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Les victimes du sexisme en France - Interstats Analyse N°19

8 mars 2019

Les victimes du sexisme en France

Approche croisée sur 2017 à partir des procédures enregistrées par les forces de sécurité et l'enquête "Cadre de vie et sécurité"

Résumé :

Selon la nomenclature établie pour les besoins du Haut Conseil à l’Égalité (HCE), 162 940 personnes ont été enregistrées en 2017 comme victimes de crime ou délit sexiste dans les procédures saisies par la police et la gendarmerie nationales. Dans l’immense majorité des cas (87 %), la victime est une femme (142 000 victimes).

Les crimes et délits à caractère sexiste portés à la connaissance des forces de sécurité en 2017 sont très majoritairement (69 %) des infractions commises dans le cadre conjugal (113 000 victimes dont 99 000 femmes) et dans une moindre mesure (31 %) des infractions à caractère sexuel hors cadre conjugal (50 000 victimes dont 42 000 femmes). Enfin, les crimes et délits sexistes au sens strict – c’est-à-dire commis en raison du sexe de la victime – concernent moins de 300 victimes dans les statistiques administratives et représentent ainsi à peine 0,2 % de l’ensemble des crimes et délits sexistes de la nomenclature HCE.

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L’enquête de victimation « Cadre de vie et sécurité » (CVS) révèle que l’écrasante majorité des personnes qui se déclarent victimes d’actes sexistes ne portent pas plainte auprès des forces de sécurité. De fait, d’après l’enquête, les infractions commises en raison du sexe sont massives.

Ainsi, en 2017, parmi les 18-75 ans, 220 000 personnes (dont 191 000 femmes) ont déclaré avoir subi des discriminations sexistes (fondées sur le sexe ou l’état de grossesse) au cours de l’année et, hors cadre conjugal, 1,6 million de personnes (dont 1,4 million de femmes) ont déclaré avoir subi des injures à caractère sexiste, 108 000 (dont 102 000 femmes) des menaces à caractère sexiste enfin 26 000 (dont 21 000 femmes) des violences à caractère sexiste.

D’après l’enquête, en 2017, parmi les 18-75 ans, hors violences sexuelles commises dans le cadre conjugal, 1,2 million de femmes et 0,4 million d’hommes ont subi une exhibition sexuelle, une agression sexuelle, un viol ou une tentative de viol. Dans la grande majorité des cas, les femmes victimes de violences sexuelles hors cadre conjugal connaissaient l’auteur des faits (79 %).

Enfin, s’agissant des infractions commises au sein du couple, l’écart entre les statistiques administratives et l’enquête paraît moins important mais demeure conséquent. En 2017, parmi les 18-75 ans, 264 000 personnes (dont 182 000 femmes) ont déclaré dans l’enquête avoir subi des violences physiques ou sexuelles de la part d’un conjoint ou d’un ex-conjoint.

Les jeunes femmes (18-29 ans) apparaissent particulièrement exposées à toutes les formes d’infractions relevant du champ «sexisme» établi par le HCE.

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