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Les vols en France : une répartition centrée sur les grandes agglomérations - Interstats Analyse N° 14 - Décembre 2016

2 décembre 2016

Le nombre et l’intensité des vols connus de la police et de la gendarmerie dépendent très fortement de la répartition territoriale de la population : plus une commune est peuplée plus il y a de risque d’y observer un grand nombre de vols, ainsi que des taux de commission par habitant élevés. Les grandes agglomérations sont spécifiquement exposées. Pour autant, les vols visant directement les biens (cambriolages, vols de voitures, etc.) se diffusent davantage à distance des grandes villes tandis que les vols sur les personnes (vols à la tire, vols à l’arraché, etc.) ont plus tendance à s’y concentrer. Parmi les grandes agglomérations, Paris, Lille, Marseille-Aix-en-Provence, Montpellier, Nantes, Toulouse, Nîmes et Grenoble figurent parmi les plus exposées aux différents types de vols étudiés. Au sein des grandes agglomérations de province, les banlieues sont dans l’ensemble moins touchées que les villes-centres. Ce dernier constat est moins net au sein de l’agglomération parisienne, où les contrastes sont forts entre les différentes banlieues. Dans les communes rurales les taux de commission sont nettement plus faibles qu’en ville, notamment pour les vols sur les personnes.

Synthèse

Cette étude porte sur la répartition territoriale des vols en France métropolitaine sur l’année 2015. Elle exploite les données issues de l’enregistrement des faits constatés de vols par les forces de police et de gendarmerie (Annexe 1). Les vols -ou les tentatives de vols- qui n’ont pas été révélés aux forces de sécurité n’y sont donc pas pris en compte. Les faits sont analysés selon leur lieu de commission, c’est-à-dire dans les communes où ils se sont produits, et non dans celles où la plainte a été déposée. Cette étude présente ainsi l’exposition des communes et des territoires métropolitains aux vols ( Encadré 1 ).

Il existe différents types de vols. Six grandes catégories sont retenues ici :
-    Les vols avec arme : il peut s’agir de vols à l’arme à feu ou à l’arme blanche, contre des individus ou des commerces (exemples : braquage, vol de portefeuille sous la menace d’un couteau).
-    Les vols violents sans arme : y figurent aussi bien les vols violents dans l’espace public que chez des individus (exemples : « car-jacking », passage à tabac en vue de détrousser un individu, vol exercé sous la menace directe d’une violence physique, vol à l’arraché, etc.).
-    Les vols personnels sans violence : on trouve dans cette catégorie les vols à la tire, les autres vols simples dans des locaux publics ou privés (exemple : vol de téléphone portable dans les transports en commun).
-    Les cambriolages de logements (résidences principales et secondaires).
-    Les vols de véhicules : voitures, camions, deux-roues motorisés.
-    Les vols dans et sur les véhicules : y figures les vols « à la roulotte » commis dans les véhicules (exemple : vol de GPS) et les vols d’accessoires (vol d’enjoliveur).

Les trois premiers peuvent être qualifiés de vols visant la personne tandis que les trois derniers sont des vols visant plus directement les biens. La répartition territoriale des vols s’avère sensible à cette distinction : les premiers se concentrent nettement dans les pôles urbains tandis que les seconds se diffusent davantage aux périphéries.

Le nombre de vols constatés sur un territoire dépend très fortement du nombre d’habitants : mécaniquement, plus une commune est peuplée et plus le nombre de vols constatés est important. De plus, la population joue aussi sur le taux d’incidence 1 des vols : plus une commune est peuplée et plus le nombre de vols rapporté au nombre d’habitants a tendance à être élevé, quel que soit le type de vol.

Les grandes agglomérations revêtent une importance particulière : les unités urbaines de plus de 100 000 personnes concentrent moins de la moitié des habitants de France métropolitaine, mais plus des deux tiers des vols constatés. La concentration dans les agglomérations des vols sur les individus (violents ou non) est encore plus forte que celle des vols visant directement les biens (cambriolages, vols de/sur/dans les véhicules). Parmi ces grands pôles urbains, la taille de la population joue encore sur le taux de commission : généralement, plus une agglomération est grande, et plus le nombre de vols par personne est élevé. Cependant, on peut identifier des villes particulièrement exposées, des villes moins touchées, ou encore des profils atypiques.

En moyenne, les villes-centres 2 sont plus exposées aux vols que les banlieues, à l’exception des cambriolages. Néanmoins, la mesure du taux d’incidence surestime le risque réel par habitant dans ces villes-centres, notamment du fait de la disjonction entre le nombre de résidents et le nombre de personnes présentes dans ces espaces pour d’autres raisons que la résidence (travailleurs, touristes, etc.).

L’agglomération parisienne est étudiée de plus près et on y retrouve les principaux messages retenus à l’échelle nationale. Des spécificités émergent aussi : forte exposition de la banlieue nord-est, forte intensité des vols sur les individus dans le cœur de l’agglomération, mais déplacement dans les périphéries des cambriolages et des vols de véhicules, situations particulières des arrondissements touristiques et des aéroports.

Enfin, dans les communes rurales, qui regroupent plus d’un français sur cinq, les taux de commission sont nettement plus faibles qu’en ville, et ce notamment pour les vols sur les personnes. La position de ces communes vis-à-vis des aires urbaines influence le niveau de délinquance : plus elles sont éloignées des grands pôles et plus les vols visant directement les biens sont rares. En revanche, les communes rurales isolées sont plus touchées par les vols sur les individus que l’ensemble des autres communes rurales.

1 En vue de comparer les territoires et les communes, il sera souvent question du nombre de faits constatés rapporté à la population ou au nombre de logements (dans le cas des cambriolages). Il s’agit du taux d’incidence des vols, autrement dit de leur taux de commission : nombre de vols pour 1 000 habitants ou pour 1 000 logements dans le cas des cambriolages. À noter que pour les vols liés aux véhicules, le taux pour 1 000 habitants doit être considéré avec précaution : l’équipement en automobile est très variable en fonction des territoires.
2 La ville-centre d’une agglomération est généralement la ville la plus peuplée. Certaines agglomérations peuvent néanmoins avoir plusieurs villes-centres. L’unité urbaine Douai-Lens est un exemple.

