COVID 19 : Le « vaccinobus », un dispositif innovant à destination des habitants des territoires ruraux

Publié le 15/04/2021
Vaccinobus

Un objectif de 4 000 personnes vaccinées d'ici juin

L’organisation et la maintenance millimétrée du vaccinobus est le fruit d’une étroite collaboration et communication entre la préfecture de la Côte-d’Or, l’association départementale de protection civile (ADPC), et l’association des maires de Côte-d’Or (AMF21).

« Cette idée du vaccinobus est venue d’une proposition faite par l’ADPC, qu’on a prise très au sérieux, et qu’on a mise en œuvre rapidement, pour compléter nos 18 centres de vaccination dans le département. En mars, le vaccinobus a déjà couvert 195 communes, et a permis à 2 000 personnes d’être vaccinées. En avril, nous ferons les deuxièmes injections. Toute personne primo-injectée à une garantie de rappel. En mai et juin, nous reconduirons l’opération. L’objectif du vaccinobus, c’est d’aller vers les personnes les plus isolées, soit parce qu’elles vivent dans des communes éloignées des centres de vaccination ou rencontrent des problèmes de mobilité, soit parce que leur état de santé ne leur permet pas de se déplacer », déclare le directeur de cabinet de la préfecture de Côte-d’Or, Danyl Afsoud.

Ancienne bibliothèque itinérante de la protection civile, elle a été utilisée pour l’enseignement des gestes qui sauvent aux enfants du département. L’aménagement de ce véhicule, devenu vaccinobus, a entièrement été financé par l’État. Le dispositif a coûté 20 000 euros, comprenant notamment la création de l’habillage du vaccinobus, aux couleurs de la préfecture de Côte-d’Or, respectant la charte graphique COVID-19 du Gouvernement. L’objectif de ce vaccinobus ? Sillonner le département de la Côte-d’Or pendant quatre mois, cinq jours sur sept, à la rencontre des habitants, éloignés des centres de vaccinations, ou ne pouvant se déplacer.

Personnes en attente du vaccin

Un transport sous haute surveillance

On dit que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. Même très tôt. Ce mardi matin, les membres de l’ADPC sont déjà sur le pont. Briefer l’équipe bénévole sur la mission du jour, préparer le matériel médical, sortir la glacière contenant les doses si précieuses du vaccin Pfizer/BioNtech du coffre-fort réfrigéré, conservée dans un endroit tenu secret. Départ du convoi et du vaccinobus à 5 heures du matin sous haute surveillance, en direction de la commune de Précy-sous-Thil, à 70 kilomètres au nord-est de Dijon. L’énergie, la dévotion, et la bonne humeur des équipes sont palpables. Ce ne sont pas les heures de gardes hospitalières et les nuits blanches travaillées, qui vont entacher la motivation des jeunes infirmiers et secouristes présents. Leur mission commune : participer à l’effort national et vacciner de 8 heures à 18 heures, plus d’une centaine de personnes, âgés de 70 ans et plus, ou celles de plus de 50 ans, éligibles à la vaccination, et présentant un risque accru de développer une forme grave du Covid-19.

Transport du vaccin

À l’arrivée du convoi à 6h30, certains s’activent déjà pour transformer le bus en vaccinobus et brancher notamment le réfrigérateur pour accueillir les vaccins pour ne pas briser la chaîne du froid. Progressivement, le camion devient à la fois une salle d’attente, un box de vaccination, et une salle de consultation médicale.

Derrière ce dispositif déployé par la préfecture de Côte-d’Or et l’ADPC, une logistique bien rodée : « Nous avons reçu la liste de personnes à vacciner jeudi dernier. La commande est ensuite passée à la pharmacie centrale de l’hôpital de Dijon. Nous récupérons le nombre de doses nécessaires pour aujourd’hui, en lien avec les données de la préfecture de la commande », explique le président de l’ADPC de la Côte-d’Or, Patrick Pétot de Min.

Quelques minutes avant le top départ de la vaccination à 8 heures, Célia, Wenceslas et Thibaut, les trois infirmiers bénévoles de cette mission, ont veillé à séparer les premières doses : « Dans chaque flacon, il y a six doses, donc six vaccins. Grâce à un protocole particulier, on sait précisément la quantité à extraire du flacon. Nous avons des rendez-vous vaccinaux toutes les dix minutes », expliquent-ils.

