Les forces mobiles : en engagement permanent

Les forces mobiles : en engagement permanent
8 juin 2018

Les forces mobiles en France

Panorama de nos forces mobiles

Les forces de sécurité mobiles, ou forces mobiles, constituent une réserve gouvernementale d’unités spécialisées dans le maintien et le rétablissement de l’ordre public, projetables sur l’ensemble du territoire national afin de faire face à tous les types de troubles à l’ordre public.Ces forces interviennent en renfort des unités territoriales selon les besoins et non selon une zone de rattachement géographique. Une unité nationale de coordination (UCFM), rattachée aux directeurs de la police et de la gendarmerie, effectue la répartition des unités en fonction des missions.

Les forces mobiles sont composées pour la gendarmerie par des Escadrons de gendarmerie mobile (EGM) et pour la police nationale des Compagnies républicaines de sécurité (CRS).

Ce sont des unités capables d’effectuer, sur l’ensemble du territoire national, les missions suivantes :

  • maintien et rétablissement de l’ordre (à titre secondaire, d’autres unités exercent ponctuellement des missions de maintien de l’ordre : les compagnies départementales d’intervention (CDI), les brigades anticriminalité (BAC) en zone police et les PSIG (pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie) en zone gendarmerie) ;
  • protection des populations et lutte contre la délinquance (Police de Sécurité du Quotidien, sécurité publique générale, prévention et traitement des violences urbaines) ;
  • lutte contre l’immigration irrégulière et gestion des frontières ;
  • lutte contre le terrorisme.

Les Escadrons de gendarmerie mobile (EGM)

12 801 militaires, répartis dans 109 escadrons (1 escadron = 110 gendarmes), regroupés en 18 groupements de gendarmerie mobile dont un groupement blindé.

Les forces de gendarmerie mobile sont les seules à intervenir en renforts en outre-mer et sur les théâtres d’opérations extérieures.

Certaines unités disposent de compétences particulières : Groupement blindé de la gendarmerie mobile de Satory (7 EGM), 10 EGM spécialisés « montagne » et 5 EGM spécialisés « escorte nucléaire ».

La gendarmerie mobile dispose de moyens spécialisés lui permettant d’intervenir pour du maintien et du rétablissement de l’ordre jusqu’aux situations les plus dégradées (émeutes urbaines, évacuation de ZAD, insurrection armée, etc.) comme par exemple :

  • La Cellule Nationale d'Appui à la Mobilité (CNAMO) spécialisée dans les désentravements complexes (accrobranchage, enchaînement à des voies ferrées, etc.) ;
  • l'Engin de la Gendarmerie d'Aide à la Mobilité des Escadrons, qui permet l’aménagement du terrain (terrassement, décapage, déneigement, etc.) ;
  • les Véhicules Blindés de la Gendarmerie (VBG) : 84 Véhicules Blindés à Roue de la gendarmerie (VBRG), 20 véhicules de l'avant blindé (VAB) et 26 véhicules civils blindés (VCB).
  • les moyens aériens : 56 hélicoptères qui servent d’appui au commandement et à la manœuvre, renseignement, police judiciaire ; 101 drones.
  • dispositif CNOEIL (cellule nationale d’observation et d’exploitation de l’imagerie légale) qui met en œuvre des véhicules équipés de systèmes de vidéos et d’identification de véhicules exploitables immédiatement. Les images et vidéos    collectées permettent aux unités mobiles engagées d’adapter le dispositif à la manœuvre adverse et facilitent la prise de décisions.

Depuis 2015, la gendarmerie mobile est ouverte aux militaires féminins : 200 femmes servent dans les rangs de la Gendarmerie mobile, dont 11 officiers et 189 sous-officiers.

Les Compagnies républicaines de sécurité (CRS)

13.100 fonctionnaires de police répartis en 7 directions zonales, 60 compagnies (1 compagnie = 130 policiers) de service général, 2 compagnies montagne (Alpes et Pyrénées), 9 compagnies autoroutières, 6 unités motocyclistes zonales, et 1 unité mise à la disposition du service de la protection (SDLP).

