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D-Day pour les services du ministère de l’Intérieur

D-Day pour les services du ministère de l’Intérieur © SG - DICOM - Francis Pellier
6 juin 2014

Les cérémonies bi-nationales et internationales s’enchaînent à un rythme soutenu en ce jour anniversaire du débarquement. Les services du ministère de l’Intérieur sont mobilisés aux quatre coins du département du Calvados.


Anticipé et planifié depuis de nombreux mois, le dispositif du ministère de l’Intérieur spécifique aux commémorations du 70ème anniversaire est aujourd’hui pleinement opérationnel.

Dès le milieu de la nuit, une zone de circulation régulée a été mise en place sur tout le front de mer, dans un rectangle de 80km de long sur 20km de large. 11 500 barrières, fournies par la direction générale de la Police nationale (DGPN) acheminées depuis Marseille, Paris, Bordeaux et Lyon, ont été nécessaires pour l’installation de ce périmètre.

Des gendarmes sont positionnés sur tous les axes d’accès et à chaque intersection à l’intérieur de la zone : « Nous sommes en place depuis 6h du matin, explique un gendarme départemental du Calvados. Aucun véhicule ne passe dans la zone s’il n’est pas muni du stick officiel. Nous sommes intransigeants sur ce point. »

Dès hier, les démineurs de la sécurité civile étaient à pied d’œuvre, notamment sur le site de Ouistreham, accueillant la cérémonie internationale en présence des chefs d’Etat. Olivier Dellon, chef du centre interdépartemental de déminage de Caen, explique le procédé : « Nous passons avec nos équipements sur la zone. Une fois que celle-ci a été contrôlée par nos soins, nous posons un sticker et plus personne ne peut y pénétrer jusqu’au lancement de la cérémonie. Si quelqu’un y entre tout de même, les démineurs recommencent leur travail. Nous vérifions qu’aucun objet ne traîne, tout ce qui pourrait servir à cacher un éventuel dispositif. Nous avons par exemple été particulièrement été vigilants avec les nombreuses cabines de plage réparties le long du site. »

Les 70 démineurs, issus de toute la France, ont œuvré sans interruption depuis hier pour analyser 23 sites différents.

Aéroport de Caen-Carpiquet, gare SNCF de Caen mais aussi gare Saint-Lazare à Paris, les chefs d’Etat, membres de gouvernements français et étrangers, vétérans et invités, arrivent en flux continu en Normandie, se dirigeant vers les différents sites commémoratifs, escortés, protégés ou sécurisés par des hommes de la Gendarmerie ou de la Police nationales.

Le public a également commencé à affluer sur Ouistreham, mais seuls les gens munis de badges de presse, d’invités ou d’officiels sont autorisés à pénétrer dans la zone des cérémonies. Une « zone rouge » en quelque sorte. Chaque personne autorisée à y pénétrer doit ensuite passer par le contrôle de métaux, la fouille et le passage de tous les bagages dans un système de détection identique à ceux des aéroports. Cette opération est minutieusement effectuée par les hommes de la CRS1, encadrés par le service de la protection (SDLP).

« La sécurisation du site de Ouistreham  présente une organisation particulière, mise en place depuis le G20 à Cannes en 2011, explique le préfet Michel Besnard, en charge à la DGPN de l’unité de coordination des grands évènements. Nous sommes dans une zone gendarmerie mais sur ce type de grand évènement, la pratique développée est d’attribuer la compétence et la responsabilité de la « zone rouge » à la CRS1, renforcée par deux compagnies de CRS, sous le commandement du SDLP. Ces équipes réalisent l’étanchéité et le contrôle d’accès à la zone. Le SDLP coordonne également le dispositif d’arrivée des différents chefs d’Etat. »

Un peu plus loin sur la plage, les élèves infirmières de l’école de Caen, des sapeurs-pompiers mais aussi des soldats britanniques s’activent sans relâche pour accueillir et acheminer vers les tribunes de la cérémonie les vétérans de la seconde guerre mondiale. Bien que nombre d’entre eux affiche une étonnante vigueur et un dynamisme enviable pour leur âge, d’autres se déplacent en fauteuil et ont besoin d’une aide indispensable pour arriver au site.

Dans le même temps à Caen, le poste de commandement interministériel est en effervescence. Policiers, gendarmes, militaires, membres de la sécurité civile, de la préfecture, ou encore du renseignement, collaborent dans une même salle. « Ce poste de commandement nous permet d’avoir une bonne remontée de l’information  avec  des vidéos, des remontées radio et les mains courantes remplies par chaque direction sur chaque cérémonie, continue le préfet Besnard. Nous travaillons à la fois pour que le préfet, responsable du dispositif, puisse prendre les bonnes décisions, et que les instructions données soient bien exécutées sur le terrain. La complexité de cette journée du 6 juin est la multiplicité de sites à couvrir. »

Commandant du centre de planification et de gestion de crise de la direction générale de la Gendarmerie nationale, le colonel Jacques Razafindranaly dresse un bilan à mi-journée : « le déroulement du 70ème pour ce qui concerne la gendarmerie se passe bien par rapport à ce que nous avons planifié. Du point de la circulation routière ou d’incident divers qui aurait pu arriver, nous respectons le canevas qui avait été planifié. Le poste de commandement interministériel de Caen restera activé jusqu’à demain samedi. »

D’ici là, les services du ministère demeureront mobilisés pour éviter tout incident et faciliter le bon déroulement des commémorations. Un engagement de tous les instants pour rendre hommage, dans les meilleures conditions possibles, aux 1800 vétérans présents aujourd’hui  sur le département du Calvados.

Richard Wawrzyniak