Encadré 1 : Une situation particulière dans les Outre-mer

Les territoires d’outre-mer présentent de fortes spécificités en termes de délinquance, mais aussi en termes d’organisation du territoire. Cette étude se focalise sur la France métropolitaine et ne les prend pas en compte. Pour plus d’information sur la question de l’insécurité dans ces territoires, le SSMSI a publié une étude en mai 2016 3 qui montre, notamment, que les DROM sont en moyenne beaucoup plus touchés que la métropole par les vols avec arme (à l’exception de la Réunion), mais moins exposés aux vols personnels sans violence. Par exemple, le taux d’incidence des vols avec arme atteint 3,5 pour 1 000 habitants à Mayotte contre 0,2 pour 1 000 habitants en métropole (17 fois plus fréquents). Concernant les vols violents sans armes ou les cambriolages, la Guadeloupe, la Guyane et Mayotte se distinguent par des taux de commission beaucoup plus élevés qu’en Martinique ou à la Réunion.

3 « La délinquance enregistrée outre-mer : des situations très variées selon les territoires » - Interstats Info rapide N° 5 - Mai 2016

Tableau 1 : Situation particulière des DOM

  Taux de commission pour 1 000 habitants en 2015
Guadeloupe Guyane Martinique Mayotte La Réunion France métropolitaine
Vols avec arme 1,8 2,7 0,8 3,5 0,1 0,2
Vols violents sans arme 2,7 6,3 1,4 3,3 1,4 1,5
Vols personnels sans violence 8,7 9,5 6,4 6,7 5,3 10,7
Vols de véhicules 2,5 3,4 1,5 3 1,9 2,6
Cambriolages * 12,4 17,3 6,1 23,5 6,2 7

Sources : SSMSI – Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Champ : France métropolitaine.
* Taux de commission pour 1 000 logements.

1,6 million de vols enregistrés en 2015

1,6 million de vols ont été constatés par les forces de sécurité en 2015 ( Tableau 2 ). Les vols personnels sans violence sont de loin les plus nombreux (693 400 faits constatés, soit 43 % des vols) suivis des vols dans et sur les véhicules (390 100 faits constatés, un quart des vols) et les cambriolages (237 400 faits constatés, 15 % des vols). Les vols les plus rares sont les vols avec arme, constatés à 11 200 reprises par les services de police et de gendarmerie au cours de l’année 2015, soit moins de 1 % du total.

Ces chiffres regroupent les vols qui ont été enregistrés par les forces de sécurité (police ou gendarmerie) suite à une plainte ou à une constatation : les enquêtes de victimation, et notamment l’enquête Cadre de vie et sécurité réalisée chaque année par l’Insee, nous apprennent que seule une partie des victimes de vols le signalent aux forces de sécurité, notamment quand le préjudice subi est faible et quand la perspective d’une indemnisation ne l’exige pas. Du fait de la taille de population interrogée, les enquêtes de victimation ne permettent pas une analyse géographique fine de la répartition des vols, ce que permettent les données administratives. Cependant les exploitations de l’enquête Cadre de vie et sécurité confirment certains résultats de cette étude, notamment concernant la concentration des vols dans les grandes agglomérations et les communes denses, ainsi que les différences d’intensité entre grandes zones géographiques (cf : Interstats Info rapides N° 1, 2 et 4 ).

Tableau 2 : Répartition des faits constatés par types de vols

Types de vols Nombre de faits constatés Part dans le total des vols
Vols avec arme             11 200   0,7%
Vols violents sans arme             97 800   6,1%
Vols personnels sans violence           693 400   43,3%
Cambriolages           237 400   14,8%
Vols de véhicules           170 400   10,6%
Vols dans et sur les véhicules           390 100   24,4%
Total des vols        1 600 100   100%

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Champ : France métropolitaine.

La taille de la population joue sur le nombre de vols mais aussi sur leur intensité

Le nombre de vols augmente avec la taille des communes

Constat conforme à l’intuition, la répartition territoriale des vols est très liée à celle de la population. Plus un espace est peuplé et plus les vols sont nombreux, et ce quel que soit le type de vol étudié.

Tableau 3 : Fortes corrélations entre la population et le nombre de faits constatés

  Coefficient de corrélation linéaire entre la population et le nombre de faits constatés
Vols avec arme 0,89
Violents sans arme 0,93
Sans violence 0,92
Cambriolages 0,96
De véhicules 0,95
Dans et sur les véhicules 0,94

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Champ : France métropolitaine.
L’unité statistique est la commune.

Au niveau des communes, la corrélation entre le nombre de faits constatés et le nombre d’habitants est fortement positive et proche de 1, quel que soit le type de vol ( Tableau 3 ), ce qui signifie que l’essentiel (entre 89 % et 95 % selon les types de vols) de la différence du nombre de vols d’une commune à l’autre s’explique par les écarts de population.

Le taux d’incidence augmente aussi avec la population et la densité

Figure 1 : Le taux d’incidence augmente aussi avec la population 4

figure 1

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales
Champ : France métropolitaine.
Mode de lecture : Les taux de commission sont rebasés à 100 pour la plus grande taille d’unité urbaine. Ainsi, on peut remarquer que le taux de commission des vols de véhicules est cinq fois plus élevé dans l’unité urbaine de Paris (valeur rebasée égale à 100) qu’en moyenne dans les communes rurales de moins de 50 habitants (valeur à 20).
* Taux de commission pour 1 000 logements.
4 Contrairement au reste du graphique, dans la partie « zone rurale », les classes de taille de population portent sur les communes. Autrement, il s’agit de classes de taille de population des unités urbaines.

