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Brice Hortefeux à Grenoble : " Nous sommes à l'offensive "

23 décembre 2010

Jeudi 23 décembre 2010, Brice Hortefeux, ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration s'est rendu pour la 5ème fois de l'année à Grenoble.


Comme il s’y était engagé lors de ses déplacements précédents (12 avril, 17 juillet, 30 juillet, 4 et 5 août), le ministre de l’intérieur est venu s’assurer que les engagements pris ont été tenus, faire le point avec le préfet, le maire et l’ensemble des acteurs locaux de la sécurité sur les premiers résultats et, enfin, dire aux grenoblois que les actions engagées se poursuivront.
Engagement pris, promesse tenue : 60 policiers et gendarmes supplémentaires déployés en renfort sur Grenoble et son agglomération en 2011.
Le ministre est revenu sur les nouveaux moyens humains et matériels qu’il avait promis pour garantir la sécurité des Grenoblois.
Concrètement, 42 policiers supplémentaires sont en passe de rejoindre les rangs de la police du département :  

  • 4 enquêteurs ont été affectés, dès le 1er septembre, à l’antenne de police judiciaire de Grenoble, portant les effectifs de cette unité à 29 ;18 gardiens de la paix sont arrivés le 15 novembre dernier ;
  •  enfin, 20 adjoints de sécurité ont été recrutés. Ils sont actuellement en formation en école de police et seront opérationnels à Grenoble, le 1er mars prochain. Le ministre a tenu ce que 10 d’entre eux remplacent des gardiens de la paix aguerris afin que ces derniers soient réaffectés à la brigade spécialisée de terrain, dont l’effectif passera alors de 25 à 35 agents.

En plus de ces policiers, 18 gendarmes viendront renforcer le groupement de l’Isère en 2011. Certains seront affectés à la lutte contre les violences familiales, d’autres à la lutte contre l’immigration clandestine, d’autres encore au pôle judiciaire ou au centre "opération renseignement". Enfin, certains d’entre eux formeront une cellule "référent sûreté". Entièrement nouvelle, cette cellule sera chargée d’établir des diagnostics de sécurité, très précieux pour les établissements à risque sujets aux braquages.

Engagement pris, promesse tenue : installation du GIR pour frapper les délinquants au portefeuille.

Le ministre a insisté sur la mise en place du Groupe d’intervention régional (GIR) dès le 5 août dernier. Grâce à son approche patrimoniale, cette unité constitue "une réponse adaptée à la délinquance grenobloise" qui repose historiquement, dans certains quartiers sensibles de l’agglomération, sur une importante économie souterraine basée principalement sur le trafic de stupéfiants et les braquages à l’aide d’armes réelles, parfois même d’armes de guerre.
Composé de policiers et de gendarmes mais aussi d’un inspecteur des impôts, d’un agent de l’URSSAF et d’un agent de la Caisse primaire d’assurance maladie, le GIR est actuellement installé dans des bureaux remis à neuf au sein de la CRS 47, avant de  rejoindre l’été prochain ses nouveaux locaux au sein de l’hôtel de police.
Désormais pleinement opérationnel, le GIR départemental de l’Isère a un objectif clair : asséner des coups durs et durables à l’économie souterraine en démantelant tous les trafics qui gangrènent ces quartiers.

Engagement pris, promesse tenue : sécuriser au quotidien les quartiers sensibles.

Engagement pris, promesse tenue : sécuriser au quotidien les quartiers sensibles.
Depuis l’arrivée du préfet Le Douaron, dont le ministre a tenu à saluer « le très grand professionnalisme et l’engagement sans faille en faveur de la sécurité des grenoblois », une unité de force mobile sécurise les lieux les plus stratégiques de la Villeneuve, pendant que les policiers de la brigade spécialisée de terrain patrouillent en contact étroit avec la population.
Cette présence quotidienne dans les quartiers a un double effet :

  • dissuasif sur les voyous qui squattent ce qu’ils croient être leur territoire ;
  • et surtout rassurant sur les commerçants et les habitants de ces quartiers.

