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Ouverture du séminaire de travail sur le schéma national du maintien de l’ordre

Ouverture du séminaire de travail sur le schéma national du maintien de l’ordre
17 juin 2019

Le schéma national du maintien de l’ordre prévoit de fixer un cadre global rénové sur l’emploi des forces de l’ordre et des moyens techniques spécialisés, destiné à adapter et à actualiser la gestion de l’ordre public en France.


Allocution de M. Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, lors de l'ouverture du séminaire de travail sur le schéma national du maintien de l’ordre, le 17 juin 2019

- Seul le prononcé fait foi -

Monsieur le secrétaire d’État, cher Laurent Nuñez,

Monsieur le préfet de police,

Monsieur le préfet, directeur général de la police nationale,

Mon général, major général de la gendarmerie nationale,

Mesdames et messieurs,

Chers tous qui avez accepté de participer à cette journée un peu particulière,

Un peu particulière parce qu’elle marque une méthode que nous voulons mettre en œuvre.

Ce ministère a comme particularité d’être le ministère de l’action, de la réaction face à la crise. Un ministère qui sait puiser dans son savoir-faire, dans son énergie, dans son expérience pour trouver immédiatement les bonnes réponses.

C’est ce que font les femmes et les hommes sur le terrain au quotidien, où ils n’ont pas 5 minutes pour réfléchir à la bonne réaction. Ils ont quelques secondes et ils savent grâce à leur formation, grâce à leur expérience, trouver cette réaction.

Et au fond, sur la question du maintien de l’ordre public, du maintien de l’ordre républicain, c’est ce que nous avons fait à certains moments. Ce que nous avons fait, par exemple, entre le 1er et 8 décembre de l’année dernière, j’y reviendrai. Il fallait changer en profondeur.

Mais, avec Laurent Nuñez, ce que nous avons voulu aussi, c’est qu’il y ait une méthode différente.

Il y a, bien sûr, les expériences : les femmes et les hommes en responsabilité du ministère qui savent et proposent au ministre un certain nombre d’orientations.

Mais, entre le 1er et 8 décembre, nous avons fait quelque chose de différent, nous avons réuni l’ensemble des partenaires sociaux de la police nationale. Nous avons réuni des cadres, des CRS, des cadres de la gendarmerie nationale pour tester avec eux nos approches, nos stratégies, avant de les changer en profondeur. C’est ça, la gestion immédiate dans le dialogue, dans la concertation.

L’exercice qui nous rassemble aujourd’hui est un exercice différent.

Nous avons géré en temps chaud l’urgence, la réaction, mais nous devons réfléchir aussi à ce que doit être la police et la gendarmerie de demain. Ce sera le cadre du travail que nous mènerons pour le livre blanc, dont nous ouvrirons les perspectives dans quelques semaines.

Mais c’est aussi ce que nous devons faire sur le maintien de l’ordre républicain.

Nous devons travailler, compte tenu des évolutions sur lesquelles je reviendrai, et construire ensemble des réponses adaptées.

L’exercice n’est pas simple, parce que maintenir l’ordre républicain, c’est résoudre un paradoxe.

Le paradoxe entre la nécessaire sécurité, qui implique un cadre, des consignes, des principes. Qui implique aussi naturellement de les faire respecter. Quand je parle de sécurité, de protection : je parle de sécurité pour tous, manifestants ou non.  Je suis convaincu qu’il n’y en a pas qui nécessitent d’être plus protégés que d’autres. J’y suis très attaché, et, il y a quelques mois, le 17 novembre, la première instruction que j’ai donnée au matin était d’envoyer nos forces, policiers et gendarmes, partout en France au plus près des ronds-points pour assurer la sécurité des manifestations.

De l’autre côté, l’autre élément de ce paradoxe que j’évoquais à l’instant, c’est que le maintien de l’ordre républicain doit être construit sur le principe de la protection des libertés, de la liberté de manifester, de la liberté de contester, de la liberté de s’exprimer.

Ce paradoxe, nous devons sans cesse le résoudre, l’appréhender, mais aussi, et c’est l’exercice que nous ouvrons aujourd’hui avec vous, l’étudier.

Nous devons trouver un équilibre, et je crois que la France s’y est toujours illustrée.

