Un été au cœur de la brigade nautique de la Police nationale de Toulon

Publié le 27/08/2021
Le bateau de la brigade nautique de la police nationale de Toulon

Depuis trois ans, pendant la saison estivale le brigadier-chef David est détaché à la brigade nautique de Toulon. Il dirige l’équipage du Tara pour des missions en mer d’une grande variété.

Jumelles en main, David, détaché à la brigade nautique de la direction départementale de la sécurité publique du Var (DDSP 83) depuis 2004, inspecte les quelques bateaux qui sortent du port de Porquerolles. Les règles de navigation y sont rigoureuses, et les autorités sensibilisent à la sécurité les pratiquants de loisirs nautiques et les plaisanciers dans la bande des 300 mètres du littoral, celle où se concentrent tous les usagers de la mer.

Quelques minutes plus tard, le Tara file à 22 nœuds vers un petit bateau à moteur de plaisance avec cabine aménagée avant que ne retentisse un coup de sifflet strident suivi d’une sommation :
« Monsieur, vous êtes en excès de vitesse, stoppez vos moteurs ! » En mer aussi, les policiers multiplient les contrôles des règles de bonne conduite et les limitations de vitesse des bateaux de plaisance et des jet-skis. « On assiste depuis deux ans à un développement considérable du tourisme nautique. Malheureusement certains manquent manifestement d’expérience ou ignorent toutes les règles », regrette le brigadier-chef de police David. Le pilote et sa passagère s'en tirent à bon compte avec un avertissement. Ce n'est pas le cas du loueur de bateau qui devra expliquer aux policiers l'absence à bord d’une carte de circulation à jour. La radio crépite soudain : appel du Centre régional opérationnel de survie et de sauvetage Méditerranée. « Cross Med à tous, un plaisancier a accroché un haut-fond avec sa quille, position 6 degré est ». Le collègue de David répond immédiatement :
« Ici Tara, nous sommes à proximité, nous nous rendons sur les lieux ». Arrivés sur place, à la plage des Salins, à proximité de Saint-Tropez, force est de constater qu’un remorquage par un bateau spécialisé sera nécessaire.

Des contrôles de tous ordres

Quelques milles plus loin, un bateau très rapide et maniable à propulsion hydraulique est surpris à circuler à la Pointe Sainte-Anne malgré l’interdiction. Les îles de Hyères et de Port-Cros bénéficient du statut « Cœur de Parc national » : la réglementation des activités nautiques est très stricte. « Par exemple, de la passe de Bagaud jusqu’à la pointe de la Galère, le mouillage est interdit afin de préserver les herbiers de posidonie » ajoute le capitaine de la vedette de la Police nationale.
La plongée est aussi réglementée. Chaque plongeur individuel ou chaque établissement de plongée doivent, chaque année, signer le règlement à la Maison du Parc national avant d'effectuer sa première plongée dans les « cœurs marins » du Parc national de Port-Cros.

L’occasion pour les policiers d’échanger cet après-midi avec la capitainerie et les agents du parc et de repérer, peu après, une embarcation contenant plusieurs plongeurs en formation. La manœuvre d’approche s’exécute : « Trois mètres… deux mètres… un mètre… stop ! » Bubu, le troisième policier de l’équipage, saute sur le bateau pneumatique pour contrôler le matériel de sécurité et de secours obligatoire.

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Contrôle par les policiers d'un club sportif de plongée

À peine de retour à bord, une activité de bouée tractée est repérée. « Plote-le d’abord(1). Mets-lui un coup de deux-tons (2). On va le prendre sur tribord, casse ton erre (3)». Les ordres du brigadier-chef s’enchaînent pour son collègue Philippe, actuellement en formation. David, loin d’être un vieux loup de mer, a néanmoins près de dix-sept ans de navigation, ayant effectué son service militaire en Gendarmerie maritime à Toulon, dans une unité embarquée. Il en a gardé d’ailleurs le physique et la rigueur. Mais c’est surtout un policier qui, hors saison estivale, travaille en brigade de roulement au commissariat de Toulon dans lequel il retrouve ses autres missions, entre procédures judiciaires et celles administratives.

Une multiplicité de missions

Car les missions de la vedette Tara se multiplient depuis l’inauguration de ce bateau en juin 2018 (un investissement de 186 000 euros), notamment pendant la saison estivale qui s’étend du 15 juin au 15 septembre. Si Toulon reste son port d‘attache, un ponton militaire à Port Pothuau (Hyères) est également mis à disposition. De quoi rayonner donc en toute autonomie autour des îles situées, en zone police, dans l’aire toulonnaise : de Saint-Raphaël à Bandol (avec des missions ponctuelles dans les Alpes-Maritimes), par tous temps, jusqu’à quatre mètres de vagues. La nécessité de cette unité paraît indispensable sur le littoral : des opérations conjointes avec le groupement de la Gendarmerie maritime jusqu’aux voyages officiels, sans oublier l’action de l’État en mer sous l’autorité du préfet maritime de la Méditerranée.

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Transport de policiers sur le bateau pour opération de sécurisation à Porquerolles

L’équipe du Tara transporte, le lendemain, quatre policiers pour une opération de sécurisation sur l’île de Porquerolles où le nombre de touristes bat un record cette saison. Finalement, pas de sortie en mer pour les jeunes des centres de loisirs jeunesse : cette initiative organisée par la police a été annulée, la Covid-19 ayant frappé certains d’entre eux.

De toute façon, le vent commence à se lever en cette fin de journée et un retour à la base est envisagé. Le chef d’équipage se veut rassurant : « J’adore la tempête ! Me confronter aux éléments qui se déchainent, cela me rappelle la force de nature » !

(1) Terme de navigation maritime qui signifie « tracer », par radar satellite, la position précise du bateau sur une carte électronique.
(2) Faire retentir la sirène du bateau.
(3) L’erre est la vitesse résiduelle du navire lorsqu’il n’y a plus de propulsion.

 

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