Les CRS disposent de moyens spéciaux :

  • 9 engins lanceurs d'eau qui sont utilisés en maintien de l’ordre pour préparer et soutenir des manœuvres engagées par des effectifs à pied (appui à une interpellation ou une progression), mais aussi pour mettre en œuvre des actions à distance afin de disperser un regroupement d’individus hostiles. Ce sont des outils de haute technologie qui sont mis en œuvre par des personnels spécialement formés.
  • Le dispositif SARISE (Système Autonome de Retransmission d’Image pour la Sécurisation d’Evènements) qui consiste à mettre en place un système autonome, projetable et temporaire de retransmission d’images à déployer sur un évènement. L’objectif est de créer une « bulle géographique visuelle » par l’installation de caméras autonomes avec transmission, concentration, commande, visualisation des images sur le nœud du système le véhicule régie vidéo.

Déjà présentes dans les unités autoroutières depuis une dizaine d’année, 157 femmes sont actuellement affectées dans les unités CRS, dont 146 gradées et gardiennes et 11 officières.

Chiffres CRS et gendarmes

Une mobilisation exigeante toute l'année, sur l'ensemble du territoire

Une affectation selon les besoins

La spécificité de ces forces étant d’intervenir en renfort des unités territoriales selon les besoins ponctuels, les effectifs engagés dans ces unités sont sans cesse en déplacement loin de leur domicile : 216 jours en déplacement en 2016 et 200 jours en 2017.

Chaque jour depuis le début de l’année, ce sont 108 unités de forces mobiles qui sont engagées.

Une exposition à la violence

Chaque année, les forces mobiles paient un lourd tribut à la montée de la violence à laquelle elles sont confrontées dans le cadre de leurs interventions. Ainsi, en 2018, 34 policiers ont d’ores et déjà été blessés au maintien de l’ordre et, s’agissant des gendarmes, rien qu’à Notre-Dame-des-Landes, 108 gendarmes ont été blessés par des jets d’acide, de projectiles en acier, de cocktails Molotov, d’explosifs divers, etc.

Les blessés parmi les forces mobiles, dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre :

  gendarmes mobiles CRS CRS & gendarmes mobiles
2015 50 140 190
2016 99 326 425
2017 32 52 84
2018 118 34 152
soit de 2015 à 2018 299 552 851

La répartition des forces mobiles au 6 juin 2018 :

Répartition des forces mobiles 6 juin 2018

Une formation spécifique

Formation initiale

Chaque gendarme mobile et CRS se voit dispenser une instruction relative au maintien de l’ordre au cours de sa formation initiale.

Les commandants de CRS et les commandants d’EGM nouvellement affectés bénéficient d’un dispositif de formation adapté avec un stage de 4 semaines précédant leur affectation pour les CRS et un stage au Centre national de formation de la gendarmerie (CNEFG) de Saint-Astier pour la gendarmerie mobile.

Formation continue

Dans les deux forces, la formation initiale est complétée par des  formations et entraînements couvrant tout le spectre du maintien et du rétablissement de l’ordre public, jusqu’à la haute intensité.

Ces formations visent à maintenir et développer des capacités opérationnelles des forces mais également l’entretien des compétences transverses indispensables comme le secourisme par exemple.

La formation continue s’articule en trois blocs :

  • Formation collective au sein de l’unité d’affectation : 1 semaine par an pour les EGM ; 25 jours par an pour les CRS.
  • Formation collective au sein de centres spécialisés : 2 semaines de stage au Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG) de Saint-Astier en moyenne tous les 30 mois, pour les EGM ; dans un des trois centres (Sainte-Foy-lès-Lyon, Rennes et Plombières-lès-Dijon), en fonction des disponibilités, pour les CRS.
  • Formation individuelle de spécialité : monitorat en intervention professionnelle, armement, secourisme opérationnel niveau 1 et 2, etc.

Formation concernant l’éthique et la déontologie

  • Des modules de formation éthique et déontologique sont abordés dans les programmes de formation initiale et continue.

La police nationale et la gendarmerie nationale ont ainsi pour mission d'assurer la défense des institutions et des intérêts nationaux, le respect des lois, le maintien de la paix et de l'ordre publics, la protection des personnes et des biens. Au service  des institutions républicaines et de la population, policiers et gendarmes doivent exercer leurs fonctions avec loyauté, sens de l'honneur et dévouement.
Codifiés par le Code de sécurité intérieure, les principes déontologiques fondamentaux  sont notamment : neutralité, respect de la dignité des personnes, l’assistance aux personnes en danger, le respect du principe hiérarchique, la probité, le  discernement, l’impartialité, le respect de la dignité de sa fonction, la courtoisie.

  • Des modules spécifiques sont dispensés à l’occasion de grands engagements

À titre d’exemple, dans le cadre de la préparation des opérations à Notre-Dame-des-Landes, une journée entière a été dédiée à une formation spécifique.


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