Notre pays a vu l’histoire du maintien de l’ordre s’écrire avec celle de la République. Il l’a accompagnée en passant de la troupe à des unités spécialisées. Il l’a accompagnée en tirant sa doctrine des événements du 6 février 1934 quand la République a tenu mais que le sang a coulé sur les pavés de la capitale.

Notre maintien de l’ordre est républicain, parce qu’il est protecteur et encadré, parce qu’il répond à des règles très strictes et qu’il est mené par des policiers et des gendarmes formés.

Et par ce souci d’équilibre et de formation, la France s’est fait un nom en termes de maintien de l’ordre. Dans la gendarmerie, par exemple, je pense au centre de formation de Saint-Astier qui entraîne des personnels de nombreux pays. Notre savoir-faire est reconnu et la France fait figure de modèle.

Mais aujourd’hui nous sommes arrivés à un constat : les termes du paradoxe du maintien de l’ordre ont changé et il nous faut donc nous adapter.

Ces changements, vous les avez en tête. J’y reviendrai. Ils sont apparus au grand jour lors des manifestations de ces derniers mois. Ils ont provoqué les interrogations, suscité les craintes et déchaîné les passions.

Ils ont rappelé que le maintien de l’ordre républicain était un objet éminemment politique et en aucun cas seulement technique.

Mais nous ne devons pas céder à la tentation de l’immédiateté et croire que la physionomie et le comportement des foules ont évolué du jour au lendemain. Rien n’est plus faux, et l’on peut identifier à mon sens plusieurs jalons de cette mutation profonde.

D’abord, regardons d’où nous partons.
Nous partons d’une volonté claire et affirmée de ne pas causer de dommages physiques et d’éviter par tous moyens la mort. C’est une constante à laquelle les autorités publiques, les forces de l’ordre, les policiers et les gendarmes sont profondément attachés, c’est une évidence. C’est sur ce fondement qu’a été maintenu l’ordre lors des manifestations et des contestations de mai 68. C’est ce qui explique cette indignation profonde et légitime en 1986 à la mort de Malik Oussekine.

Ma conviction est que nous ne devons pas l’oublier ; et que nous devons garder en tête, comme guide commun à toute doctrine, que la République doit tout faire pour préserver la vie.

Je veux que nous nous rappelions, aussi, cette période encore récente où le dialogue entre les forces de l’ordre et les organisateurs des cortèges pouvait certes être parfois tendu, mais était toujours intense, toujours respectueux, toujours soucieux de la sécurité de chacun : manifestants, habitants, commerçants, et forces de l’ordre.

Et c’est grâce à ce dialogue que près d’un million de Français ont pu défiler dans la rue, sans heurts, en 1984 pour l’école libre et qu’ils étaient encore 1 million dans la rue, sans heurts, lors des grèves de 1995.

Au fur et à mesure du temps, depuis la fin des années 90, ce dialogue s’est perdu et plutôt que l’assurance d’une liberté, il est de plus en plus perçu par les manifestants comme illégitime et intrusif.

Alors, nous devons nous interroger. Nous poser une question simple : qu’est-ce qui fait qu’un million de personnes pouvaient défiler sans danger en 1995 et que, 25 ans plus tard, quelques milliers de personnes peuvent blesser et défigurer la capitale ?

Le premier jalon du changement, je le place hors de France, à Seattle, lors du sommet de l’OMC en 1999 et immédiatement après, à Gênes, en 2001 pour le sommet du G8.

À ces occasions, la contestation a refusé tout dialogue. Elle a visé les forces de police, elle a créé des violences, elle a cherché et revendiqué l’anarchie. Au cœur des manifestations pacifiques, des individus se sont immiscés et ont montré au grand jour une méthode désormais bien connue : celle des blacks blocs. Le black bloc, où à un instant t, des individus portent le noir pour se reconnaître, se regroupent en nombre, attaquent violemment et se dispersent aussitôt.

Le deuxième jalon nous ramène à nos frontières, en 2009.

C’était il y a dix ans la technique du black bloc s’illustre alors tristement en France. C’était en marge du sommet de l’OTAN à Strasbourg. Il n’y avait pas de revendication, il n’y a pas eu le moindre remords, et pourtant des individus ont incendié et saccagé tout un quartier de Strasbourg.

