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Au chevet des femmes victimes de violences

Au chevet des femmes victimes de violences
1 avril 2016

Tous les deux jours et demi une femme meurt à la suite de violences conjugales. Cette violence, discrète, muette, sous le sceau du secret du cercle familial, génère de nombreuses conséquences, notamment sur les enfants témoins. Le Doubs agit tous azimuts dans cette lutte, devenue cause nationale en 2010.


Chaque année en France, 201 000 femmes en moyenne se déclarent victimes de violences conjugales, physiques ou sexuelles, et 83 000 rapportent avoir été victimes de viol ou de tentative de viol. Ces violences peuvent aller jusqu’au décès : en 2013, 213 personnes au sein du couple (adultes et enfants), dont 121 femmes, tuées sous les coups de leur partenaire. Cette problématique est devenue cause nationale en 2010.

Dans le Doubs, l’un des axes prioritaires du plan départemental de prévention de la délinquance est dédié à la violence intra familiale. « Sous la coprésidence de la préfecture et du Parquet, le comité de pilotage a établi les priorités d’actions, explique Eline Chenillat, chargée de mission aux droits des femmes et à l’égalité à la DDCSPP. Trois axes majeurs ont été fixés : l’organisation de l’action publique afin qu’aucune violence déclarée ne soit restée sans réponse ; la protection de la victime et des enfants témoins, en mettant l’accent sur la prévention de la récidive et le traitement des auteurs ; et la mobilisation de l’ensemble de la société, avec comme enjeu majeur la formation des professionnels. »

Un phénomène qui ne cesse de croître

Raphaël Bartolt, préfet du Doubs, présente les nombreuses initiatives prises pour lutter contre cette violence perpétrée dans l’intimité familiale : « Un gros travail est réalisé, par exemple avec la police et la gendarmerie pour généraliser le téléphone dit de « grand danger », pour accueillir les victimes, pour créer des places d’accueil, pour faire évoluer les mains courantes afin de mieux signaler et connaître le problème, en créant des référents dans les commissariats, les hôpitaux, en formant l’ensemble des acteurs, notamment éducatifs. Tous les services de l’État dans le Doubs se mobilisent face à ce phénomène majeur de notre société qui ne cesse de croître. »

Parmi les actions phares, l’accompagnement des enfants témoins est l’une des plus sensibles mais aussi l’une des plus stratégiques  : « L’un des enjeux de la lutte contre les violences faites aux femmes est de reconnaître la souffrance des enfants, de les protéger et d’arrêter ainsi le cycle de la violence conjugale », continue Eline Chenillat.

Des études ont en effet démontré que 80% des enfants sont présents au moment des actes de violence. Conséquence de cet état de fait, « à l’âge adulte, ces enfants exposés présentent un risque de reproduire les comportements violents, que ce soit dans la position d’auteur ou de victime  », poursuit Eline Chenillat.

Les services de l’État dans le Doubs ont parfaitement pris conscience du problème. Ainsi, depuis 2013, le centre d’accueil des victimes d’agressions sexuelles et de maltraitance (CAVASEM) de Besançon accueille lors de permanences dédiées, des enfants victimes collatérales de violences conjugales. Un groupe de travail, composé de représentants de l’État, du conseil départemental, des forces de l’ordre, des centres hospitaliers, de l’éducation nationale et d’associations, mène des actions afin de mieux repérer et accompagner les enfants témoins.

Richard Wawrzyniak