Au-delà du nombre de faits constatés, plus élevé là où le nombre de « victimes potentielles » que sont les habitants est grand, on observe que le risque individuel d’être victime d’un vol augmente aussi avec la taille de la population. En effet, la Figure 1 montre que les taux de commission moyens par classe d’unité urbaine augmentent avec la taille de ces dernières, pour tous les types de vols. À noter que les deux points les plus à droite de chaque courbe regroupent les unités urbaines de plus de 500 000 habitants, à savoir Paris, Lyon, Marseille-Aix-en-Provence, Lille, Toulouse, Nice, Nantes, Bordeaux, Grenoble et Toulon. La population joue donc deux fois sur les vols : elle influence leur nombre (le niveau) mais aussi leur intensité (le taux d’incidence).

Tableau 4 : Le taux d’incidence des vols augmente avec la densité des communes

Taux de commission pour 1000 habitants (communes métropolitaines) Densément peuplées Intermédiaire Peu denses Très peu denses Rapport entre les plus denses et les moins denses
Vols avec arme 0,30 0,11 0,04 0,01 21,2
Vols violents sans arme 3,47 0,69 0,12 0,05 68,1
Vols personnels sans violence 19,06 8,51 4,39 2,90 6,6
Cambriolages* 9,06 6,89 5,09 4,12 2,2
Vols de véhicules 3,93 2,57 1,43 0,89 4,4
Vols dans et sur les véhicules 8,92 5,78 3,29 2,08 4,3

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Champ : France métropolitaine.
* Taux de commission pour 1 000 logements.

De manière cohérente, les communes densément peuplées sont confrontées à une intensité particulièrement forte des vols. En effet, le taux d’incidence des vols augmente bel et bien avec la densité 5 des communes ( Tableau 4 ). Ceci est vrai pour tous les types de vols même si le constat est beaucoup plus net concernant les vols violents que les vols visant directement les biens : le taux de commission des vols violents sans arme est près de 70 fois plus élevé dans les zones denses que dans les zones très peu denses. Pour les cambriolages, ce rapport tombe à 2,2.

5 L’Insee fournit une classification des communes en fonction d’une grille communale de densité qui permet de comparer les communes selon la densité de leurs zones peuplées, et ainsi d’aller au-delà du simple rapport de la population sur la surface totale.

Tableau 5 : Le taux d’incidence des vols est nettement plus fort en zone urbaine

Taux de commission pour 1000 habitants (communes métropolitaines) Urbain Rural Rapport entre l'urbain et le rural
Vols avec arme 0,19 0,03 7,3
Vols violents sans arme 1,89 0,07 26,0
Vols personnels sans violence 12,95 3,34 3,9
Cambriolages* 7,60 4,80 1,6
Vols de véhicules 3,06 1,17 2,6
Vols dans et sur les véhicules 6,95 2,66 2,6

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Champ : France métropolitaine.
* Taux de commission pour 1 000 logements.

Enfin, la comparaison des communes urbaines et rurales ( Tableau 5 ) montre que les zones urbaines sont plus exposées aux vols, et ce d’autant plus pour les vols violents que pour les vols visant directement les biens.

Les différents types de vols ont tendance à se concentrer sur les mêmes territoires

En considérant l’ensemble des unités urbaines et des zones rurales métropolitaines, on constate que l’exposition à un type de vol va souvent de pair avec l’exposition à un autre type de vol 6 ( Tableau 6 ) : par exemple, une commune où l’intensité des vols personnels sans violence est supérieure à la moyenne a des risques d’être aussi particulièrement touchée par les vols dans/sur les véhicules ou encore les vols violents sans arme.

Néanmoins, les vols ne sont pas tous liés de la même manière. Les vols violents sans arme et les vols personnels sans violence sont très corrélés. Ils le sont également avec les vols dans/sur les véhicules. Ces trois types de vols présenteront à plusieurs reprises des similitudes dans la suite de l’étude, notamment dans leur répartition géographique.

Ayant des cibles communes, les vols de véhicules et les vols dans/sur ces derniers sont aussi étroitement liés.

A contrario, les cambriolages ne sont pas corrélés avec les vols personnels sans violence. De même, la liaison est très faible entre les cambriolages et les vols violents (avec ou sans arme).
6Ceci reste vrai en limitant l’étude à des unités urbaines de tailles comparables.

Tableau 6 : Les taux de commission des différents types de vols sont positivement corrélés

Matrice de corrélation linéaire Vols avec arme Vols violents sans arme Vols personnels sans violence Cambriolages Vols de véhicules Vols dans et sur les véhicules
Vols avec arme                        1,00                          0,28                          0,18                          0,15                          0,29                          0,24  
Vols violents sans arme                        0,28                          1,00                          0,62                          0,16                          0,38                          0,43  
Vols personnels sans violence                        0,18                          0,62                          1,00                          0,00                          0,28                          0,50  
Cambriolages                        0,15                          0,16                          0,00                          1,00                          0,33                          0,27  
Vols de véhicules                        0,29                          0,38                          0,28                          0,33                          1,00                          0,51  
Vols dans et sur les véhicules                        0,24                          0,43                          0,50                          0,27                          0,51                          1,00  

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Champ : France métropolitaine.
L’unité statistique est l’unité urbaine (et non la commune).

Les cambriolages et les vols de véhicules se diffusent davantage aux périphéries des centres urbains

Les cartes ci-dessous ( Encadré 2 ) ne représentent pas les nombres de vols : pour les raisons expliquées plus haut, de telles cartes seraient quasiment superposables à celle de la population du pays. C’est donc le taux d’incidence qui est représenté, c’est-à-dire le nombre de vols pour 1 000 habitants. Ces cartes permettent de confirmer les résultats précédents : les territoires peuplés, denses et urbains sont particulièrement exposés aux vols. Le bassin parisien, la vallée du Rhône et le pourtour méditerranéen ressortent systématiquement comme les régions les plus touchées. Il en est de même, bien que sur un périmètre plus restreint, pour les grandes agglomérations telles que Lille, Toulouse ou Bordeaux.

