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Interstats Conjoncture N° 45 - Juin 2019

6 juin 2019

Analyse conjoncturelle des crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie à la fin du mois de mai 2019

La plupart des indicateurs conjoncturels des crimes et délits enregistrés sur les trois derniers mois ont baissé par rapport aux trois mois précédents. La baisse atteint 9 % pour les destructions et dégradations volontaires (y compris contraventions) et 5 % pour les vols violents sans arme et les vols dans les véhicules. Les vols avec armes, les vols sans violence contre des personnes, les vols de véhicules et les vols d’accessoires sur véhicules ont baissé plus modérément (-3 %). Les cambriolages de logements ont diminué de 1%. En revanche, les coups et blessures volontaires ont augmenté (+3 %). La hausse est plus prononcée pour les escroqueries (+4 %) et les violences sexuelles (+5 %). Enfin, les homicides des trois derniers mois augmentent nettement.

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Les crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie ne recensent pas la totalité des infractions commises, notamment parce que toutes les victimes ne se font pas connaître. Les indicateurs contenus dans cette publication donnent une information sur l’évolution de la partie enregistrée de la délinquance subie.

72 faits d’homicides (y compris coups et blessures suivis de mort) ont été enregistrés en mai 2019 après 84 en avril et 81 en mars. Le total des trois derniers mois (237 victimes) est nettement plus élevé que celui des trois mois précédents (208), qui se situait à un niveau bas.

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Les vols avec armes, enregistrés par la police et la gendarmerie, ont été stables en mai 2019, comme les deux mois précédents. Le total sur les trois derniers mois baisse (-3 %) par rapport aux trois mois précédents.

Après une baisse observée entre mai 2017 et mai 2018, suivie d’un rebond en juin, les vols avec armes enregistrent de faibles fluctuations.

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Les vols violents sans arme diminuent en mai, après une baisse nette en avril et plus modérée en mars. Le cumul sur trois mois est en nette diminution (-5 %).

Le nombre de vols violents sans arme avait connu un pic en juillet 2018, en lien avec la coupe du monde de football. Le repli jusqu’en octobre avait ensuite ramené cet indicateur au niveau de début 2018. La remontée de décembre 2018 à février 2019 est interrompue par les baisses des trois derniers mois. Le niveau des trois derniers mois est inférieur de 4% à la moyenne de 2018.

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Le nombre de vols sans violence contre des personnes enregistrés baisse nettement en mai 2019, après un repli au mois précédent. Le total des trois derniers mois diminue (-3 %).

Les vols sans violence contre des personnes avaient augmenté fortement en juillet 2018, en lien avec la finale de la coupe du monde de football. Cette hausse avait été en partie résorbée jusqu’en octobre. L’indicateur est ensuite reparti à la hausse et son niveau sur les trois derniers mois est légèrement supérieur à la moyenne de 2018 (+2 %).

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Les coups et blessures volontaires sur les personnes de 15 ans ou plus, enregistrés par les forces de sécurité, augmentent très légèrement en mai, après une baisse en avril. Le cumul sur trois mois progresse (+3 %).

Après avoir atteint un point haut en juillet 2018, le nombre de coups et blessures volontaires a enregistré des fluctuations avec une légère tendance à la baisse avant un rebond en mars 2019. Malgré le reflux d’avril 2019, le total des trois derniers mois reste au-dessus de la moyenne de 2018 (+3 %).

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Les cambriolages de logement baissent en mai 2019, après une très légère augmentation en avril. Le nombre de cambriolages des trois derniers mois est en très légère diminution (-1 %).

Avant la hausse marquée de décembre 2018, les cambriolages de logements se situaient sur une tendance baissière depuis fin 2017, avec une pause au premier semestre 2018. Depuis le début de l’année, le nombre de cambriolages s’est stabilisé. Le cumul des trois derniers mois est légèrement supérieur à la moyenne de 2018 (+2 %).

