Brice Hortefeux sur LCI - Migrants tunisiens : "Des initiatives seront prises avec l'ensemble de l'Europe"

15 février 2011

Mardi 15 février 2011, Brice Hortefeux, ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration, était l'invité de Christophe Barbier sur LCI. Lors de cette entretien, il est notamment revenu sur les conclusions des rapports d'enquête de l'IGPN et de l'IGGN relatifs à l'affaire Laetitia, puis il a réagi à l'afflux de migrants tunisiens survenu le week-end dernier sur les côtes italiennes.


Affaire Laetitia : "pas de faute personnelle mais des défaillances dans la transmission de certaines informations"

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Nous parlons d'un drame abominable, le meurtre de cette jeune Laetitia qui a ému, à juste titre, chacun de nous, et tous nous compatriotes

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 a commencé par souligner Brice Hortefeux, en soulignant "l'indignation profonde" éprouvée par le chef de l'Etat dans cette affaire.

Revenant sur les rapports d'enquête de l'inspection générale de la police nationale (IGPN) et de l'inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) qui viennent de lui être remis, le ministre de l'intérieur a indiqué que "ces enquêtes ont conclu qu'il n'y avait pas eu de faute personnelle mais des défaillances dans la transmission de certaines informations".

Il a affirmé que les recommandation de ces rapports, notamment celui de l'IGPN, seront appliquées "scrupuleusement et méthodiquement". Concrètement, il s'agit de :

  • rappeler "les consignes à suivre lorsqu'il y a dépôt de plainte" seront rappelées "à l'ensemble des responsables de la sécurité publique sur la totalité du territoire" ;
  • effectuer un "rappel individuel à l'ensemble des acteurs de Loire Atlantique", c'est-à-dire du directeur départemental de la sécurité publique jusqu'à la personne qui a pris la déposition de l'ex-compagne de Tony Meilhon en décembre dernier.

Brice Hortefeux a également rappelé les mesures d'action immédiate prises conjointement avec le garde des Sceaux Michel Mercier, et plus particulièrement :

  • l'accélération des procédures d'inscription au fichier des personnes recherchées ;
  • l'amélioration de la coordination à l'échelon départemental police et gendarmerie, par la création de cellules spécialisées
  • la mise en place d'un office national de suivi des délinquants sexuels les plus dangereux mettant en partenariat la police, la gendarmerie, les services du ministère de la justice et la Santé.

Mouvement migratoire tunisien sur les côtes italiennes : "il y aura des réunions à l'échelon européen pour prendre des décisions"

Interrogé sur les migrants tunisiens qui se sont rendus, ces trois derniers jours, sur l'île de Lampedusa en Italie, Brice Hortefeux a rappelé :

  • d'une part que "le peuple tunisien est un peuple ami, nous avons des liens affectueux du fait de notre histoire, donc il a un mouvement, une aspiration à la démocratie qui s'est exprimée, donc nous devons naturellement l'accompagner" ;
  • d'autre part que "plus de 5 500 migrants se sont rendus sur les côtes italiennes de manière extrêmement massive, essentiellement sur trois jours (vendredi, samedi et dimanche)", soit autant que lors de  toute l'année dernière sur ces côtes tunisiennes.

Face à cette situation, Brice Hortefeux a indiqué que les initiatives seront prises "avec l'ensemble de l'Europe".

Concernant l'envoi éventuel de policiers français et italiens pour aider les Tunisiens à juguler ce flux migratoire, le ministre de l'intérieur a répondu que"les Tunisiens ne l'ont pas souhaité", en rappelant que "e n'est ni l'intérêt de la Tunisie, ni de l'Europe que d'encourager les migrations clandestines".