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Rigueur, imagination et persévérance pour faire baisser la mortalité routière

Intervention de M. Bernard Cazeneuve devant le conseil national de la sécurité routière - Logotype de la sécurité routière
11 mai 2015

Presque un an après avoir assisté à son premier Conseil national de la sécurité routière, Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, est revenu s'exprimer devant ses membres le 11 mai 2015.


Le ministre a annoncé plusieurs mesures visant à renforcer la lutte contre l'insécurité routière et faire baisser la mortalité sur nos routes, qui est repartie à la hausse (+3,7% entre 2013 et 2014) après une baisse continue de 12 années consécutives.

Le ministre de l'Intérieur a affirmé que « la sécurité routière constitue une priorité gouvernementale du même ordre que le combat contre le terrorisme, la lutte contre la délinquance ou encore les secours apportés aux populations frappées par des catastrophes ». Il a aussi rappelé qu'il n'y avait pas de mesure unique en la matière et qu'il n'y avait pas de miracle non plus.

Les réponses à apporter toujours plus complexes, c'est pour cela que le plan constitue un ensemble de mesures et que son application nécessite l'implication de tous les acteurs, y compris les citoyens.

Une méthode précise, rigoureuse et globale

Bernard Cazeneuve a insisté sur la nécessité de « définir une stratégie précise, appuyée sur un diagnostic rigoureux, qui retienne des priorités et qui embrasse l’ensemble des moyens d’actions possibles, qu’il s’agisse de la formation, de la prévention ou de la répression ».

Cela passe d'abord par un suivi rigoureux, département par département, des efforts consentis et des résultats obtenus. De nouveaux tableaux de bords sont ainsi mis à disposition des préfets, leur permettant d'avoir en temps réel une vision complète des moyens spécialisés déployés pour lutter contre l'insécurité routière. Ils pourront ainsi ajuster leur action.

Cela passe ensuite par une modification de la grille des causes d'accidents. Elle comprend maintenant 14 critères contre 5 auparavant. Un nouvel outil pour comprendre, alors que jusqu'ici près de 40% des accidents mortels n'entraient dans aucune des catégories utilisées.

Avec ces nouveaux outils, c'est une nouvelle phase du combat contre l’insécurité routière qui débute. Un combat qui s'appuie sur une nouvelle méthode, fondée sur l’analyse différenciée des causes d’accidents, sur une cartographie des risques et des moyens, sur le volontarisme et sur la pédagogie.

Sensibiliser plus que décider. La sécurité routière est définitivement l'affaire de tous.

Sur les 26 mesures du Plan national de sécurité routière, 10 sont déjà entrées en application et 8 autres le seront d'ici fin juin 2015.

Modernisation du parc de radars

Avec l’expérimentation des radars double face, l’identification des auteurs d’infraction sera accrue, notamment celle des conducteurs des véhicules appartenant à des entreprises ou à l’administration. Par ailleurs, la mise en place de radars dits « de chantiers » vise à améliorer la sécurité des personnels travaillant aux abords des voies, qu’il s’agisse des agents de l’Etat, des collectivités territoriales ou bien des personnels d’entreprises privées.

Des gilets de haute visibilité pour les deux roues motorisés

Le décret relatif à l’obligation du port du gilet de haute visibilité par les conducteurs de deux roues motorisés en situation d’urgence a été publié au Journal officiel le 10 mai .

Obligatoire depuis le 1er juillet 2008 pour les automobilistes - comme le triangle rouge - le gilet jaune fluorescent devra être revêtu par le conducteur avant de quitter son véhicule en cas d'immobilisation sur la chaussée ou ses abords à la suite d'un arrêt d'urgence à compter du 1er janvier 2016.

En cas d'arrêt d'urgence, les motards et les automobilistes deviennent tous des piétons et sont exposés aux mêmes dangers.

Baisse de la vitesse autorisée sur certaines routes

Le ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Energie a travaillé de concert avec la Délégation à la sécurité et à la circulation routières du ministère de l’Intérieur afin de déterminer les tronçons de routes qui pouvaient être concernés par une expérimentation.

En fonction des informations transmises par les préfets, qui ont échangé avec les parties prenantes dans le cadre des commissions départementales de sécurité routière, trois tronçons ont été retenus pour observer les effets de cette diminution de la vitesse autorisée :

  • La RN 7 (18 kms) dans la Drôme ;
  • La RN 151 dans la Nièvre (17 kms) et dans l’Yonne (32 kms) ;
  • Et la RN 57 en Haute-Saône (14 kms).

Un dispositif d’évaluation permettra de suivre, sur ces tronçons, l’évolution du comportement des automobilistes.

Cette expérimentation sera transparente et c’est sur cette base que pourront être prises, là où cela sera nécessaire, des décisions qui résulteront de données tangibles.

Interdiction de l'oreillette

C'est la mesure qui a suscité le plus de réactions. Il sera interdit aux conducteurs de porter à l’oreille un quelconque dispositif susceptible d’émettre du son. Seuls les systèmes montés dans les véhicules ou dans les casques, tels que définis par le code de la route, c’est-à-dire n’impliquant pas que l’on porte à l’oreille, ni que l’on tienne en main l’appareil, seront autorisés.

Il s’agit là d’une évolution importante des règles, qui nécessitera des changements de comportements non négligeables chez les conducteurs, tant des habitudes dangereuses ont été prises par tous. Des habitudes dangereuses qui n'existaient qu'à la marge, il y a une dizaine d'années.

Les mesures ciblées pour les piétons et les jeunes

Les propositions de durcissement des sanctions pour protéger les piétons - stationnement gênant pour les piétons et les cyclistes et interdiction de stationner à moins de cinq mètres des passages piétons - sont en cours d'examen par le Conseil d'Etat.

Quant à la possibilité pour les maires d’abaisser la vitesse sur les voies en agglomération – notamment pour favoriser les centres-villes à 30 km/h – elle a été intégrée au projet de loi sur la transition énergétique et la croissance verte.

Avant l'été, la mesure consistant à abaisser le taux maximal autorisé d’alcoolémie de 0,5 à 0,2 g/l de sang pour les conducteurs disposant d’un permis probatoire ou en apprentissage de la conduite anticipé, encadré ou supervisé, entrera en vigueur.

L'objectif est clair : former des générations de conducteurs pour qui alcool et conduite seront clairement incompatibles.

Différentes mesures de la réforme du permis de conduire participent également à faire des futures générations de conducteurs exemplaires.

A l'occasion de son intervention devant le Conseil national de la sécurité routière, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a rappelé que la sécurité routière est un combat de chaque instant, qui est livré avec détermination par le Gouvernement et l'ensemble des acteurs de la sécurité.

Beaucoup de mesures ont déjà été prises depuis les années 60 et la technique a permit beaucoup en matière de sécurité dans les véhicules. Mais la technique ne peut pas tout. Les derniers efforts à accomplir sont les plus exigeants et les réponses à apporter toujours plus complexes face à des comportements à risque qui se renouvellent sans cesse.

Les leviers d'aujourd'hui touchent essentiellement au comportement, à l'humain, et chacun doit prendre la mesure de ses responsabilités.

Pour aller plus loin :