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Interstats Conjoncture N° 43 - Avril 2019

4 avril 2019

Analyse conjoncturelle des crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie à la fin du mois de mars 2019

La plupart des indicateurs conjoncturels des crimes et délits enregistrés sur le premier trimestre 2019 ont augmenté par rapport au trimestre précédent. La hausse est nette pour les violences sexuelles (+6 %), les vols dans les véhicules et les cambriolages de logements (+5 %). Les vols sans violence contre des personnes (+4 %), les vols violents sans arme (+4 %) et les vols de véhicules (+3 %) augmentent également. La hausse est très légère pour les coups et blessures volontaires (+1 %). Les vols d’accessoires sur véhicules ont très légèrement diminué (-1 %). Les vols avec armes baissent de 3 %. Les homicides du dernier trimestre ont baissé de 5 % par rapport au trimestre précédent.

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Les crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie ne recensent pas la totalité des infractions commises, notamment parce que toutes les victimes ne se font pas connaître. Les indicateurs contenus dans cette publication donnent une information sur l’évolution de la partie enregistrée de la délinquance subie.

81 faits d’homicides (y compris coups et blessures suivis de mort) ont été enregistrés en mars 2019 après 49 en février et 75 en janvier. Le total du trimestre (205 victimes) baisse par rapport à celui du trimestre précédent (216).

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Les vols avec armes, enregistrés par la police et la gendarmerie, sont stables en mars 2019, après avoir baissé nettement en février. Le total du trimestre baisse de 3 %.

Après une baisse observée entre mai 2017 et mai 2018, suivie d’un rebond en juin, les vols avec armes enregistrent de faibles fluctuations.

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Les vols violents sans arme diminuent très légèrement en mars, après une augmentation au mois précédent. Le cumul sur trois mois augmente de 4 %.

Le nombre de vols violents sans arme s’était stabilisé début 2018 avant de connaître un pic en juillet, en lien avec la coupe du monde de football. Le repli jusqu’en octobre avait ensuite ramené cet indicateur au niveau de début 2018. La remontée observée depuis décembre 2018 amène le niveau du premier trimestre 2019 légèrement au-dessus de la moyenne de 2018 (+2 %).

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Le nombre de vols sans violence contre des personnes enregistrés est stable en mars 2019, après une très légère augmentation au mois précédent. Le total du trimestre augmente de 4 %.

Les vols sans violence contre des personnes étaient sur une tendance baissière entre novembre 2017 et mai 2018. Puis la forte augmentation de juillet 2018, liée à la finale de la coupe du monde de football, avait été en partie résorbée jusqu’en octobre. La reprise de la hausse depuis novembre 2018 mène cet indicateur à un niveau sur le premier trimestre 2019 supérieur de 6 % à la moyenne de 2018.

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Les coups et blessures volontaires sur les personnes de 15 ans ou plus, enregistrés par les forces de sécurité, ont nettement augmenté en mars, après une stabilité en février. Le cumul sur trois mois augmente très légèrement (+1 %).

La hausse observée depuis mars 2018 a mené cet indicateur à un point haut en juillet 2018. Par la suite, l’indicateur a enregistré des fluctuations avec une légère tendance à la baisse, qui s’est interrompue en mars 2019. Le total du premier trimestre 2019 est 2 % au-dessus de la moyenne de 2018.

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Les cambriolages de logement diminuent très légèrement en mars 2019, après une augmentation de même ampleur au mois précédent. Le nombre de cambriolages du premier trimestre 2019 est en nette hausse (+5 %).

Avant la hausse marquée de décembre, les cambriolages de logements se situaient sur une tendance baissière depuis fin 2017, avec une pause au premier semestre 2018. Depuis trois mois, le nombre de cambriolages s’est stabilisé.

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Les vols de véhicules (automobiles ou deux roues motorisés), enregistrés par les forces de l’ordre en mars 2019, sont en très légère hausse, comme au mois précédent. Le total du trimestre augmente de 3 %.

Après avoir baissé en 2017, le nombre d’enregistrements de vols de véhicules s’était stabilisé jusqu’en novembre 2018, à un niveau plus bas que les années précédentes. Après la hausse de décembre, le niveau du premier trimestre 2019 dépasse la moyenne de 2018 (+3 %).

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Les vols dans les véhicules sont stables en mars 2019, après une très légère hausse les deux mois précédents. Le cumul du trimestre augmente nettement (+5 %).

Les vols dans les véhicules ont fluctué durant l’année 2018 autour d’un niveau légèrement inférieur à celui de 2017. Après la forte hausse de décembre, le cumul sur le premier trimestre 2019 est supérieur de 5 % à la moyenne de 2018.

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Les vols d’accessoires sur véhicules sont stables en mars 2019, après une légère diminution en février. Le total sur le trimestre est très légèrement inférieur au précédent (-1 %).

Entre mars 2017 et février 2018, le nombre de vols d’accessoires sur véhicules avait baissé avec d’amples fluctuations, puis il s’est stabilisé. Il présente une légère tendance à la baisse depuis octobre et se situe au premier trimestre 2019 légèrement au-dessous (-2 %) de la moyenne de 2018.