Le troisième jalon, selon moi, c’est Sivens.

La crise de l’ordre public se déplace. Elle ne se concentre plus seulement dans les grandes villes et la rue mais aussi, dans  les territoires et autour de zones à défendre – dans des scènes qui frôlent la guérilla entre forces de l’ordre et manifestants. Sivens, dont je n’oublie pas qu’il fut le théâtre dramatique de la mort d’un manifestant. Une mort de trop, évidemment. Une mort qui nous a poussés à réfléchir aux armements et à leur utilisation.

Le quatrième jalon que je distingue aujourd’hui, c’est à partir du milieu des années 2010.

Ce sont les années où les violences se sont faites plus systématiques. Et de la « Manif pour tous » aux lois El Khomri, en passant par les 1er mai 2017 et 2018, les violences sont devenues de plus en plus régulières, les velléités de s’affranchir du cadre entendu avec les forces de l’ordre de plus en plus fréquentes presque systématiques. Et ce quatrième temps de la mutation de l’ordre public a aussi été, et je veux le souligner, celui de l’image. La médiatisation des violences est devenue totale, les caméras attendent quelquefois goulûment les heurts, et les casseurs impatiemment leur heure de gloire. La télévision en continu et les réseaux sociaux changent tout. Tout est suivi en direct, toutes les images se valent, même les plus indécentes, même celles, fallacieuses, qui tordent et trompent la réalité.

Le dernier jalon de la mutation, enfin, c’est celui que nous avons connu ces derniers mois, celui des débordements lors du mouvement des gilets jaunes. C’est la dernière étape, celle où la violence est plus forte, plus vive, plus insurrectionnelle.

Celle où l’on s’en prend indifféremment aux biens, aux institutions, aux personnes. C’est l’étape où 1900 policiers et gendarmes sont blessés. Où la préfecture du Puy-en-Velay est incendiée. Où des immeubles, au cœur même de Paris, sont ravagés.

Alors, l’heure est au diagnostic. En gardant en tête les évolutions successives charriées par ces cinq jalons des 20 dernières années, qu’observe-t-on ?

D’abord, un marqueur : la violence. Des petits groupes d’individus brutaux, n’ayant parfois aucun rapport avec les manifestations, s’immiscent dans les cortèges et sèment la terreur. Ils tentent de retourner la foule à leur avantage, de lui faire prendre fait et cause en leur faveur et l’instrumentalisent, en réalité, pour en faire leur bouclier humain.

Ensuite, il y a la radicalisation : des débordements de plus en plus forts, des escalades de plus en plus rapides, presque instantanées, dès le début de la manifestation – nous l’avons connu à Montpellier il y a une dizaine de jours, par exemple.

Tout est prétexte à destruction, tout est prétexte à agression : les commerces, bien sûr. Les institutions et tout ce qui incarne la République, l’État et l’ordre, aussi. Les policiers, les gendarmes, les sapeurs-pompiers, les élus, les journalistes, également. Je note aussi la multiplication des lieux et des méthodes pour casser et faire mal.

Il y a enfin, et j’y reviens : les nouveaux médias. L’hypermédiatisation d’une part ; et l’utilisation des réseaux sociaux, d’autre part. Réseaux sociaux, sur lesquels les groupes violents s’appuient, avec lesquels ils s’organisent, et diffusent toutes formes d’images, de rumeurs et de propagande.

Nous devons donc répondre.

Répondre, comme le demandent le Président de la République et le Premier ministre.

Répondre, comme l’attendent les Français.

Répondre, pour que l’ordre républicain soit garanti partout et pour tous.

Répondre, et nous avons déjà beaucoup fait. Notre doctrine et nos moyens ont évolué, en particulier ces derniers mois.

Aux jalons de la violence, nous avons répondu par les jalons de l’ordre républicain.

Le premier d’entre eux, c’est Notre-Dame-des-Landes. Il s’agissait d’une crise grave, une crise au cours de laquelle plus de 100 gendarmes ont été blessés mais d'une crise surmontée et qui a permis des avancées fortes pour le maintien de l'ordre avec l’utilisation de technologies plus modernes comme des drones et une judiciarisation plus rapide, plus systématique, plus efficace.