Opérations « coups de poing » systématiques

Comme à Marseille ou en Seine-Saint-Denis, les quartiers sensibles de l’agglomération grenobloise font l’objet d’opérations "coups de poing". Au cours des cinq derniers mois, 400 opérations de 2 heures en moyenne ont été menées dans plus de 2 400 immeubles, permettant de contrôler 1 000 personnes mais aussi de saisir 2,2 tonnes de cannabis et près de 2 kilos de cocaïne.
Parallèlement, des opérations de démantèlement des trafics ont été engagées. Un exemple : les enquêteurs de police et de gendarmerie avaient arrêté, le 20 janvier, en flagrant délit, dans divers commerces et établissements bancaires, des individus qui obtenaient des moyens de paiement de façon frauduleuse : comptes bancaires piratés, crédits à la consommation avec faux justificatifs. Tous ces actes individuels laissaient dessiner l’ombre d’un vaste réseau mettant en coupe réglée les cités sensibles de Grenoble. Les équipes qui préfiguraient le GIR sont alors intervenues afin de prêter main forte aux enquêteurs et faire tomber ainsi les structures de ce réseau d’économie souterraine. Le 12 octobre, une opération coup de poing d’envergure, rassemblant pas moins de 342 policiers, gendarmes et douaniers, a eu lieu dans les quartiers sensibles de Paul Mistral, de la Villeneuve et d’Echirolles. 24 individus ont été interpellés et placés en garde à vue et de très nombreux biens acquis illégalement ont été confisqués au point qu’il a fallu pas moins de quinze camions de déménagement pour transporter les produits saisis. Au final, cette enquête s’est soldée par le démantèlement d’un important réseau d’escroqueries en bande organisée et de blanchiment d’argent avec 8 individus mis hors jeu et écroués et 5 autres placés sous contrôle judiciaire serré.

Baisse de la délinquance à Grenoble et notamment à la Villeneuve.

Pour le seul quartier de la Villeneuve, la délinquance est en net recul par rapport à celle constatée au début de l’année : baisse de la délinquance globale de plus de 3%, baisse des violences aux personnes de près de -5%, baisse des atteintes aux biens de -3,5% et des escroqueries de -41%.
Pour le département de l’Isère, tous les principaux indicateurs de la délinquance sont également en baisse sur l’ensemble de l’année et les atteintes aux personnes sont en régression de près de -9% par rapport au début de l’année, ce qui correspond, concrètement, à 600 victimes en moins.
Une chaîne pénale qui fonctionne avec réactivité
Pour Brice Hortefeux, "la chaîne de sécurité ne s’arrête pas au travail des policiers et des gendarmes". Si les enquêtes approfondies donnent des résultats, c’est parce que la chaîne pénale prend, à Grenoble, efficacement le relais des forces de sécurité. Le ministre a donné deux exemples de cette bonne coopération :

  •  le 13 décembre, l’enquête sur le braquage du Casino d’Uriage du 16 juillet dernier a largement progressé puisque le complice présumé du braqueur a été interpellé à Grenoble, sur commission rogatoire et a été mis sous les verrous. Un troisième individu a d’ailleurs été interpellé, mercredi 22 décembre ;
  • dans la nuit du 29 au 30 septembre, un jeune homme avait été assassiné en pleine rue, dans le centre-ville de Grenoble, lors d’un probable règlement de compte. Quatre individus ont été interpellés : trois le 24 novembre et le dernier le 10 décembre. Trois d’entre eux sont placés en détention provisoire et la quatrième sous un contrôle judiciaire strict.

Un travail partenarial avec tous les acteurs locaux de la sécurité

Depuis le mois d’octobre, il a été mis en place un conseil intercommunal de prévention de la délinquance pour agir de façon coordonnée, non pas seulement à Grenoble, mais sur tout le bassin de délinquance rassemblant 26 communes alentours. Ce dispositif est complémentaire du conseil local de prévention de la délinquance de Grenoble.

Dans le même sens, Grenoble s’est enfin engagée dans un projet de vidéoprotection. Le dispositif municipal comprend, à ce jour, un total de 78 caméras. Pour Brice Hortefeux, c’est encore "trop peu", c’est pourquoi, en accord avec le maire, Michel Destot, il a décidé d’attribuer une subvention du fonds interministériel de prévention de la délinquance à hauteur de 265 320 euros pour financer 18 caméras supplémentaires en 2010, tout en se déclarant prêt à renouveler cet effort en 2011.

Le ministre a souligné la décision du maire de Grenoble de réétudier avec le préfet Le Douaron la convention de partenariat entre la police nationale et la police municipale permettant à cette dernière de jouer un rôle dans la lutte quotidienne contre la délinquance.
L’agglomération grenobloise : laboratoire d’une nouvelle forme de police d’agglomération avec l’UMIR

Pour lutter efficacement contre des délinquants particulièrement mobiles qui reviennent se cacher dans leur quartier une fois leur coup réalisé, les forces de sécurité doivent s’adapter à la géographie criminelle.
Dans des villes comme Paris, Lille, Lyon ou Marseille, qui se trouvent presque intégralement en zone police, la réponse passe par la création d’une police d’agglomération avec réorganisation des territoires. Mais à Grenoble, étant donné l’imbrication des zones de police et de gendarmerie, "la solution passe surtout par une coopération opérationnelle renforcée et exemplaire entre les deux forces" a noté le ministre.
C’est tout le sens de la "démarche novatrice et pionnière" menée par le préfet Le Douaron à la demande du ministre pour coordonner de manière très étroite l’action de la police et de la gendarmerie et qui s’incarne, désormais, sous la forme d’une nouvelle unité : l’UMIR, l’unité mixte d’intervention rapide.

