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Les meilleurs amis de l’Homme

Boa constrictor © MI/SG/Dicom/Y.Malenfer

Scorpions, araignées, reptiles, rongeurs... les « nouveaux animaux de compagnie » (NAC) font l’objet d’un engouement croissant depuis quelques années. Espèces rares, exotiques ou dangereuses, la détention d’un animal « non conventionnel » peut impliquer un agrément préfectoral.


Le terme NAC regroupe des animaux très divers et parfois insolites, autres que les traditionnels carnivores domestiques (chiens, chats, furets ...). Certains sont qualifiés de domestiques (comme les gerbilles, chinchillas, certaines perruches...) et leur détention est libre. Pour les NAC non domestiques, leur détention nécessite une autorisation préfectorale et un certificat de capacité en fonction de leur dangerosité ou de leur niveau de protection (espèce menacée ou protégée).

C’est le cas pour les reptiles, arachnides, amphibiens, mais aussi singes, hérissons ou encore hermines. En effet, élever chez soi l’un de ces animaux n’est pas une activité anodine, et le plaisir d’observer un boa constrictor ou la fascination que peut provoquer un iguane vert, même bien enfermé dans un terrarium, n’est pas sans risque ! La détention par des particuliers d’animaux non domestiques a un impact sur la santé publique, les espèces pouvant être porteuses de zoonoses (maladies transmissibles de l’animal à l’homme). Le propriétaire de l’animal n’est pas non plus à l’abri d’une morsure par une espèce venimeuse ou d’une prise de panique face à certains comportements de son compagnon avant tout sauvage. Enfin, il ne faut pas oublier que ces animaux restent des spécialistes de l’évasion. La fuite, ou bien l’abandon d’animaux dangereux dans la nature, en zone urbaine ou sur la voie publique est non seulement un trouble à la sécurité, mais aussi un risque avéré pour l’écosystème et la préservation de l’espèce.

Heureux propriétaire

La détention d’un animal d’espèce non domestique est encadrée par l’arrêté du 10 août 2004, il fixe la liste des animaux pouvant être détenus par de simples particuliers, avec une autorisation préfectorale préalable. La demande d’autorisation s’effectue auprès de la direction départementale en charge de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) du département du lieu de détention de l’animal. Le certificat de capacité est délivré par le préfet si le demandeur démontre ses compétences à élever des  espèces non domestiques sauvages, notamment par la justification de diplômes et d’expériences spécialisées.

L’objectif de ces réglementations est de garantir des conditions d’entretien adaptées, de satisfaire aux besoins biologiques de l’animal, de respecter les dispositions réglementaires du respect de la faune sauvage et de vérifier les connaissances et la formation du propriétaire. La détention sans autorisation d’un animal figurant dans la liste est un délit passible d’un an de prison et de 15 000 € d’amende. Au sein des DDCSPP, les directions des services vétérinaires sont dotées d’un référent en protection animale chargé de suivre l’application de la réglementation.

Les sapeurs-pompiers face aux NAC

De nouveaux types d’alertes entraînent de nouvelles interventions ! Le groupe animalier des sapeurs-pompiers des Yvelines a été crée en 1994, initialement en raison de problèmes de chiens agressifs lors d’interventions dans des cités. Le groupe s’est développé et ses missions concernent maintenant l’assistance technique aux sapeurs-pompiers pour la capture ou le sauvetage d’animaux. « Concernant les « NAC », nous sommes sollicités pour deux types d’interventions, explique le capitaine Marc Bidard, responsable du groupe animalier des Yvelines, la capture d’espèces sauvages locales comme les vipères ou couleuvres, d’animaux échappés ou d’espèces « exotiques » que l’on retrouve sur la voie publique ou dans les habitations ; et nous pouvons être réquisitionnés par les forces de l’ordre dans le cadre de saisies d’animaux pour détentions illégales, ou lors de trafic de stupéfiants». En effet, il arrive que les terrariums servent de cachettes pour dissimuler des substances illicites ! «  Vous ajoutez un panneau avec une tête de mort, et cela dissuade toute recherche ! rapporte le capitaine. Les chiens « stup » ne marquant pas forcément dans ces endroits, nous sommes appelés pour sortir les animaux et lever le doute sur la présence de produits. » Lors de saisies, le groupe animalier est requis pour identifier les espèces à récupérer. « Nous sommes à la disposition des forces de l’ordre avec notre matériel et savoir-faire ».

Les sapeurs-pompiers du groupe animalier sont régulièrement formés pour intervenir tant sur les bovins, ovins, que sur les rapaces, reptiles, etc. Ils sont capables de déterminer si l’espèce est venimeuse, si elle appartient à la faune sauvage locale ou non, puis de capturer l’animal et de procéder à son transport, soit vers une zone de quarantaine s’il s’agit d’espèces en réquisition, soit pour un placement chez un spécialiste (zoo, animalerie, expert) si l’animal est abandonné. « Pour la capture de serpents par exemple, nous utilisons des crochets pour manipuler et guider l’animal vers des caisses de transport hermétiques », indique Marc Bidard. Sur les 250 interventions annuelles dans le département des Yvelines toutes espèces confondues, les NAC en représentent une dizaine. « Il nous arrive de nous déplacer pour des caméléons, qui peuvent surprendre quand ils se gonflent pour effrayer leur propriétaire! révèle le capitaine Bidard. Pour les reptiles, nous sommes sollicités en général quand l’espèce mesure plus d’un mètre. Dernièrement nous sommes intervenus pour une mygale arboricole sur le mur d’une école primaire, échappée de chez son propriétaire... ».

Mygale terrestre de Madagascar

Mygale “Grammostola rosea”

Cette mygale terrestre vient de Madagascar. Comme toute mygale, elle est venimeuse et formée d’une carapace solide, huit pattes, deux pédipalpes devant pour tâter le terrain et ramener la proie vers la bouche, et deux filières pour tisser. Sur certaines mygales, attention au bombardement de poils, une de ses méthodes de défense ! Les sapeurs-pompiers les capturent en les recouvrant d’une boite.

Scorpion empereur

Scorpion empereur

Reconnaissable à ses grandes pinces poilus, le scorpion empereur peut atteindre 22 cm. Les scorpions ont un épiderme qui devient fluorescent aux lumières ultra violettes. Ils sont donc recherchés dans l’obscurité.

Floriane Boillot