Figure 2 : Carte communale lissée des vols avec arme

figure 2

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Unité statistique : la commune.
Champ : France métropolitaine.

Figure 3 : Carte communale lissée des vols violents sans arme

figure 3

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Unité statistique : la commune.
Champ : France métropolitaine.

Figure 4 : Carte communale lissée des vols personnels sans violence

figure 4

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Unité statistique : la commune.
Champ : France métropolitaine.

Figure 5 : Carte communale lissée des cambriolages

figure 5

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Unité statistique : la commune.
Champ : France métropolitaine.

Figure 6 : Carte communale lissée des vols de véhicules

figure 6

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Unité statistique : la commune.
Champ : France métropolitaine.

Figure 7 : Carte communale lissée des vols dans/sur les véhicules

figure 7

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Unité statistique : la commune.
Champ : France métropolitaine.

La répartition autour des agglomérations diffère cependant selon la nature des vols. En effet, les vols sur les individus sont plus concentrés au centre des agglomérations que les vols visant directement les biens (cambriolages et vols de véhicules notamment). Sur les cartes relatives aux vols avec arme, aux vols violents sans arme et aux vols personnels sans violence ( Figure 2 , Figure 3 et Figure 4 ), les villes forment une constellation de petits disques rouges très marqués et concentrés. En revanche, pour les cartes des cambriolages et les vols de véhicules ( Figure 5 et Figure 6 ), les zones rouges sont davantage étalées autour des agglomérations, ce qui suggère un phénomène de diffusion spatiale de ces types de vols. Même si, dans les deux cas, les pôles urbains restent centraux dans la répartition des vols, ces derniers se cantonnent davantage aux villes pour les vols sur les individus, violents ou non. Pour les cambriolages et les vols de voitures, la délinquance rayonne davantage à distance des cœurs urbains.

Les zones touristiques sont aussi particulièrement exposées. Certaines sont éloignées des grands pôles urbains et peuvent être distinguées sur les cartes (grande part de la façade Atlantique et de la Manche, stations de sports d’hiver des Alpes et des Pyrénées, vallée de la Loire). D’autres se confondent avec les agglomérations (notamment la côte méditerranéenne et Paris). Les zones touristiques sont en premier lieu exposées aux vols violents sans arme, aux vols personnels sans violence et aux vols à la roulotte. Ces zones accueillent, généralement pour une partie de l’année, beaucoup plus de personnes que d’habitants. Certaines stations balnéaires décuplent leur population en période estivale. De même, une partie des stations de ski sont administrativement rattachées à des communes rurales comportant un très petit nombre d’habitants à l’année. Pour autant, le taux d’incidence des vols rapporte le nombre de faits constatés au nombre d’habitants, et non au nombre de personnes présentes sur la commune : ainsi, l’exposition des habitants des zones touristiques à la délinquance est généralement surestimée par cet indicateur.

Le quart sud-est de la France est très nettement plus exposé aux vols personnels sans violence que le reste de la métropole. Cette observation se vérifie au-delà des agglomérations, des zones touristiques des littoraux et des stations de sport d’hiver.

Encadré 2 : Méthodologie de lissage

La présentation des taux de commission, mesurés commune par commune, sous forme de cartes lissées permet de s’affranchir des limites administratives communales, en répartissant l’information des communes dans des cercles centrés sur leur chef-lieu et de rayon fixe choisi par le cartographe (ici 15 km, un rayon standard). Le cartographe choisit le rayon en fonction de la précision qu’il souhaite afficher sur sa carte. Plus le rayon est important plus la carte sera lissée et fera apparaître les effets structurels géographiques ; au contraire un faible rayon de lissage conservera les spécificités locales. Cette représentation donne d’autant plus d’importance à une commune que le nombre de vols y est élevé, même si sa superficie est petite. Inversement, une commune étendue mais peu habitée et où la délinquance est faible pourra ne pas apparaître sur la carte lissée.

Une classification du taux d’incidence par quartiles est choisie : chaque catégorie de couleur couvre la même surface du territoire. Ainsi, les zones classées comme très exposées (rouge) couvrent la même surface que les zones très peu exposées (jaune pâle), soit un quart de la métropole. Cette règle diffère légèrement pour les vols avec arme car une large partie du territoire n’y est quasiment pas confrontée. Elle est représentée en jaune pâle et les surfaces couvertes par les 3 autres catégories de couleur sont ensuite équilibrées.

L’utilisation d’une même méthode de classification pour les différents types de vols permet de faire la comparaison de leur répartition géographique, notamment leur diffusion autour des pôles urbains.

Les agglomérations de plus de 100 000 habitants concentrent une grande majorité des vols

Les grandes agglomérations rassemblent plus des deux tiers des vols, pour moins de la moitié de la population

Les vols constatés par la police et la gendarmerie se concentrent dans les zones urbaines et augmentent avec la densité et la population. Afin de pouvoir comparer des espaces urbains suffisamment homogènes, le découpage du territoire en unités urbaines 7 (aussi appelées agglomérations) est mis à profit dans la suite de l’étude.

La France métropolitaine compte 54 unités urbaines de 100 000 habitants et plus. Elles concentrent près des deux tiers des vols constatés (tous types confondus) pour seulement 47 % de la population ( Tableau 7 ). Notamment, en 2015, elles ont été exposées à la grande majorité des vols violents : 79 % des vols avec arme et 87 % des vols violents sans arme. Dans les unités urbaines plus petites, le taux d’incidence des vols est inférieur à la moyenne nationale. Ainsi, les taux de commission moyens dans les grandes agglomérations sont nettement supérieurs à ceux des unités urbaines de moins de 100 000 habitants ( Tableau 8 ).