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Les violences sexuelles enregistrées augmentent nettement en mars 2019, après une baisse en février. Le total du trimestre est nettement supérieur à celui du trimestre précédent (+6 %).

Dans un contexte de libération de la parole et d’amélioration de l’accueil des victimes par les services de police et de gendarmerie, le nombre de violences sexuelles enregistrées avait augmenté depuis fin 2017. Cette hausse s’était interrompue en août 2018 et avait été suivie d’un léger repli jusqu’à la fin 2018. Le cumul sur le premier trimestre 2019 se situe nettement au-dessus (+28 %) de la moyenne de 2017 et de celle de 2018 (+7 %).

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Méthodes de traitement des données

Les séries conjoncturelles présentées dans cette publication portent sur les crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie. Ceux-ci sont comptabilisés au mois d’enregistrement, avec quelques cas particuliers (pour plus de détails voir les Interstats Méthode n°2 et 3 ). Les requalifications des infractions, y compris suppressions, sont prises en compte jusqu’à la date à laquelle sont arrêtées les comptabilisations, c’est-à-dire, pour chaque mois, au début de mois suivant.
Deux éléments sont à prendre en compte dans l’interprétation du niveau et des évolutions de ces séries :
- le délai d’enregistrement, qui peut créer un décalage temporel entre le moment où les faits de délinquance se sont déroulés et le moment où ils sont comptabilisés dans ces séries;
- le taux de plainte, qui a un impact à la fois sur le niveau et, s’il n’est pas stable, sur l’évolution de la délinquance enregistrée.

Par rapport aux séries statistiques issues des enregistrements par la police et la gendarmerie, les données brutes de certaines séries ont fait l’objet de corrections portant sur la période de 2012 à 2015. L’ensemble de ces traitements est présenté en détail sur le site web Interstats dans le document Interstats Méthode N° 9 .

Le comptage des homicides fait l'objet de retraitements à partir de l'année de référence 2015 (cf encadré de la fiche "Homicides"Insécurité et délinquance en 2018 : premier bilan statistique , janvier 2019, et Interstats Méthode N° 9 .

La nouvelle série mensuelle des violences sexuelles porte sur les délits de viols (index 46 et 47) et d’autres agressions sexuelles (index 48 et 49). Cet indicateur ne comprend pas les atteintes sexuelles (index 50). Sa construction est similaire à celle des autres séries (voir ci-dessus). L’unité de compte de cette série est la victime. Son interprétation nécessite une prudence encore accrue par rapport aux autres séries conjoncturelles en raison du faible taux de plainte pour ce type de crimes et délits : une victime sur 8 a porté plainte en moyenne
sur la période 2011-2017 selon l’ enquête Cadre de vie et sécurité (INSEE-SSMSI-ONDRP). De plus ce taux varie dans le temps selon le type de fait (viols et harcèlements). Cette évolution est liée notamment à des évènements médiatiques (affaire Weinstein en octobre 2017) et aux mesures prises dans ce domaine pour l’expression de la parole des victimes (pré-plainte en ligne, portail de signalement des violences sexuelles, amélioration de l’accueil dans les services de police et de gendarmerie...). Les violences sexuelles de 2018 ont fait l’objet d’un chapitre du bilan annuel publié par le SSMSI ( Insécurité et délinquance en 2018 : premier bilan statistique ), avec les niveaux et évolutions trimestriels. La série des violences sexuelles est produite par cumul des séries CVS-CJO des index 46 à 49, par service (gendarmerie, police). Un Interstats Méthode à paraître précisera les traitements de désaisonnalisation effectués sur ces composantes.

La méthode de correction des variations saisonnières et des jours ouvrables (CVS-CJO), mise en place lors de la première publication de ces séries en octobre 2015 et présentée sur le site web Interstats dans les documents Interstats Méthode N° 5 et 7 , a été modifiée à partir de la note de juillet 2018, en prenant en compte les données connues jusqu’au mois de mai 2018, conformément à la pratique internationale recommandée d’une mise à jour annuelle des modèles. Les changements ne portent que sur deux sous-séries : les vols avec armes enregistrés par la gendarmerie et les vols d'accessoires sur véhicules enregistrés par la police. L'incidence sur les deux graphiques concernés est marginale.

La périodicité mensuelle des indicateurs de la délinquance présente notamment l’intérêt de refléter l’incidence de certains évènements ponctuels, tels qu’un grand rassemblement populaire. Néanmoins, les séries mensuelles sont en partie soumises à des fluctuations qui peuvent s'inverser d'une période à l'autre, sans réelle signification. De plus, lorsque les séries sont très heurtées, le modèle de traitement statistique de désaisonnalisation peut présenter des problèmes de robustesse, avec des risques de révisions des données d’un mois sur l’autre. Aussi est-il recommandé d’attendre au moins deux observations mensuelles avant de juger d’un retournement d’évolution.

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