Info-rapide n°9 : Les victimes d’atteintes à caractère raciste, antisémite ou xénophobe dans l’enquête Cadre de vie et sécurité

22 mars 2018
  • Suite à la découverte d'une erreur matérielle, des corrections ont été apportées en juin 2018 au texte.

Entre 2012 et 2016, les atteintes à caractère raciste, antisémite ou xénophobe ont visé en moyenne chaque année 700 000 victimes d’injures (1 personne sur 75), 125 000 victimes de menaces (1 personne sur 400) et 70 000 victimes de violences (1 personne sur 700) en France métropolitaine parmi les 14 ans ou plus. Selon les atteintes, les immigrés représentent de 20 % à 24 % des victimes, ce qui est nettement plus que leur poids dans la population (10 %).

Seule une minorité de victimes d’atteintes à caractère raciste portent plainte : 3 % dans le cas d’injures, 17 % pour les menaces et 30 % pour les violences. Le taux de plainte des victimes de menaces racistes est plus élevé que pour les autres types de menaces, ce qui n’est pas le cas pour les injures et les violences.

Les injures ou menaces racistes exprimées par téléphone ou via Internet sont marginales par rapport aux cas où l’auteur fait face à sa victime. Qu’ils s’agissent d’injures, de menaces ou de violences, les agressions par des groupes de plusieurs auteurs sont des situations plus fréquentes quand les atteintes sont à caractère raciste. Dans le cas des injures racistes, la victime bien souvent ne connait aucun des auteurs (7 fois sur 10) et les faits se déroulent fréquemment dans un espace public ou ouvert au public (rue, transports en commun ou établissement commerciaux, 56 % des cas).

Pour les menaces et les violences, les liens entre la victime et son ou ses agresseurs sont différents : que les faits soient racistes ou non, la victime connaît fréquemment au moins un des auteurs. Dans le cas spécifique des menaces et violences racistes, des personnes connues de vue dans le voisinage sont plus souvent impliquées.

D’ailleurs, une part importante des victimes de menaces à caractère raciste (un quart) ont subi les faits à leur domicile ou dans leur immeuble. Ce constat peut expliquer l’écart observé en matière de dépôt de plainte car les personnes menacées par des voisins ont en moyenne une plus forte propension à déposer plainte.