7 « La notion d’unité urbaine repose sur la continuité du bâti et le nombre d’habitants. On appelle unité urbaine une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) qui compte au moins 2 000 habitants. ». Source : Insee

Tableau 7 : Les agglomérations de 100 000 habitants et plus concentrent la plupart des vols constatés

  Part de la population et des faits constatés sur la France métropolitaine
Ensemble des communes appartenant à une unité urbaine : Population Vols avec armes Vols violents sans arme Vols personnels sans violence Cambriolages Vols de véhicules Vols dans et sur les véhicules
Agglomération parisienne 16% 30% 45% 31% 19% 25% 21%
de 200 000 à 2 000 000 habitants  24% 37% 34% 32% 32% 33% 36%
de 100 000 à 200 000 habitants  7% 12% 8% 7% 7% 7% 8%
Ensemble de 100 000 et plus 47% 79% 87% 70% 58% 65% 65%
50 000 à 100 000 habitants  7% 6% 5% 7% 7% 7% 7%
20 000 à 50 000 habitants  7% 6% 3% 5% 6% 5% 5%
de 10 000 à 20 000 habitants  5% 2% 1% 4% 4% 4% 4%
de 5 000 à 10 000 habitants  6% 2% 1% 4% 4% 4% 4%
de 2 000 à 5 000 habitants  6% 2% 1% 3% 5% 4% 4%
Communes rurales  22% 3% 1% 7% 16% 10% 10%

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Champ : France métropolitaine.

Tableau 8 : Les agglomérations de 100 000 habitants et plus sont davantage exposées aux différents types de vols

  Taux de commission pour 1000 habitants en France métropolitaine
Ensemble des communes appartenant à une unité urbaine : Vols avec arme Vols violents sans arme Vols personnels sans violence Cambriolages* Vols de véhicules Vols dans et sur les véhicules
Agglomération parisienne                           0,32                             4,21                           20,58                             4,33                             4,07                             7,86  
de 200 000 à 2 000 000 habitants                            0,27                             2,14                           14,30                             4,87                             3,58                             9,15  
de 100 000 à 200 000 habitants                            0,31                             1,77                           10,57                             3,89                             2,85                             6,87  
Ensemble de 100 000 et plus                           0,29                             2,81                           15,94                             4,54                             3,64                             8,38  
50 000 à 100 000 habitants                            0,13                             1,05                           10,02                             3,54                             2,44                             5,58  
20 000 à 50 000 habitants                            0,15                             0,75                             8,73                             3,23                             2,14                             4,99  
de 10 000 à 20 000 habitants                            0,08                             0,44                             8,53                             2,91                             2,32                             4,98  
de 5 000 à 10 000 habitants                            0,06                             0,26                             6,69                             2,60                             1,80                             4,33  
de 2 000 à 5 000 habitants                            0,05                             0,16                             5,11                             2,64                             1,75                             3,85  
Communes rurales                            0,03                             0,07                             3,33                             2,62                             1,17                             2,65  
Ensemble des communes                           0,17                             1,50                           10,62                             3,64                             2,61                             5,98  

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Champ : France métropolitaine.
* Taux de commission pour 1 000 logements.

Une plus grande disparité du taux d’incidence pour les vols avec violence

Les agglomérations de 100 000 habitants ou plus sont classées en 3 groupes distincts selon le taux d’incidence de chaque type de vols : les agglomérations « peu exposées », « moyennement exposées » et « très exposées » ( Encadré 3 ). La liste des agglomérations de chacune des catégories, classées par ordre alphabétique, est donnée en Annexe 2.

Encadré 3 : Catégorisation des agglomérations selon l’intensité des vols

La classification des agglomérations selon l’intensité des vols porte sur les sextiles des taux de commission : les valeurs extrêmes sont déterminées par les premiers et derniers sextiles. Ainsi, pour chaque type de vols, les 9 villes (9 = 54/6) ayant les taux de commission les plus élevés sont classées comme particulièrement touchées. De même, les 9 villes ayant les taux de commission les plus faibles sont classées comme particulièrement épargnées par les vols. L’utilisation des sextiles est due à la forme de la distribution des taux de commission (asymétrique, étalée à droite).

Les taux de commission moyens sont comparés entre les agglomérations les plus touchées et les moins touchées. Les plus grandes disparités concernent les vols violents sans arme et les vols avec arme ( Tableau 9 ). Les premiers sont 4,2 fois plus fréquents en moyenne dans les agglomérations très touchées que dans les agglomérations peu touchées. En revanche, la disparité est plus faible sur les vols personnels sans violence (2,7 fois plus fréquents) ou les vols dans/sur les véhicules (2,8 fois plus fréquents).

Tableau 9 : Taux de commission moyen par classes d’exposition aux vols

Classes des agglomérations Taux de commission moyen par classes d'agglomération (pour 1000 habitants)
Avec arme Violents sans arme Personnels sans violence Cambriolages* De véhicules Dans et sur les véhicules
faible (9)                                    0,08                                      0,69                                      7,00                                      4,56                                      1,66                                      4,56  
moyen (36)                                    0,17                                      1,52                                    12,14                                      7,62                                      2,76                                      6,82  
élevé (9)                                    0,33                                      3,33                                    18,85                                    13,22                                      5,06                                    12,63  
rapport élevé/faible                                       4,2                                         4,8                                         2,7                                         2,9                                         3,0                                         2,8  

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Champ : France métropolitaine.
* Taux de commission pour 1 000 logements.

La taille de la population joue aussi au sein des grandes agglomérations

Les cartes ci-dessous ( Figure 8 à Figure 13 ) représentent le nombre de faits constatés de vols (surface des cercles) et la classe de taux d’incidence (couleur des cercles) pour chaque agglomération de plus de 100 000 habitants et pour chaque type de vols.

On remarque aisément la taille prépondérante de l’agglomération parisienne dans le nombre de vols. De plus, l’effet « taille » de la population sur le taux d’incidence est identifiable au fait que les cercles verts (agglomérations peu exposées) sont en moyenne nettement plus petits que les cercles rouges : les grandes agglomérations (où l’on constate beaucoup de vols) sont souvent celles où les taux de commission sont élevés.

