29.06.2004 - Question au Gouvernement sur la baisse de la delinquance

29 juin 2004

Question de Christian ESTROSI, Député des Alpes Maritimes à Dominique de VILLEPIN, Ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales - Délinquance


Il y a quelques jours, un grand hebdomadaire révélait des statistiques alarmantes, provenant de l'Institut des hautes études de la sécurité intérieure et issues des travaux conduits par un chercheur réputé du CNRS.

Il apparaît qu'une grande part de la délinquance est le fait de Français originaires de l'étranger ou d'étrangers présents sur notre sol. Je prends ces statistiques avec beaucoup de hauteur car ces données scientifiques ne valent pas pour tous les actes de délinquance. Mais elles se vérifient tout particulièrement en matière de violences volontaires et de vol à main armée.

Monsieur le ministre de l'intérieur, alors que la France s'honore d'être une terre d'accueil, un constat s'impose : les politiques d'intégration menées depuis trente ans ont fait faillite. Depuis deux ans et demi, votre prédécesseur et vous-même, avec Jean-Pierre Raffarin, regardez la situation avec lucidité. Quelle est votre analyse ? Quelles mesures comptez-vous prendre pour répondre aux préoccupations des Français et de tous ceux qui vivent en France ? Les droits et les devoirs de chacun doivent être garantis sur l'ensemble du territoire national.

Le premier devoir de la politique, c'est la lucidité.

- Que la délinquance trouve un terreau favorable parmi les individus les plus faibles, en situation de précarité, confrontés à des problèmes d'emploi, de logement, c'est vrai.
- Que cette réalité traduise un échec de l'intégration et d'un certain nombre de nos compatriotes issus de l'immigration, c'est vrai aussi.
- les efforts des gouvernements successifs depuis 30 ans n'ont pas été à la hauteur de ce défi. C'est une invitation à l'humilité. Mais aussi à faire mieux.

C'est pourquoi le deuxième devoir de la politique, c'est le courage et l'action.

- Courage pour défendre l'autorité de l'État sur tout le territoire, en luttant contre la délinquance. C'est ma priorité.
- Courage pour lancer des initiatives plus audacieuses : c'est l'objectif des six chantiers que j'ai lancés le 26 juin dernier.
• Le chantier sur la drogue pour démanteler les grands réseaux de trafiquants.
• Le chantier sur l'égalité des chances devra promouvoir concrètement ce principe au Ministère de l'Intérieur.
- Courage enfin pour s'attaquer aux racines des problèmes:
• C'est l'objectif de la Loi sur la Prévention de la délinquance: je compte tirer toutes les leçons des politiques pilotes dans les 24 quartiers pour proposer en concertation avec les autres membres du gouvernement des mesures appropriées.
• C'est aussi l'objectif du plan de cohésion sociale que vous présentera Jean-Louis Borloo.

La République, ce sont des droits. Ces sont aussi des devoirs. Il nous appartient de les faire respecter.