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Les vols de véhicules (automobiles ou deux roues motorisés), enregistrés par les forces de sécurité, diminuent légèrement en mai 2019, après une baisse plus prononcée au mois précédent. Le total des trois derniers mois baisse de 3 %.

Après avoir baissé en 2017, le nombre d’enregistrements de vols de véhicules s’était stabilisé jusqu’en novembre 2018, à un niveau plus bas que les années précédentes. La hausse de décembre est compensée en avril- mai et le niveau des trois derniers mois est très légèrement en dessous de la moyenne de 2018 (-1 %).

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Les vols dans les véhicules diminuent légèrement en mai 2019, après une forte baisse en avril. Le cumul des trois derniers mois baisse nettement (-5 %).

Les vols dans les véhicules avaient fluctué durant l’année 2018 autour d’un niveau légèrement inférieur à celui de 2017. La forte hausse de décembre est compensée par les baisses d’avril-mai et le cumul sur les trois derniers mois est très légèrement inférieur à la moyenne de 2018.

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Les vols d’accessoires sur véhicules sont en baisse nette en mai 2019, après une stabilité aux deux mois précédents, et atteignent un point bas. Le total sur les trois derniers mois est inférieur à celui des trois mois précédents (-3 %).

Entre mars 2017 et février 2018, le nombre de vols d’accessoires sur véhicules avait baissé avec d’amples fluctuations, puis il s’est stabilisé. Il présente une tendance à la baisse depuis octobre et se situe sur les trois derniers mois nettement au-dessous (-5 %) de la moyenne de 2018.

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Les violences sexuelles enregistrées diminuent légèrement au mois de mai 2019, comme en avril. Le total des trois derniers mois est toutefois nettement supérieur à celui du cumul précédent (+5 %).

Dans un contexte de libération de la parole et d’amélioration de l’accueil des victimes par les services de police et de gendarmerie, le nombre de violences sexuelles enregistrées avait augmenté depuis fin 2017. Cette hausse s’était interrompue en août 2018 et avait été suivie d’un léger repli jusqu’à la fin 2018. La tendance est à nouveau à la hausse depuis le début 2019, avec d’amples fluctuations, et le cumul sur les trois derniers mois se situe nettement au-dessus (+30 %) de la moyenne de 2017 et de celle de 2018 (+9 %).

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Les escroqueries augmentent légèrement en mai 2019, davantage qu’au mois précédent, et atteignent un point haut. Le total des trois derniers mois est en hausse (+4 %).

Après une très forte hausse en janvier 2019 suivie d’une stabilisation, le nombre d’escroqueries des trois derniers mois se situe nettement au-dessus de la moyenne de 2018 (+11 %).

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Les destructions et dégradations volontaires (y compris contraventions) sont nettement moins nombreuses en mai 2019, après des baisses consécutives depuis janvier. Le total des trois derniers mois baisse nettement (-9 %).

Après une très forte hausse en décembre 2018, dans le contexte des mouvements sociaux, les dégradations ont reflué. Le nombre enregistré sur les trois derniers mois redescend légèrement en dessous de la moyenne de 2018 (-2 %).

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Méthodes de traitement des données

Les séries conjoncturelles présentées dans cette publication portent sur les crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie. Ceux-ci sont comptabilisés au mois d’enregistrement, avec quelques cas particuliers (pour plus de détails voir les Interstats Méthode n°2 et 3 ). Les requalifications des infractions, y compris suppressions, sont prises en compte jusqu’à la date à laquelle sont arrêtées les comptabilisations, c’est-à-dire, pour chaque mois, au début de mois suivant.
Deux éléments sont à prendre en compte dans l’interprétation du niveau et des évolutions de ces séries :
- le délai d’enregistrement, qui peut créer un décalage temporel entre le moment où les faits de délinquance se sont déroulés et le moment où ils sont comptabilisés dans ces séries;
- le taux de plainte, qui a un impact à la fois sur le niveau et, s’il n’est pas stable, sur l’évolution de la délinquance enregistrée. L’enquête Cadre de vie et sécurité (Insee-ONDRP-SSMSI) réalisée auprès de la population permet d’évaluer les taux de plainte. Ainsi par exemple selon cette enquête en moyenne sur la période 2011-2017 seule une victime sur huit de violences sexuelles hors ménage porte plainte, contre trois sur quatre pour les victimes de cambriolages.
Pour les résultats complets de l’enquête CVS voir : https://www.interieur.gouv.fr/Interstats/Actualites/Rapport-d-enquete-cadre-de-vie-et-securite-2018