Le deuxième jalon, c’est décembre 2018.

Je l’ai évoqué dans mon propos, face à des individus violents plus mobiles et plus offensifs. Nous changeons en profondeur notre doctrine, nous mettons un accent sur le renseignement pour collecter en amont des informations et pour identifier les volontés de certains groupes. Nous passons des consignes de réactivité, de mobilité, d’autonomie accrue de nos forces sur le terrain. Nous intégrons dans nos méthodes de maintien de l’ordre des méthodes anti-émeutes, car il fallait se rendre à la réalité de ce qu’affrontaient nos forces de l’ordre.

Enfin, le troisième jalon de l’ordre républicain, je le situe il y a quelques mois, en mars et avril 2019, quand nous avons renforcé, encore, le changement de doctrine important mené en décembre.

Sur la décision du Premier ministre, une série de mesures nouvelles ont été annoncées.

Nous avons demandé une dispersion systématique et immédiate des individus violents, afin qu’ils ne puissent pas se regrouper et commettre leurs exactions.

Nous avons, avec la loi contre les violences dans les manifestations, créé de nouveaux outils pour prévenir en amont les violences et sanctionner plus facilement les auteurs.

A l’heure d’un premier bilan, je peux vous dire que ces évolutions ont montré leurs effets.

Je veux ici saluer les forces de l’ordre, qui ont mené une mission éprouvante, samedi après samedi. Elles ont été des exemples de professionnalisme, de maîtrise et de sang-froid. Et malgré la violence extrême à laquelle elles ont été confrontées, le pire a été évité. La République n’a pas vacillé. L’ordre républicain a tenu. Nous avons montré nos capacités d’anticipation et prouvé aux auteurs que nous savions les identifier, les interpeller et les livrer à la justice.

Il n’y a, il faut le dire, que très peu de violences, parmi celles que vous avez en tête, parmi les plus choquantes, parmi celles qui ont été diffusées par les médias, pour lesquelles il n’y a pas eu d’interpellation d’auteurs. Et nous les avons mis à la disposition de la justice. Je pense par exemple aux responsables du sac de la barrière de péage de Narbonne qui ont été identifiés et arrêtés par nos gendarmes, et je m’y rendrai cet après-midi. Je pense encore à deux des auteurs de l’incendie du centre de finance publique de Nîmes : ils croyaient pouvoir impunément y jeter des cocktails molotov : ils ont été identifiés et arrêtés par nos policiers.

Mais, aujourd'hui, nous avons besoin d’aller plus loin.

Nous devons lancer un regard calme sur les derniers mois et ces 20 dernières années.

Nous ne devons pas non plus oublier que notre doctrine de préservation des dommages humains a fait ses preuves. Il n’est pas question de renoncer à cette exigence fondamentale. Mais face à une menace qui évolue, nos méthodes et nos outils, eux aussi, doivent évoluer.

C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité que nous réfléchissions à un schéma national du maintien de l’ordre adapté à ces nouveaux défis.

Ce schéma, c’est l’étape suivante de notre changement de notre doctrine. Après les changements à chaud de décembre et de mars, qui étaient alors indispensables, ce temps est celui de la réflexion, de la consultation.

Nous sommes donc en train de mener un travail vaste en interne. Nous échangeons évidemment avec la direction générale de la police nationale, avec la direction générale de la gendarmerie nationale, avec la préfecture de police. Nous menons un dialogue permanent avec les organisations syndicales, il se poursuivra.

Surtout, nous interrogeons les spécialistes et ceux qui pratiquent le maintien de l’ordre sur le terrain. J’ai demandé un vaste retour sur expérience des troubles de ces derniers mois, afin de pouvoir adapter notre stratégie aux méthodes des casseurs et anticiper leurs changements de méthodes.

Mais pour bâtir ce schéma national de maintien de l’ordre, nous ne pouvions pas rester entre nous. C’est la raison de ce séminaire : nous devons voir au-delà de l’expertise réelle du ministère, nous ouvrir à d’autres corps de métiers, d’autres perceptions, d’autres manières de raisonner que celles qui sont les nôtres. Je remercie donc les experts présents aujourd’hui de bien vouloir nous apporter leurs connaissances, leurs expériences, leurs regards.