Parmi les agglomérations de plus de 100 000 habitants, seule une sur cinq dépasse les 500 000 habitants (Paris, Lyon, Marseille-Aix-en-Provence, Lille, Toulouse, Nice, Nantes, Bordeaux, Grenoble, Toulon, Douai-Lens). Ces « très » grandes agglomérations représentent pourtant plus de la moitié des villes classées comme très affectées par les différents types de vols considérés. Elles sont donc très nettement sur-représentées parmi les villes fortement touchées par les vols. En revanche, une seule d’entre-elles figure dans une des catégories des villes peu touchées (Douai-Lens pour les vols sans violence).

Les agglomérations comptant entre 100 000 et 500 000 habitants sont à l’inverse sous-représentées parmi les villes très touchées par les vols. Ce constat est notamment marqué pour les 11 agglomérations de 200 000 à 300 000 habitants : seule Reims compte parmi les villes très touchées, et ce uniquement dans la catégorie des vols violents sans arme.

Les agglomérations de 100 000 à 150 000 habitants sont très sous-représentées parmi les unités urbaines très touchées par les vols violents (avec ou sans arme) mais ce n’est pas le cas pour les vols sur les biens (cambriolages, vols de, sur et dans les véhicules).

Figure 8 : Vols avec arme dans les grandes agglomérations

figure 8

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Unité statistique : la commune.
Champ : France métropolitaine.

Figure 9 : Vols violents sans arme dans les grandes agglomérations

figure 9

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Unité statistique : la commune.
Champ : France métropolitaine.

Figure 10 : Vols personnels sans violence dans les grandes agglomérations

figure 10

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Unité statistique : la commune.
Champ : France métropolitaine.

Figure 11 : Cambriolages dans les grandes agglomérations

figure 11

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Unité statistique : la commune.
Champ : France métropolitaine.

Figure 12 : Vols de véhicules dans les grandes agglomérations

figure 12

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Unité statistique : la commune.
Champ : France métropolitaine.

Figure 13 : Vols dans/sur les véhicules dans les grandes agglomérations

figure 13

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Champ : France métropolitaine.
Note : La surface des cercles est proportionnelle au nombre de faits constatés.

Des agglomérations particulièrement touchées

Huit agglomérations apparaissent comme très touchées pour au moins 4 types de vols parmi les 6 considérés. Ces dernières sont Grenoble, Lille, Marseille-Aix-en-Provence, Montpellier, Nantes, Nîmes, Paris et Toulouse (par ordre alphabétique). Comme constaté supra, il s’agit d’agglomérations de plus de 500 000 habitants à l’exception de Nîmes.

Par exemple, Paris est classée comme très touchée par les vols avec arme, les vols avec violence sans arme, les vols personnels sans violence et les vols de véhicules.

Lille, Marseille-Aix-en-Provence, Montpellier, Nantes et Toulouse sont très touchées par 5 types de vols sur 6 et Nîmes est l’unique agglomération classée comme très exposée dans les six types de vols.

Des agglomérations particulièrement peu touchées

Genève-Annemasse (partie française), Béthune, Dijon, Lorient, Maubeuge, Montbéliard, Pau, Strasbourg et Thionville apparaissent pour au moins trois types de vols comme étant des agglomérations particulièrement peu touchées. Parmi celles-ci, Pau et Lorient sont classées comme telle 4 fois parmi 6. Enfin, Béthune est systématiquement classée comme peu touchée, pour tous les types de vols. Les agglomérations les moins touchées comptent toutes moins de 200 000 habitants, à l’exception de Strasbourg, Béthune et Dijon.

Quelques cas particuliers et faits notables

Selon cette classification, Lyon (2e unité urbaine de France par sa population) n’entre jamais dans la catégorie des agglomérations très touchées. Elle est systématiquement dans la classe moyenne (proche quand même de la catégorie très exposée). Relativement à sa taille, Lyon semble donc particulièrement épargnée par les vols.

Trois unités urbaines présentent un profil particulier : selon le type de vol, elles peuvent à la fois figurer dans la catégorie des agglomérations très touchées mais aussi très peu touchées. Il s’agit de Genève-Annemasse, Creil et La Rochelle.
•    Genève-Annemasse a des fréquences de vols globalement faibles. Elle appartient à la classe des unités urbaines peu touchées pour les vols avec arme, les vols violents sans arme et les vols dans et sur les véhicules. Néanmoins, elle se classe parmi les agglomérations sensibles concernant les cambriolages. À noter que l’agglomération de Genève-Annemasse est transfrontalière, ce qui la distingue de la plupart des autres unités urbaines.
•    Creil présente des taux de vols moyens par rapport aux autres unités urbaines françaises sur la plupart des catégories. Elle est même particulièrement peu touchée par les vols sans violence. A contrario, les vols de voitures y sont très fréquents, faisant de Creil une des agglomérations les plus touchées de France pour ce type de délit.
•    Enfin, La Rochelle figure parmi les unités urbaines très peu touchées par les cambriolages. En revanche, les vols personnels sans violence et les vols à la roulotte y sont très fréquents relativement aux autres agglomérations. Ceci résulte peut-être de son aspect touristique.

Les villes-centres sont plus exposées que les banlieues

Les grandes agglomérations de plus de 100 000 habitants regroupent une population de 29,3 millions de personnes. Parmi elles, 10,3 millions d’habitants vivent dans les villes-centres, soit 35 %. L’agglomération parisienne doit être distinguée étant donnée sa taille : elle représente à elle seule 22 % des habitants des villes-centres, mais surtout 44 % des habitants des banlieues parmi les grandes agglomérations françaises.

En regardant l’ensemble des faits constatés dans les villes-centres relativement à l’ensemble des banlieues, les villes-centres sont nettement plus exposées aux vols, à l’exception des cambriolages.