Au cours de son déplacement, le ministre a assisté à l’entraînement des 38 personnels de cette unité mixte inédite qui rassemble, pour la première fois en unité constituée sous un même commandement, des policiers et des gendarmes. Concrètement, elle est composée de 6 policiers en civil de la brigade anti-criminalité (BAC), de 15 policiers en tenue de la compagnie d’intervention, d’une équipe cynophile et de 15 gendarmes du peloton de surveillance et d’intervention (PSIG), tous dotés de matériels identiques.
Lorsque les circonstances l’exigent, cette unité est immédiatement déployée pour résoudre un problème local et tout à fait ciblé, comme par exemple pour enrayer des phénomènes de violences qui peuvent embraser un quartier.

Nouvelles façons de prévenir les risques, dissuader les délinquants : les opérations "toiles d’araignée"

Le but de ces opérations est de faire travailler ensemble policiers, gendarmes et douaniers en organisant le contrôle d’axes majeurs de circulation sur lesquels convergent obligatoirement les automobilistes. Cinq opérations de ce type ont déjà eu lieu depuis la mi-septembre et ont permis de contrôler 1 066 véhicules et de relever 67 infractions. Le ministre a demandé à ce que leur rythme s’accélère, notamment dans le cadre des plans anti hold-up des fêtes de fin d’année et des soldes du mois de janvier.

Plus de coordination dans les états-majors d’agglomération

Chaque fois que nécessaire, un officier de police et un officier de gendarmerie sont envoyés dans les salles de commandement des deux forces pour fluidifier les échanges. Si l’expérience est concluante, le ministre envisage de rendre cette présence permanente car "l’échange d’informations et la coordination sont les clés de notre efficacité".

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Je lutterai, systématiquement, contre toutes les formes de mises en cause des policiers et des gendarmes.

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Brice Hortefeux a rappelé combien chaque jour, dans des conditions difficiles voire extrêmes, les policiers, les gendarmes et les pompiers assurent leur mission de protection des Français en mettant leur vie en jeu pour en sauver d’autres. Face aux "attaques inadmissibles" dont ils sont la cible, le ministre de l’intérieur a tenu à renouveler aux forces de sécurité son "indéfectible soutien".
Lors du braquage d’Uriage du 16 juillet dernier, sept policiers et un adjoint de sécurité avaient essuyé les tirs de kalachnikov des malfaiteurs. Le ministre a personnellement veillé à ce que leur courage et leur sang-froid soit récompensé : tous ont été promus au grade supérieur. Le jeune adjoint de sécurité, qui avait aussi été blessé lors de ces tirs par arme à feu, à la Villeneuve, a été promu gardien de la paix à titre exceptionnel. Il intégrera l’école de police de Nîmes dès la prochaine promotion, le 4 janvier prochain.
A Grenoble, le 12 novembre dernier, un pompier avait été la cible de coup de feu et blessé au bras. Après avoir rendu hommage, en sa présence, à son courage et à son sang-froid, le ministre a indiqué que l’enquête progressait et que l’auteur de ce tir serait remis aux mains de la justice.

Brice Hortefeux a aussi demandé à ce que l’escorte des forces de police aux interventions des pompiers, jusqu’à alors ponctuelle, soit systématisée dans les quartiers sensibles dès que nécessaire. Dans le même sens, une formation spécifique d’intervention dans les secteurs sensibles sera dispensée dès 2011 au sein de l’école nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers.
Dans la droite ligne de ces décisions, et comme le Président de la République s’y était engagé, à Grenoble, en juillet dernier, l Assemblée nationale a adopté, mardi, en deuxième lecture les dispositions visant à aggraver les sanctions contre les auteurs d’homicides de dépositaires de l’autorité publique.

Enfin, le ministre de l’intérieur a fait part de sa décision de porter plainte contre le site internet dont les auteurs ont fait le choix délibéré de publier des photos de policiers en civil, de les filmer et de les identifier. Qualifiant ces procédés d’ « inacceptables » et, qui plus est, d’"irresponsables" et les propos tenus d‘ "injurieux  et indignes", le ministre a indiqué : "nous ne pouvons laisser faire".

.Brice Hortefeux :

"Nous sommes à l’offensive. A Grenoble, comme à Marseille ou en Seine-Saint-Denis, la mobilisation des policiers et des gendarmes s’allie à l’innovation opérationnelle pour renouveler avec efficacité nos méthodes, renforcer notre action et redonner toute leur sérénité aux habitants des quartiers".