Réponse à une question du député Bénisti sur la fusillade survenue à Villiers-sur-Marne jeudi 20 mai

20 mai 2010

Jacques-Alain Bénisti, député-maire UMP de Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne)

Merci Monsieur le président. Ma question s'adresse à Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur. J'associe Jean-François Copé à celle-ci.

Monsieur le ministre, jeudi dernier vers 09h30, Aurélie Fouquet et Thierry Moreau, policiers municipaux dans ma ville de Villiers-sur-Marne, effectuaient leur patrouille de surveillance quand ils interviennent sur ce qu'ils pensent n'être qu'un simple accrochage sur la voie publique. Surgit alors d'une camionnette trois individus cagoulés, armés de Kalachnikov qui offrent, qui ouvrent le feu dans leur direction, criblant leur véhicule d'une trentaine de balles. Thierry Moreau est blessé à l'épaule et découvre sa jeune collègue, Aurélie Fouquet, atteinte de quatre balles dont une en pleine tête. Il parvient à l'extirper de la voiture, prend son arme et réussit à toucher un des malfrats qui décide alors de prendre la fuite.

Monsieur le ministre, si je rappelle ces faits, c'est pour vous dire que si Thierry Moreau n'avait pas été armé, il ne serait, lui non plus, plus de ce monde.

Aujourd'hui, la question n'est pas de savoir s'il faut armer ou non les policiers municipaux. Leur rôle et leur complémentarité avec la police nationale ne sont plus à démontrer, surtout lorsqu'ils croisent des monstres munis d'armes de guerre sans scrupule et qui n'hésitent pas à tirer pour tuer dans un déferlement de violence inouïe.

Monsieur le ministre, malheureusement, le fils d'Aurélie Fouquet, Alexis, âgé de quatorze mois, n'aura pas la chance de grandir auprès de sa maman. Mais une chose est sûre, c'est qu'il pourra en être fier comme moi et bon nombre de maires qui considèrent que toutes ces femmes et ces hommes policiers municipaux font un travail remarquable pour protéger nos concitoyens avec beaucoup de professionnalisme et souvent avec un courage exemplaire.

Aussi, Monsieur le ministre, ma question est double : d'abord, pouvez-vous nous dire où en sont vos investigations pour retrouver ces ignobles assassins et quelles mesures pensez-vous prendre pour permettre aux maires de mieux protéger leur police municipale face à de tels individus ? ...

Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, de l'Outre-Mer et des Collectivités territoriales

Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le député Jacques-Alain BénistiI, quelques minutes après ce drame, nous nous sommes retrouvés sur place et nous avons pu mesurer ensemble la violence de ces fusillades qui ont abouti,

Malheureusement, comme vous venez de l'évoquer avec beaucoup d'émotion, au décès d'une jeune femme policière municipale, Aurélie Fouquet, mère effectivement d'un enfant de quatorze mois. Elle était membre de la police municipale de votre commune, son conjoint était membre, est membre de la police municipale de Meaux et j'ai pu ainsi, après avoir pu discuter et rencontrer grâce à vous les autres membres de l'équipe municipale, mesurer et partager l'émotion de ces fonctionnaires qui, avec leurs quelque dix-huit mille collègues dans toute la France, eh bien ont manifesté à la fois leurs attentes et leurs interrogations. Et je vous précise que je recevrai les représentants syndicaux des policiers municipaux jeudi matin afin, encore une fois, de faire le point, de préciser les attentes en matière d'armement et aussi de leur situation administrative.

Concernant l'enquête, grâce aux images vidéo, grâce aux empreintes digitales, grâce aux traces génétiques, nous avons su quasi immédiatement qu'il s'agissait d'un groupe de six à sept individus très bien organisés et qui préparaient un braquage de très grande ampleur, sans doute l'attaque d'un fourgon blindé ou d'un établissement bancaire. Le soir même de cette fusillade, un suspect bien connu des services et malheureusement déjà condamné a été interpellé puis ensuite mis en examen et depuis hier soir écroué. Deux autres individus ont d'ores et déjà été identifiés. Ce meurtre, naturellement inacceptable, permet de rappeler simultanément que le nombre de violences ayant abouti à des homicides a diminué de près de 40 % depuis huit ans et que désormais, dans 93 % des cas, ces meurtres sont élucidés.

Cela signifie une chose simple, Monsieur le député, c'est que dans notre pays, il n'y a pas d'avenir pour les délinquants et il n'y a pas de pardon pour les criminels.