04.01.2006 - Cérémonie de translation du drapeau des CRS

4 janvier 2006

Allocution de M. Nicolas SARKOZY, Ministre d'Etat, Ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du Territoire - Vélizy


Mesdames, Messieurs,

C'est un réel plaisir pour moi de présider cette cérémonie de translation du drapeau marquant le 61ème anniversaire de la création des compagnies républicaines de sécurité.

Je sais l'importance de cet événement et je veux tout d'abord vous dire que vous pouvez être fiers d'appartenir à cette prestigieuse direction.

Je tiens également à saluer la présence dans cette enceinte des policiers de la sécurité publique.

Vos deux forces travaillent quotidiennement ensemble. La manifestation d'aujourd'hui symbolise la complémentarité de votre action et la nécessaire mise en commun de vos moyens.

Ces dernières semaines, confrontés à des situations d'extrême violence, vous avez su affirmer les lois républicaines avec courage, sang-froid et professionnalisme.

Aujourd'hui, les décorations qui vous sont remises sont le témoignage de reconnaissance de la Nation toute entière.

Mais s'il nous faut conserver l'expérience du passé, il nous faut surtout désormais regarder l'avenir avec lucidité.

J'ai souhaité qu'un nouvel élan soit donné à notre stratégie de lutte contre l'insécurité.

Vous êtes, policiers des compagnies républicaines de sécurité et de la sécurité publique, des éléments essentiels de ce dispositif.

Chacun d'entre vous connaît les enjeux de sa mission. Chacun d'entre vous sait qu'il ne s'agit nullement de remettre en cause les savoir-faire et les compétences, mais bien au contraire de les mettre au service d'une cause commune : la sécurité des Français.

Il fallait évoluer et s'adapter à l'évolution de la société. Dès 2002, la doctrine d'emploi des CRS a été modernisée. Vous demeurez des spécialistes incontestés du maintien de l'ordre et personne ne songe sérieusement à le mettre en cause.

Mais vous êtes aussi des acteurs à part entière de la lutte contre la délinquance et ça aussi plus personne ne songe à le contester.

Je veux ici, devant vous, saluer le travail entrepris sous l'autorité de Jacques LAMOTTE et poursuivi aujourd'hui par votre directeur central, le préfet Christian LAMBERT.

Les résultats obtenus prouvent à eux seuls la justesse de la démarche.

J'ai souhaité qu'elle soit prolongée et c'est la raison pour laquelle j'ai décidé de la mise en œuvre du plan de lutte contre les violences urbaines.

Depuis le 2 novembre 2005, 20 compagnies républicaines de sécurité sont ainsi employées de façon pérenne dans 22 départements.

Il s'agit d'un dispositif d'ensemble intégrant les compétences de chacun :

La sécurité publique qui, forte de sa connaissance du terrain et de la délinquance locale, constitue le socle de toutes les actions ;

Les renseignements généraux dont la spécificité doit permettre de mieux connaître et identifier les fauteurs de troubles ;

La police judiciaire et les GIR afin de combattre la criminalité organisée et s'attaquer aux patrimoines des délinquants ;

Les compagnies républicaines de sécurité appelées à intervenir  dans les quartiers les plus difficiles, aux heures les plus sensibles, afin d'assurer la paix et la tranquillité auxquelles ont droit les Français.

La lutte contre la violence, contre toutes les formes de violence, doit être notre priorité. Chaque force de police a un rôle à jouer dans un dispositif de mise en commun des moyens et des savoir-faire.

Lutter contre la violence, c'est combattre les violences urbaines. C'est aussi lutter contre la violence routière et je n'oublie pas votre action dans ce domaine.

Les CRS sont présents sur plus de 3 000 kilomètres d'autoroutes avec 9   compagnies autoroutières spécialisées et 30 détachements motocyclistes zonaux.

Sur ces secteurs, le nombre de tués a baissé de 26% en 2005 grâce notamment à une augmentation de 18% des dépistages d'alcoolémie.

Je n'oublie pas non plus les 630 maîtres-nageurs sauveteurs présents sur les plages et les 200 spécialistes de la montagne présents dans les Alpes et les Pyrénées.