Par rapport aux séries statistiques issues des enregistrements par la police et la gendarmerie, les données brutes de certaines séries ont fait l’objet de corrections portant sur la période de 2012 à 2015. L’ensemble de ces traitements est présenté en détail sur le site web Interstats dans le document Interstats Méthode N° 9 .

Le comptage des homicides fait l'objet de retraitements à partir de l'année de référence 2015 (cf encadré de la fiche "Homicides"Insécurité et délinquance en 2018 : premier bilan statistique , janvier 2019, et Interstats Méthode N° 9 .

Des éléments descriptifs de la série des violences sexuelles et de celle des escroqueries ont été fournis dans les parties méthodologiques respectivement de l’Interstats Conjoncture du mois d'avril ( N°43 ) et du mois de mai ( N°44 ). Elles feront l’objet d’un Interstats Méthodes à paraître prochainement.

La nouvelle série mensuelle des destructions et dégradations volontaires enregistrées par les services de police et de gendarmerie est délimitée par une liste de natures d'infractions (Natinf) relatives aux délits et contraventions de dégradations. Pour les délits, ce champ est proche de celui des index 62-incendies volontaires de biens publics, 63-incendies volontaires de biens privés, 64-attentats à l'explosif contre des biens publics, 65- attentats à l'explosif contre des biens privés, 66-autres destructions et dégradations de biens publics, 67-autres destructions et dégradations de biens privés et 68-destructions et dégradations de véhicules privés. En raison de l’incertitude de la qualification initiale par les services entre les délits de dégradation et les contraventions, l’indicateur construit pour suivre les dégradations ne permet pas de les distinguer avec certitude, d’où l’importance de considérer ce phénomène délinquant dans son ensemble (cf. Interstats Méthode n°9 ). La deuxième spécificité de construction de cet indicateur conjoncturel est la comptabilisation en nombre d'infractions, plutôt qu'en unité de compte par index. Enfin, pour les contraventions enregistrées par la gendarmerie, un traitement spécifique est appliqué pour tenir compte des requalifications récentes. La désaisonnalisation est effectuée par service (police et gendarmerie).

La méthode de correction des variations saisonnières et des jours ouvrables (CVS-CJO), mise en place lors de la première publication de ces séries en octobre 2015 et présentée sur le site web Interstats dans les documents Interstats Méthode N° 5 et 7 , a été modifiée à partir de la note de juillet 2018, en prenant en compte les données connues jusqu’au mois de mai 2018, conformément à la pratique internationale recommandée d’une mise à jour annuelle des modèles. Les changements ne portent que sur deux sous-séries : les vols avec armes enregistrés par la gendarmerie et les vols d'accessoires sur véhicules enregistrés par la police. L'incidence sur les deux graphiques concernés est marginale.

La périodicité mensuelle des indicateurs de la délinquance présente notamment l’intérêt de refléter l’incidence de certains évènements ponctuels, tels qu’un grand rassemblement populaire. Néanmoins, les séries mensuelles sont en partie soumises à des fluctuations qui peuvent s'inverser d'une période à l'autre, sans réelle signification. De plus, lorsque les séries sont très heurtées, le modèle de traitement statistique de désaisonnalisation peut présenter des problèmes de robustesse, avec des risques de révisions des données d’un mois sur l’autre. Aussi est-il recommandé d’attendre au moins deux observations mensuelles avant de juger d’un retournement d’évolution.

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