Question du député Jung sur les profanations de cimetières à Strasbourg

28 septembre 2010

Brice Hortefeux, ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales, a répondu à une question du député Armand Jung relative aux profanations de cimetières à Strasbourg, lors de la séance de questions d'actualité au gouvernement du mardi 28 septembre 2010, à l'Assemblée nationale.


Armand Jung, député SRC

Ma question s'adresse à Monsieur le Ministre de l'Intérieur. Monsieur le Ministre, il règne depuis plusieurs mois dans notre pays un climat délétère et malsain de haine et de xénophobie. Cela se traduit notamment par une recrudescence importante des profanations de cimetières, qui touchent toutes les confessions religieuses, israélites, musulmanes ou chrétiennes. Je voudrais vous citer quelques exemples d'actes graves qui se sont déroulés à Strasbourg et dans sa région depuis le début de cette année. Un cimetière israélite a été profané le jour anniversaire de la Libération du camp d'Auschwitz, des stèles du Carré musulman, le cimetière nord ont été dégradées et brisées. Vous avez d'ailleurs Monsieur le Ministre pu le constater sur place et je vous en remercie. Un autre cimetière israélite, celui de Wolfisheim a été profané et la semaine dernière ce sont 36 stèles du carré musulman du cimetière sud qui ont été profanées. Depuis quelques temps ce sont des citoyens et des responsables publics qui sont également touchés. Untel, responsable d'une grande Mosquée, le directeur d'un cinéma d'arts et d'essais d'origine turque dont la voiture et ... ont été taguées et incendiées. Jusqu'au maire de Strasbourg dont le domicile a été recouvert de l'inscription « Non aux Minarets ». Plus récemment, on a également constaté la reprise scandaleuse des soupes au cochon particulièrement blessantes et stigmatisantes. Monsieur le Ministre, mes chers collègues, nous condamnons avec la plus grande fermeté ces actes odieux. Monsieur le Ministre, où en sont les enquêtes que vous avez diligentées ? Quels sont les moyens que vous mettez en œuvre pour trouver les responsables et les commanditaires ? Plus généralement, mettez donc plus de zèle à trouver ces coupables d'actes odieux.

Brice HORTEFEUX, ministre de l'intérieur

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le député Armand Jung. En tant que ministre des Cultes, je suis naturellement tout autant que vous et que chaque membre de l'Assemblée, choqué par ces profanations qui ont eu lieu notamment dans le département du Bas-Rhin mais pas seulement. Je pense naturellement à la profanation du cimetière israélien de Cronenbourg, c'était au mois de janvier ; je me souviens aussi de la profanation du Carré musulman au cimetière de la Robertsau. Vous y étiez présent. André Schneider l'était aussi ainsi qu'un certain nombre d'autres. Et vendredi dernier au cimetière de La Meinau. Cela touche le département du Bas-Rhin mais pas seulement celui du Bas-Rhin malheureusement puisque d'autres départements ont été concernés et vous l'avez évoqué, ce sont une vingtaine de tombes catholiques qui ont été profanées dans le département des Deux-Sèvres. Sur les sept premiers mois de l'année se sont au total 387 cimetières et lieux de Culte qui ont été dégradés. Vous l'avez dit, cela n'épargne aucune confession, aucune croyance, aucune religion. Et c'est vrai que face à de tels actes eh bien c'est la communauté nationale toute entière qui se trouve offensée. La réponse bien évidemment, doit être la fermeté absolue. A la condamnation morale doit s'ajouter la sanction pénale. Vous m'interrogez sur les résultats des enquêtes effectivement grâce à l'action notamment de la police technique et scientifique. Ce sont 68 personnes qui ont été interpellées depuis le début de l'année, dont 51 mineurs. Donc à la haine, à l'extrémisme et pour être tout à fait clair, à l'imbécilité, doivent répondre bien évidemment le respect, l'écoute et le dialogue mais aussi la plus grande fermeté. C'est une conviction profonde, je vous le dis, Monsieur le Député Jung, mais c'est aussi un principe d'action pour l'Etat.