« La vie va pouvoir reprendre »

Josette, 81 ans monte dans le vaccinobus et s’assoie en salle d’attente, face à la campagne. « J’ai rendez-vous à 10h40, c’est la mairie qui m’a inscrite », dit-elle, le sourire aux lèvres. Elle est accueillie par un secouriste de l’ADPC, qui la prend en charge rapidement. Après une prise de température, quelques renseignements sont demandés à la patiente : sa carte vitale, si elle a réalisé un test PCR dans les trois derniers mois, si elle a été vaccinée récemment pour une autre pathologie. Après cette étape administrative, Josette est ensuite reçue en consultation par un médecin. Celui-ci discute avec elle, lui prend sa tension artérielle, et enregistre le dossier administratif de la patiente sur le site de la sécurité sociale. Josette s’installe dans une petite pièce du vaccinobus, où un infirmier diplômé d’état de l’ADPC procède à la vaccination. « Je n’ai rien senti ! », s’exclame-t-elle, en sortant du box. Encore une dernière étape : celle de la surveillance médicale pendant 25 minutes, où un secouriste de la protection civile veille la personne : « Et voici madame, votre prochain rendez-vous ici-même, le 27 avril, à la même heure pour le rappel vaccinal et la deuxième dose ».

Quelques mètres plus loin, dans une voiture, Odette, 92 ans, est venue, elle aussi, se faire vacciner à 11h30. Accompagnée de sa famille, elle ne peut se déplacer. Alors, ce sont les équipes de l’ADPC qui viennent à elle. Tout est réalisé à bord du véhicule : l’étape administrative, la consultation médicale, la vaccination, et la surveillance médicale avant le retour à domicile. « Je me sens vraiment soulagée. J’étais embêtée par toute cette situation. J’en étais malade », raconte-t-elle très émue. « Je suis heureuse, elle va pouvoir revoir ses petits-enfants et arrières petits-enfants. La vie va pouvoir reprendre », confie sa fille.

Le jour du passage du vaccinobus dans une commune, l’équipe de l’ADPC, accompagnée d’un médecin peut également se déployer à domicile pour vacciner les personnes alitées et dépendantes.

« Dès que j’ai su qu’un vaccinobus sillonnerait le département, j’ai mobilisé tous les conseillers municipaux. Je voulais m’assurer que toutes celles et ceux qui voulaient être vaccinés puissent l’être. Nous avons téléphoné à chaque habitant pour effectuer un recensement, et nous avons fait du porte-à-porte. Grâce à ce travail, 90 % des personnes de 75 ans et plus seront vaccinées à Précy-sous-Thil », confie la maire de la commune, vice-présidente du département de Côte-d’Or Martine Eap-Dupin. À la suite de ce recensement, l’équipe du bureau de la sécurité civile de la préfecture, avec l’appui de l’ADPC, a inscrit les administrés - pour ceux qui n’avaient pas internet - sur Doctolib pour un rendez-vous vaccinal. Au total, sur la journée de mardi 30 mars, 134 personnes de la commune de Précy-sous-Thil ont reçu leur première dose de Pfizer.

Personne vaccinée

Le vaccinobus va poursuivre sa route, du mardi au samedi, jusqu’en juin, à travers les 698 communes du département. Il prévoit ainsi de vacciner 4 000 personnes et de couvrir 195 premières communes en mars et avril, et probablement autant d’autres en mai et juin.

Sur la route depuis le 10 mars, le vaccinobus part à la rencontre des habitants de la Côte d'Or pour vacciner les plus de 70 ans contre la Covid-19. Dispositif innovant mis en place par la préfecture et l'association départementale de protection civile, le vaccinobus prévoit de vacciner 4000 personnes. Pour voir le reportage vidéo, cliquez ici !

Imprimer
Partager

Découvrir d'autres articles sur le thème : Territoires

Document administratif sur les jeux de course
16 septembre 2021

Appel à candidatures auprès des communes désireuses d’accueillir 
des…

Jardin du ministre de l'Intérieur
16 septembre 2021

Journées européennes du Patrimoine du ministère de l'Intérieur

Etats généraux de la laïcité
05 mai 2021

États généraux de la laïcité : des initiatives locales partout en France