30.07.2004 - Commissariat de Saint-Denis

30 juillet 2004

Intervention de M. Dominique de VILLEPIN au commissariat de Saint-Denis


Pourquoi avoir choisi ce commissariat pour rencontrer les fonctionnaires de police ?

D'abord parce que les fonctionnaires de police de Saint-Denis et d'ailleurs de l'ensemble de ce département de Seine-Saint-Denis sont confrontés à des défis difficiles, on le voit quand on regarde l'évolution des statistiques, il y a eu des performances très marquées pour l'ensemble du département en 2003, pendant le 1er semestre 2004 puisqu'il y a une baisse de la délinquance générale et de la délinquance de voie publique de près de 10 %.

Nous faisons malheureusement face aujourd'hui à une légère augmentation pour Saint Denis environ de 2,3 % pour le premier semestre qui est liée à un certain nombre de grands événements qui se sont déroulés dans ce 1er trimestre de l'année en particulier au mois de juin qui est en activité très forte au Stade de France, donc il est très important d'être au côté des fonctionnaires, de les écouter, de comprendre leur préoccupation, évidemment de les accompagner parce qu'ils sont confrontés à des difficultés importantes dans leur travail quotidien et qu'il nous appartient de leur donner les moyens pour faire leur travail dans les meilleures conditions possibles.

Nous sommes dans une période particulière qui est la période estivale, il ne faut pas relâcher l'attention. Il y a un devoir de mobilisation parce que nous faisons face à une délinquance qui est bien caractérisée ici dans ce département et dans cette circonscription, qui sont les vols avec violence, vols à la tir, vols à la roulotte, donc il faut des dispositifs spécifiques, il faut des systèmes de transmission adaptés et qui marchent sur l'ensemble de la circonscription, il faut également prendre en compte la sécurité des habitants qui sont partis en vacances, qui veulent bénéficier du système que nous avons mis en place : "tranquillité-vacances", qui a très très bien fonctionné en 2003 puisque 120 000 personnes pour le département ont pu bénéficier de ce dispositif avec un risque qui a été de près de zéro pour l'ensemble de ceux qui se sont raccordés à ce dispositif et puis il faut au-delà de cette vigilance une mobilisation sur le terrain çà veut dire davantage de patrouilles, de patrouilles pédestres, davantage de patrouilles motorisées et çà veut dire aussi évidemment une présence particulière la nuit dans les moments qui seront les plus sensibles, vous voyez, un défi important, des hommes et des femmes d'une qualité exceptionnelle, motivés, qui sont pour la plupart candidats-volontaires pour travailler ici, connaissent bien le terrain, et désireux donc de servir au mieux l'ensemble de leurs concitoyens.

Qu'avez-vous dit aux policiers de Saint Denis quant à leur manque de moyens ?

Nous avons fait un point très précis et croyez bien que la réunion que nous avons eu, c'est une réunion de totale franchise parce que je ne me situe pas au dessus, mais avec ceux qui sont sur le terrain et donc désireux de leur donner tous les moyens qui leur permettront d'être plus efficaces. Il y a donc des problèmes très précis, des problèmes d'encadrement, c'est un vrai problème qui se pose dans cette circonscription et nous avons le souci d'améliorer les choses rapidement, il y a des problèmes de transmission en particulier, capacité de liaison technique qui sont aussi importante, il y a des problèmes de logement lié à cette sécurité spécifique donc, l'ensemble de ces problèmes nous les répertorions et donc nous allons en liaison avec le Commissaire, en liaison avec le Directeur Départemental, en liaison évidemment avec l'ensemble des élus sur place, voir comment nous pouvons essayer de répondre à telle ou telle de ces difficultés, dégager les moyens et c'est pour cela que je me suis battu pour que le budget du Ministère de l'Intérieur, non seulement soit préservé, mais puisse véritablement avoir  les moyens de répondre au souci des Français. C'est une exigence budgétaire, vous savez, nous sommes en train de boucler le budget 2005 et je suis content, heureux de dire que le Ministère de l'Intérieur aura les moyens de mener cette politique, j'étais très attaché à l'idée qu'il n'y avait pas de pause possible dans le domaine de la sécurité, pas de pause possible, çà veut dire des fonctionnaires mobilisés sur le terrain, çà veut dire l'ensemble de nos hommes dans tous les domaines : police, gendarmerie, sapeur-pompiers, préfectures, capable de répondre aux besoins des Français, celà suppose évidemment que nous soyons capables d'en payer le prix, la sécurité reste l'une des priorités fondamentales de l'action de ce Gouvernement.