C’est la raison pour laquelle, aussi, j’ai souhaité mener une réflexion résolument portée vers l’international et je remercie tous les représentants des délégations étrangères qui ont bien voulu se joindre à nous.

En Allemagne, en Espagne, aux Pays-Bas, les mêmes défis existent. Nous devons tous y répondre. Alors, inspirons nous des bonnes pratiques, partageons-les. J’attends beaucoup de vos travaux. Je vous demande donc une liberté de ton totale, je vous demande de la franchise, des idées surtout si elles sont disruptives ou audacieuses.

D’abord j’aimerais entendre vos perceptions des enjeux de communication. Je pense à la communication envers les manifestants, à la question de la médiation et du dialogue en amont. Je pense à la communication entre le commandement et les forces sur le terrain. Je pense aussi à la communication externe, à celle que nous devons faire envers le public, envers les Français qui ne manifestent pas. 

Ensuite, j’aimerais connaître votre perception sur la question de l’usage de la force, sur nos armements et sur ce que certains appellent les « violences policières ». A ce propos, j’aimerais rappeler quelques vérités car mes propos ont été trop souvent tronqués. Car c’est devenu un sport, de prendre un petit bout de phrase et vouloir faire le procès du ministre ou du secrétaire d’État alors même que nous n’avons jamais varié sur ces sujets, alors même que nous avons toujours posé comme postulat qu’un blessé, qu’il porte un gilet jeune ou un képi bleu, était toujours un blessé de trop. Mais que cela soit clair, ce n’est pas parce qu’il y a blessure, qu’il y a faute. Le maintien de l’ordre est une réalité dure, parce que le désordre est une réalité dure. On parle de coups portés, d’émeutes contenues. On parle d’armes intermédiaires et de projectiles lancés.

On ne répond pas à des cocktails molotov avec de bons sentiments.

On ne protège pas l’ordre républicain avec des mots doux.

On peut vouloir faire croire que tirer au LBD serait une violence policière, que lancer une grenade de désencerclement serait une violence policière, qu’utiliser une matraque serait encore une violence policière ; mais ce serait oublier les circonstances et le cadre d’emploi.

C’est cela la réalité : tout le reste, c’est de la polémique.

Or, nous devons assumer à la fois la réalité et nos responsabilités : c’est ce que je fais à la tête de ce ministère.

On ne parle pas de bandes rivales face à face : on parle des garants de l’État, titulaires de la force publique, contre des individus violents, déterminés à casser. Mais j’aimerais que l’on entende la totalité de mon propos.

Parce qu’il y a des risques, il y a un encadrement très strict de la loi. Il y a des formations. Il y a des règles. Des règles, qui doivent être respectées à la lettre par les forces de l’ordre. Et si elles ne le sont pas, nous l’avons dit à plusieurs reprises avec Laurent Nuñez, il y aura des enquêtes et il y aura des sanctions.

Mais ce n’est pas aux internautes, ce n’est pas aux journalistes, ce n’est pas aux commentateurs, ni même à moi d’établir les faits et les responsabilités. C’est à la justice et à la justice seule.

Et, bien sûr, je sais que nous pouvons nous améliorer. J’ai besoin de vos idées, de vos connaissances, de votre perspective, de votre sentiment des évolutions technologiques et surtout de votre imagination pour trouver les moyens de répondre fermement à une violence débridée, tout en préservant au maximum l’intégrité physique des personnes – y compris de celles et ceux qui provoquent les débordements.

J’aimerais également connaître votre perception sur la question de la judiciarisation, qui me semble au cœur de notre crédibilité.

Enfin, et c’est ma dernière remarque, j’aimerais que l’innovation soit votre mot d’ordre. L’innovation technique et technologique bien sûr, mais l’innovation dans nos méthodes aussi, dans notre communication, dans nos interactions, dans notre commandement.

Mesdames et messieurs,

Le cahier des charges est lourd, je le sais. Il est difficile, mais il correspond à un enjeu de transformation en profondeur de notre société, de la violence dans notre société et dans les manifestations.

Je compte sur vous et j’attends avec impatience vos contributions.

Merci beaucoup.