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Une mission de traitement de l’eau en Indonésie pour la sécurité civile

Une mission de traitement de l’eau en Indonésie pour la sécurité civile

L’unité d’instruction et d’intervention de la sécurité civile 1 de Nogent-le-Rotrou s’est rendue en Indonésie, frappée par un terrible séisme.
Au cours de sa mission, le détachement a produit plus d’un million de litres d’eau potable, soit 3 litres par jour pour environ 20 000 Indonésiens.


En réponse à la demande d’assistance formulée par le gouvernement indonésien, et sur décision du président de la République française, un détachement de 40 sapeurs-sauveteurs de l’unité d’instruction et d’intervention de la sécurité civile n° 1 (UIISC1) a été engagé en Indonésie le 6 octobre 2018.

Sa mission, qui s’inscrivait également dans le cadre du mécanisme européen de protection civile, consistait à produire, analyser et distribuer de l’eau potable aux populations sinistrées pendant une durée d’un mois.

Cet engagement faisait suite à un séisme de magnitude 7.5, suivi d’un tsunami et de glissements de terrain, qui a frappé l’île de Sulawesi, le 28 septembre 2018, provoquant plus de 2 000 morts, 12 000 blessés et 220 000 sans abris.

La mise en place du détachement dans la ville de Palu aura été particulièrement complexe. Après un vol de 24 heures de Paris à Djakarta, un travail conjoint avec l’ambassade de France à Djakarta a été nécessaire pour rejoindre dans un premier temps Balikpapan (île de Bornéo), point de passage obligé de toute l’aide humanitaire internationale, puis Palu (île de Sulawesi), ville centrale du désastre. Les autorités indonésiennes souhaitaient en effet organiser au mieux l’ensemble des moyens de secours envoyés dans l’urgence au profit des populations en détresse.

L’acheminement des 16 tonnes de fret du détachement aura nécessité cinq avions fournis par des armées de cinq nationalités différentes - indonésienne, néo-zélandaise, américaine, australienne et singapourienne - illustrant la solidarité internationale qui prévaut dans ce type de catastrophes.

En totale autonomie

Le choix du site de production a été l’élément clé de la réussite de la mission. Le détachement s’est installé à proximité du fleuve principal, non loin du centre-ville, garantissant un approvisionnement permanent en eau brute et une facilité de distribution aux populations les plus nécessiteuses.

Afin de ne pas constituer un fardeau pour le pays secouru, le détachement était capable de vivre en totale autonomie : il disposait ainsi, outre sa capacité de production et d’analyse de la qualité de l’eau, d’un élément dédié à la distribution, mais aussi de son propre soutien en matière de santé, de maintenance et de ravitaillement. L’emploi d’un drone a permis de cartographier les camps de réfugiés et de reconnaître régulièrement les abords de la rivière pour s’assurer qu’aucun élément polluant n’était déversé en amont.

Les moyens de commandement déployés permettaient de conduire les opérations sur place, mais aussi d’assurer une liaison permanente avec l’ambassade de France et le centre opérationnel de gestion interministériel des crises (COGIC) de la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC).

La coordination avec l’ensemble des acteurs locaux, gouvernementaux ou non, a permis d’identifier rapidement des vecteurs utiles à la distribution et les points d’intérêt majeurs de livraison. Une action conjointe avec des entreprises françaises a également été menée pour que le dispositif mis en place durant la phase d’urgence trouve une continuité après le départ du détachement français. 

L’action de la France s’inscrit ainsi dans la durée auprès du peuple indonésien touché par ce cataclysme.