Tableau 10 : Des villes-centres plus exposées, sauf pour les cambriolages

        Taux de commission pour 1000 habitants
    Nombre d'habitants Nombre de logements Vols avec arme Violents sans arme Personnels sans violence Cambriolages* Vols de véhicules Dans et sur les véhicule
Agglomération parisienne Villes-centres         2 240 621           1 357 081                         0,4                         7,8                       55,2                         7,4                         4,0                         8,2  
Banlieues         8 309 729           3 583 540                         0,3                         3,3                       11,3                       10,0                         4,1                         7,8  
Rapport Centre / Banlieues                     0,3                       0,4                          1,3                          2,4                          4,9                          0,7                          1,0                          1,0  
Ensemble des agglomérations hors Paris Villes-centres         8 046 181           4 537 874                         0,3                         3,5                       21,3                         8,7                         4,0                       10,5  
Banlieues      10 711 756           5 087 629                         0,1                         0,9                         8,2                         9,5                         3,0                         7,3  
Rapport Centre / Banlieues                     0,8                       0,9                          2,2                          4,1                          2,6                          0,9                          1,3                          1,4  

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Champ : France métropolitaine.
* Taux de commission pour 1 000 logements

Ce constat est d’autant plus net pour les vols sur les individus. Hors agglomération parisienne, le taux d’incidence des vols violents sans arme est 4,1 fois plus fort dans les villes-centres que dans les banlieues. La fréquence des cambriolages est en revanche 10 % plus forte en banlieue qu’en ville-centre : ceci s’explique en partie par la répartition des logements entre habitat collectif et individuel. Les appartements sont, toutes choses égales par ailleurs, moins exposés aux cambriolages que les maisons individuelles, or ces dernières sont nettement plus fréquentes en banlieue que dans les villes-centres 8.

Ainsi, les banlieues sont dans l’ensemble nettement moins touchées que les villes-centres. Pourtant, cette tendance est moins nette dans l’agglomération parisienne qu’en province, à l’exception des vols personnels sans violence.

Tout comme pour les zones touristiques, le taux de commission surestime la victimation des habitants des villes-centres, et inversement pour les habitants des banlieues. En effet, pour calculer cet indicateur, le nombre de faits constatés est rapporté au nombre d’habitants, or le nombre de personnes présentes (potentielles victimes ou auteurs de vols) dans une ville-centre est certainement supérieur au nombre d’habitants. À titre d’exemple, beaucoup de personnes viennent travailler dans les villes-centres au cours de la journée mais n’y habitent pas (et inversement pour les banlieues).

8 Pour plus d’information concernant les cambriolages, l’étude suivante est accessible sur le site Interstats : « Les déterminants sociaux, démographiques et économiques de la localisation des cambriolages de logement : une modélisation statistique à l’échelle des communes françaises - Interstats Analyse N° 2 - Octobre 2015 » . De même, l’étude suivante, publiée par l’ONDRP, utilise l’enquête « Cadre de vie et sécurité » : https://www.inhesj.fr/sites/default/files/fichiers_site/ondrp/grand_angle/ga_22.pdf

Zoom sur l’agglomération parisienne

L’agglomération parisienne revêt une importance particulière de par sa taille. En effet, près d’un français sur six vit dans l’unité urbaine de Paris.

À l’aide de cartes lissées s’appuyant sur les données communales 9 ( Encadré 2 ) et représentant le taux d’incidence des vols, l’agglomération parisienne est étudiée ici afin d’illustrer les résultats trouvés au niveau national, mais aussi pour en distinguer les spécificités.

À noter que, tout comme pour les zones touristiques évoquées précédemment, certaines communes de l’agglomération possèdent des taux de commission biaisés par un fort décalage entre le nombre d’habitants (utilisé pour le calcul) et le nombre réel d’individus présents sur la commune (et donc susceptibles d’être auteurs ou victimes de vols). C’est notamment le cas des villes accueillant des aéroports internationaux (Roissy-en-France et Orly), des grandes gares (Massy), des parcs d’attractions (Chessy), les grands centres de commerce (Rungis), etc. De même, Paris intramuros et la Défense voient la victimation de leurs habitants surestimée par le taux de commission du fait des migrations pendulaires ou encore du tourisme (effet très marqué dans les arrondissements centraux de Paris, notamment le 1er et le 8e). Les cartes présentées permettent de répartir l’intensité des vols au-delà des limites administratives des communes en question, et de les intégrer avec leurs voisines. D’un autre côté, la situation particulière d’une commune influence la représentation de ses voisines.

Sous cette réserve, de façon générale, les constats tirés à l’échelle métropolitaine restent vrais à l’échelle parisienne : les vols sur les personnes se concentrent dans le cœur de l’agglomération et ont tendance à baisser rapidement d’intensité quand on s’en éloigne. En revanche, les cambriolages et les vols de voitures se diffusent davantage aux zones périphériques.

Concernant les vols violents (avec ou sans arme, Figure 14 et Figure 15 ), Paris est particulièrement exposée. Au-delà des arrondissements centraux, ce constat est particulièrement net pour les 9e, 10e, 12e, 18e et 19e arrondissements. De plus, la banlieue au nord-est de la capitale se démarque du reste de l’agglomération par l’intensité des vols violents. Cette zone regroupe le département de la Seine-Saint-Denis (particulièrement l’est), le sud du Val-d’Oise touchant la petite couronne et le nord-ouest des Hauts-de-Seine. Parmi les villes de taille conséquente, Saint-Denis, La Courneuve et Stains ont les taux de vols violents les plus élevés (elles sont situées dans l’est du département de la Seine-Saint-Denis). Dans une moindre mesure, la banlieue sud de Paris, s’étalant entre Vitry-sur-Seine et Évry est particulièrement touchée. La banlieue ouest est dans l’ensemble nettement moins frappée par ce type de délinquance.

Pour les vols personnels sans violence ( Figure 16 ), la concentration sur Paris et sa banlieue attenante est encore plus forte. Les déséquilibres entre les banlieues est et ouest sont beaucoup moins marqués (bien que l’est de la Seine-Saint-Denis reste particulièrement sensible). Sur ce type de vols, on repère l’influence des aéroports de Roissy-Charles-De-Gaulle et Orly ou encore Disney (Chessy) pour les raisons évoquées supra.

