Réponse de Claude Guéant à une question d'actualité du député Goujon

11 mai 2011

Claude Guéant, ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration, a répondu à une question du député Philippe Goujon lors de la séance de questions d'actualité au Gouvernement du mercredi 11 mai 2011 à l'Assemblée nationale.


Philippe GOUJON, Député de Paris

Merci, Monsieur le Président. Ma question s'adresse au ministre de l'intérieur.
Monsieur le ministre, accourant au secours d'un jeune homme dont on avait arraché le téléphone au métro Barbès, un policier de la BAC des réseaux ferrés, aussitôt encerclé par des dizaines de vendeurs à la sauvette très agressifs, a été poignardé en même temps que la victime.

Monsieur le ministre, présentez-leur tout d'abord tous nos vœux de rétablissement et rendons hommage au courage de tous ces policiers et gendarmes qui risquent quotidiennement leur vie pour garantir la sécurité, première de nos libertés. C'est du fait de cette détermination voulue par le Gouvernement à lutter contre toutes les formes d'insécurité que la délinquance baisse pour la huitième année consécutive. Cette politique justifie pleinement l'adaptation constante de notre arsenal juridique aux évolutions de la délinquance, à laquelle pourtant s'est toujours opposée la gauche de cette Assemblée. Les lois contre les bandes, contre la récidive, la LOPPSI 2 qui bloque les boitiers des téléphones volés justement, qui correctionnalise la vente à la sauvette, développe la vidéo-protection, réprime sévèrement les atteintes aux dépositaires de l'autorité publique et institue des peines plancher à l'encontre des primo-délinquants auteurs de violences graves, apporte des réponses concrètes aux préoccupations de nos concitoyens.

Où en est-on, Monsieur le ministre, de l'application des dispositions de la LOPPSI 2 ? Comment entendez-vous, en lien avec le ministère de la justice, rassurer les policiers et les gendarmes quant à l'effectivité des sanctions contre ceux qui, en les agressant lâchement, portent gravement atteinte à la légitimité de l'Etat ? C'est-à-dire aux fondements mêmes de notre pacte social. Notre police républicaine mérite bien cette solidarité et elle peut compter davantage sur l'action de ce gouvernement que sur toutes les promesses archaïques et démagogiques de la gauche.

Claude GUEANT, ministre de l'intérieur

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le député Philippe GOUJON. C'est vrai, dans la soirée de dimanche dernier, un policier a été grièvement blessé par arme blanche alors qu'il se portait au secours d'une personne qui venait de faire l'objet d'un vol à l'arraché. Je me suis rendu à son chevet lundi, je peux vous rassurer, ses jours ne sont plus en danger.
Je veux lui rendre hommage d'abord. Il m'a fait le récit de ce qu'il a vécu et je veux porter témoignage devant la Représentation nationale de la façon absolument émouvante dont il parlait de sa victime. Il ne pensait qu'à sa victime pour la protéger de l'agresseur. Je veux aussi rendre hommage au professionnalisme de ses collègues qui lui ont sauvé la vie, grâce aux premiers gestes de secours qu'ils avaient appris dans leur formation.

Alors aujourd'hui, quelle suite à cette affaire ?
D'abord, il nous faut bien sûr retrouver l'agresseur et vous imaginez bien que tous les moyens sont déployés pour ce faire.
Et puis, il y a une autre dimension à ce dossier. C'est qu'il y a un certain nombre de personnes qui ont essayé de faire en sorte que l'agresseur ne puisse être arrêté en faisant barrage. Ces personnes ont été arrêtées ; parmi ces personnes qui seront présentées au juge cet après-midi il y a quatre personnes de nationalité étrangère en situation irrégulière. Il est clair qu'elles seront reconduites à la frontière. Et quels enseignements tirer ? Eh bien le premier enseignement c'est qu'il faut toujours faire davantage pour la sécurité et Monsieur le Député de Paris, je peux vous dire qu'à Paris depuis le début de l'année, la délinquance générale recule de 3%. Et deuxièmement, c'est qu'il faut adapter sans cesse notre arsenal juridique pour faire face aux nouvelles formes de délinquance. Vous avez évoqué la LOPPSI - les téléphones portables. Eh bien je peux vous dire que depuis six semaines que la loi est en application le vol de téléphones portables a baissé de 20%. Et les violences aux personnes ont baissé à Paris depuis le début de l'année de 9%.