Est-ce que vous pouvez parlez des problèmes rencontrés par le Tribunal de Bobigny, notamment dans son travail, une espèce de courroie à transmission qui ne circule pas très bien pour des problèmes structurelles ?

Le lien Police-Justice, j'avais eu l'occasion d'aller au Tribunal de Grande Instance de Bobigny il y a quelques mois et de faire le point avec l'ensemble des magistrats, juges, et avec Dominique PERBEN. C'est un souci permanent que de faire en sorte que cette chaîne pénale puisse fonctionner dans les meilleures conditions, c'est indispensable, la responsabilité de la police est d'interpeller un certain nombre d'auteurs de crimes ou de délits présumés, la responsabilité de la justice est de dire le droit et à partir de là de prendre les sanctions qui sont indispensables, donc c'est un travail et un souci de tous les jours, cette responsabilité-là c'est la nôtre, elle n'est pas facile mais chacun dans le respect de l'autre, bien évidemment dans le respect de la défense de la justice a vocation  à aller jusqu'au bout de sa responsabilité.

Hier, vous annonciez un nouveau Commissariat à LYON, d'un chantier qui existe depuis très longtemps et une volonté de  réformer les cellules de garde à vue ?Où en est-on ? On n'entend plus parler aujourd'hui ?

Parce que vous savez il n'est pas facile d'aboutir en un jour ou parfois en un an sur des projets de cette importance, mais çà fait partie des chantiers de réflexion que nous avons ouvert et sur lequel nous voulons aboutir rapidement parce qu'il y a une exigence de réponses à des gardes à vue qui sont plus nombreuses et puis il y a des conditions de sécurité, d'abord des conditions de traitement de l'humanité, nous avons considérablement amélioré les choses pour ceux qui sont en garde à vue et pour le traitement quotidien, la réponse quotidienne de ces gardés à vue, il est important de continuer d'aller dans ce sens, avec évidemment ce que celà implique en termes de locaux, nous allons y travailler dans les prochaines semaines.

Monsieur le Ministre une dernière question, s'il vous plaît ? Vous n'avez pas parlé du problème des effectifs ? J'imagine que vous avez dans vos  exigences, le problème de l'encadrement, mais aussi celui des effectifs,  même s'il y a eu une amélioration ces dernières années.

Absolument, nous avons été amené l'année dernière à augmenter les effectifs, à essayer de les adapter, à ajuster, nous allons faire un nouvel effort d'ici la fin de l'année pour la Seine Saint Denis. J'ai eu l'occasion de rencontrer l'ensemble des élus de ce département il y a quelques semaines pour faire un point très précis, bien sûr elle porte sur les effectifs, c'est important, mais l'effort peut aussi être dans le cadre de l'organisation et la rationalisation du travail, c'est un autre domaine. Les effectifs ne peuvent pas permettre de tout régler, nous en avons longuement parler avec le Commissaire et l'ensemble des fonctionnaires du commissariat de la meilleure capacité à interprétrer, à travailler sur la base de la main courante informatique pour en tirer les leçons, nous adapter à des besoins spécifiques, il y a aussi des marges de manœuvre qui peuvent être utiliséees. Donc nous disposons d'outils, il faut bien sûr augmenter les effectifs mais parallèlement en permanence ajuster, cibler les risques et le nombre de fonctionnaires que nous voulons déployer autour de chacun de ces différents sites.