Comme indiqué précédemment, les vols portant sur les biens se diffusent davantage dans les périphéries. La zone comprenant Paris, les Hauts-de-Seine et l’ouest des Yvelines (triangle Paris, Saint-Germain-en-Laye, Trappes) est relativement peu touchée par les cambriolages et les vols de véhicules ( Figure 17 et Figure 18 ). Il en est de même pour les communes autour d’Évry et Melun. Parmi les grandes villes très peu exposées, on trouve aussi bien des villes avec une population favorisée (Puteaux, Courbevoie, Neuilly-sur-Seine ou Versailles) que défavorisée 10 (Les Ulis, Villeneuve-la-Garenne ou Mantes-la-Jolie). Pour les vols de véhicules, les communes très touchées sont particulièrement regroupées. On distingue facilement l’ensemble des petites communes autour de Marcoussis dans l’Essonne jusqu’à Saclay et Orly, ou encore les villes au sud de l’Isle-Adam et le nord de la Seine-Saint-Denis jusqu’à Roissy. Enfin les vols sur les véhicules et les vols à la roulotte ( Figure 19 ) dévoilent à nouveau une fracture entre l’est et l’ouest parisien. La banlieue nord-est ressort comme particulièrement exposée à ce type de délinquance.

9 L’intensité des vols est répartie en 5 catégories regroupant chacune une surface similaire de l’agglomération parisienne (classification par quantiles). Le rayon de lissage utilisé est de 9 km.
10 En termes de taux de pauvreté et de niveau de vie. Ce résultat est conforme à l’étude sur les cambriolages citée plus haut.

Figure 14 : Les vols avec arme dans l’unité urbaine de Paris

figure 14

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Unité statistique : la commune.
Champ : France métropolitaine.

Figure 15 : Les vols violents dans l’unité urbaine de Paris

figure 15

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Unité statistique : la commune.
Champ : France métropolitaine.

Figure 16 : Les vols sans violence dans l’unité urbaine de Paris

figure 16

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Unité statistique : la commune.
Champ : France métropolitaine.

Figure 17 : Les cambriolages dans l’unité urbaine de Paris

figure 17

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Unité statistique : la commune.
Champ : France métropolitaine.

Figure 18 : Les vols de véhicules dans l’unité urbaine de Paris

figure 18

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Unité statistique : la commune.
Champ : France métropolitaine.

Figure 19 : Les vols dans et sur les véhicules dans l’unité urbaine de Paris

figure 19

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Champ : Unité urbaine de Paris.
Note de lecture : la classification est faite relativement à l’intensité moyenne des vols dans l’agglomération parisienne, et non à la moyenne nationale.

Les communes rurales sont moins touchées

Les communes rurales 11 regroupent 80 % des communes françaises et 22 % de la population.

Une moindre exposition des communes rurales, surtout pour les vols sur la personne

En moyenne, les taux de vols en zone rurale sont nettement plus faibles qu’en zone urbaine ( Tableau 5 ). Ce constat est beaucoup plus marqué à propos des vols violents. En effet, tandis que le taux de commission des vols violents sans arme est 26 fois plus faible en zone rurale qu’en zone urbaine, il est moins de 2 fois inférieur pour les cambriolages. Les communes rurales sont donc nettement moins sujettes aux vols que les villes, et notamment aux vols avec violence.

La proximité avec les grandes agglomérations augmente l’intensité des vols visant directement les biens

Ici encore, la taille des communes joue à la hausse sur le taux d’incidence des vols, et ce quelle qu’en soit la nature.

Au-delà de la taille, les communes rurales se distinguent par leur position vis-à-vis des aires urbaines françaises (Annexe 3). Elles peuvent appartenir aux couronnes des grandes, moyennes ou petites aires urbaines. De même, elles peuvent être multipolarisées ou encore isolées.

Les communes rurales appartenant aux couronnes des grands pôles urbains et celles multipolarisées des grands pôles ont un comportement proche quel que soit le type de vols (hors vols violents 12). Elles sont les plus touchées par les vols visant directement les biens (cambriolages, vols de, dans et sur les véhicules, Tableau 11 ). En revanche, elles ne le sont pas spécialement pour les vols personnels sans violence.

Parmi les communes rurales, les communes isolées sont les plus exposées aux vols personnels sans violence. En revanche, elles sont plutôt moins touchées que les autres communes rurales par les vols visant directement les biens.

Enfin, les communes rurales les moins touchées par les vols, quel qu’en soit le type, sont les communes appartenant aux couronnes des petits et moyens pôles urbains.

11 Une commune est dite rurale si elle n’appartient pas à une unité urbaine. Autrement dit, ce sont les communes disjointes d’une zone de bâti continu de 2 000 habitants ou celles dont moins de la moitié de la population municipale réside dans une zone de bâti continu d‘au moins 2 000 habitants.
12 La faiblesse du nombre de faits constatés de vols violents ne permet pas d’analyser ces types de délits par catégories d’aires urbaines.

Tableau 11 : Les vols sont plus fréquents à proximité des grandes agglomérations

    Taux de commission pour 1000 habitants
Types de communes Nombre d'habitants Personnels sans violence Cambriolages* Vols de véhicules Dans et sur les véhicules
Communes appartenant à la couronne d'un grand pôle           6 701 455                                2,88                                6,20                                1,35                                2,94  
Communes multipolarisées des grandes aires urbaines           1 828 529                                2,90                                5,12                                1,23                                2,74  
Communes appartenant à la couronne d'un pôle moyen ou petit              513 295                                2,66                                2,20                                0,82                                1,83  
Autres communes multipolarisées           3 029 826                                3,11                                4,45                                1,04                                2,25  
Communes isolées hors influence des pôles           2 554 297                                5,24                                2,90                                0,88                                2,48  
Ensemble des communes rurales         14 627 402                                3,34                                4,80                                1,17                                2,66  

Sources : SSMSI - Répartition communale des crimes et délits 2015 ; Insee – Données locales.
Champ : France métropolitaine.
* Taux de commission pour 1 000 logements.