Enfin, et c'est votre vocation originelle, les compagnies républicaines de sécurité ont été engagées dans plusieurs services de maintien et de rétablissement de l'ordre comme à Nice pour le sommet de l'OTAN, à Perpignan, à Marseille, à Bastia ou lors des manifestations lycéennes.

Cette diversité des missions est à l'image de l'ensemble de la police et répond aux besoins des Français.

Ces actions devront être poursuivies et pour cela, j'entends que vous en ayez les moyens.

Pour cela, le budget du ministère de l'intérieur sera en 2006 en hausse de 3,5 %. Nous disposerons de 38 millions de plus qu'en 2005.

Ce qui se traduira cette année par 1.300 postes supplémentaires pour la police nationale alors que les autres ministères réduisent leurs effectifs.

Ainsi, depuis 2002, nous aurons procédé à plus de 5 000 recrutements, atteignant 80% de l'objectif fixé pour 2007 dans le cadre de la LOPSI.

Ce budget respecte mes engagements, tout particulièrement en ce qui concerne le financement de la réforme des corps et carrières de la police nationale dont j'ai été l'initiateur en 2002.

Tous les policiers, et notamment ceux affectés en compagnies républicaines de sécurité, auront bien entendu toute leur part en termes de promotions qui lui sont liées.

Plus particulièrement, pour les C.R.S., je vous confirme le maintien des effectifs à quatre officiers par compagnie et un accroissement du nombre de gradés d'ici à 2012 pour aboutir à un taux d'encadrement de 46%.

Enfin, pour permettre aux policiers actifs de jouer tout leur rôle sur le terrain, l'arrivée de personnels administratifs complètera le dispositif.

J'ai également décidé de vous doter de tous les moyens matériels vous permettant de mieux travailler.

C'est ainsi que des phares de recherche, des caméras performantes à vision nocturne, des appareils photographiques, vous seront attribués.

Ces outils permettront de rassembler au profit des services enquêteurs tous les indices nécessaires à l'établissement des procédures judiciaires.

De même, des moyens de protection seront livrés en 2006, notamment les gilets de protection tactique dont l'équipement sera poursuivi alors que la tenue spéciale d'intervention dite « nouvelle tenue de maintien de l'ordre » sera expérimentée.

2006 sera également l'année de l'armement non létal permettant une progressivité de la riposte. Cette année, ce sont 1000 pistolets à impulsion électrique qui seront mis en dotation.

Une première tranche de 133 appareils sera rapidement disponible.

Les dispositifs manuels de protection (DMP) seront généralisés à l'ensemble des unités en quantité suffisante et l'usage du blinis sera étendu à l'ensemble des compagnies.

Enfin, vous recevrez en 2006 la dernière dotation de renforcement en véhicules type Boxer et la dernière tranche de déploiement des motocyclettes Yamaha sera achevée.

Pour finir, j'ai chargé votre directeur central, le Préfet Christian LAMBERT, de procéder à toutes les réformes de structure et d'organisation utiles afin de vous rendre encore plus opérationnels. Il doit me faire des propositions prochainement.

Votre capacité d'adaptation et d'innovation, votre professionnalisme sont des éléments essentiels à la cohérence de notre dispositif global de sécurité.

Votre réussite repose sur un principe simple : l'exemplarité de votre comportement.

C'est une exigence fondamentale qui conditionne la légitimité de votre action.

Être exemplaire, c'est respecter la déontologie policière. Nous nous connaissons suffisamment pour savoir qu'il s'agit d'une des premières évidences. Je serai toujours votre premier défenseur à chaque fois que vous êtes injustement mis en cause. Je serai intransigeant avec tous ceux qui s'affranchissent de ces règles.

Mais être exemplaire, c'est aussi agir avec discernement, c'est-à-dire proportionner ses méthodes et ses moyens à la situation.

Être exemplaire, c'est le rester en toutes circonstances et toujours savoir se montrer digne de votre devise : "servir".

Je sais pouvoir compter sur chacun d'entre vous.

Je veux enfin que vous sachiez que j'ai été fier de partager ces instants avec vous.