du tout la même que celle dans une grande métropole comme Nice, Lyon ou Paris. »

Sous-préfet sur le tour de France 2020 - centre de crise

Un test grandeur nature pour les JO de Paris 2024

Porte d’entrée de l’administration centrale au plus près du Tour, Alexandre Piton assure cette coordination opérationnelle tant avec l’organisateur qu’avec les autorités locales. « Le but est de protéger du mieux possible la bulle sanitaire et privative, qu’elle soit totale et hermétique, pour que le Tour puisse aller au bout de sa route, aux Champs-Élysées à Paris. »

Passionné de sport, cet ancien champion de patinage artistique dans les années 80-90, estime que cette mission « est enrichissante et passionnante à plus d’un titre : collaborer avec 32 départements et leurs services, contribuer à la bonne tenue de cette compétition mondialement suivie, retrouver le monde du sport. Et surtout, c’est une belle opportunité pour montrer que l’État, ses services centraux et territoriaux, les organisateurs d’événements, les fédérations, savent travailler de concert pour parvenir à l’objectif fixé. C’est très important pour le ministère de l’Intérieur et l’État dans la perspective des prochains grands événements sportifs internationaux que notre pays accueillera avec la coupe du monde de Rugby en 2023 et évidemment les JO de Paris 2024. Le virus circulera alors peut-être toujours et c’est donc notre rôle d’avoir cette exigence d’adaptation, sans quoi plus aucune grande compétition sportive ne pourra se tenir dans le monde. Ce Tour est en quelque sorte un test grandeur nature dont il faudra en tirer toutes les conséquences, observer ce qui devra être ajusté et chercher encore et toujours à s’améliorer pour continuer à organiser des événements si fédérateurs et populaires. »

Et de rappeler pour conclure les consignes à destination du public présent sur les routes de France pour encourager ses champions : « Je dois rappeler aux spectateurs de bien évidemment observer les gestes barrières et les règles de distanciation sociale mais aussi d’être vigilants sur les bons comportements à adopter tout au long du parcours. La sécurité routière est l’une de nos priorités et les forces de l’ordre réalisent un énorme de travail de sensibilisation sur le sujet. Un Tour de France réussi se finira aux Champs-Elysées, sans incident pour le public et toujours dans le respect des règles de lutte contre la diffusion du virus. »