La ministre déléguée Marlène Schiappa présente ses mesures pour protéger les clients des lieux festifs des attaques au GHB

Publié le 21/02/2022
Lancement de la campagne de lutte contre le GHB

Derrière le hashtag #Balancetonbar émergent des témoignages de personnes droguées dans un bar, une boîte de nuit, ou en soirée. Dans la plupart des cas, les victimes racontent avoir été droguées à leur insu au GHB et ne plus se souvenir de ce qu’il s’est passé. « Quelques gouttes de produit versées dans un verre et c’est le trou noir ».

« C’est une première en France », dévoile la ministre déléguée en charge de la Citoyenneté. « Sur les réseaux sociaux, il y a beaucoup d’appels à l’aide. Nous voulons sortir de la solitude les victimes droguées à leur insu, il faut renverser la honte.
Peu importe l’heure, le tchat gratuit peut être activé jour et nuit, sans décliner son identité »
, détaille Marlène Schiappa, en collaboration avec la mission interministérielle contre les drogues et l’Union des métiers et des industries de l’Hôtellerie (Umih).

Le GHB qu’est-ce que c’est ?

Le GHB (acide gammahydroxybutyrique) est un produit incolore et inodore qui se présente sous la forme de poudre ou de liquide. A l’exception d’un usage médical, le GHB est classé dans la liste des stupéfiants dont l’usage est interdit car à une certaine dose il devient un puissant somnifère et amnésiant dont les effets se font sentir 2 à 4 heures après l’avoir ingéré (trou noir).

Dans les bars, les boîtes de nuit ou au cours de soirées, des personnes profitent du contexte festif pour mélanger du GHB à la boisson de leur victime à leur insu, pour altérer volontairement leur discernement ou le contrôle de leurs actes et ce, afin de commettre des vols, des agressions, des abus sexuels ou des viols.

Marlène Schiappa est mobilisée pour protéger les femmes et la loi du 3 août 2018 qu’elle a portée reconnaît juridiquement la gravité de cette pratique :

L’usage de la « drogue du violeur » constitue désormais une circonstance aggravante en matière de viol et d'agressions sexuelles. Pour un viol commis dans cette circonstance, la peine a été portée à 20 ans de réclusion criminelle.

Celui qui filme et/ou diffuse une scène où l'on voit une personne délivrer du GHB à une autre est également susceptible d’être incriminé soit comme complice du délit d'administration, soit comme auteur du délit de diffusion prohibé par l’article 222-33-3 du Code pénal.  

1. Directives aux forces de sécurité intérieure en cas de suspicion d’attaque au GHB

En cas de suspicions de consommation de GHB, les forces de sécurité devront systématiser les prélèvements pour détection de toxicologie pour les victimes qui seraient par exemple retrouvées inconscientes et conduites à l’hôpital ;

Un examen gynécologique, un prélèvement ADN, l’isolement des vêtements… sont des mesures encouragées (protocole viol) en cas d’agression physique ou sexuelle avec suspicion d’administration de GHB ;

La plateforme arretonslesviolences.gouv.fr permet aux victimes de signaler tout abus auprès des forces de sécurité intérieure et de dialoguer en ligne avec elles, 24h/24h 7J/7j.

2. Sensibiliser les professionnels de la nuit ou organisateurs de soirée

Afin de lutter contre ce fléau, des partenariats locaux avec les professionnels de la nuit pour une meilleure sensibilisation, formation et prévention (l’UMIH associera les forces de sécurité intérieure à la sensibilisation de ses professionnels, en fonction des besoins) vont être développés.

Un guide pratique à destination des professionnels des établissements de nuit recensant les réflexes à avoir et les démarches à effectuer a été édité par le ministère de l’Intérieur.

  • Sensibiliser la clientèle en communiquant sur les risques (affichage sur carte des consommations, sets de table, verres, sous-verres, protections de verres) ;
  • Sensibiliser le personnel :
    • Ne pas laisser les verres sans surveillance ; 
    • Etre vigilant devant des comportements évoquant l’ivresse ou l’état de sommeil ;
    • Etre vigilant sur ce qui se passe dans les endroits isolés (toilettes, extérieurs);
    • Etre vigilant à propos de la circulation ou manipulation de fioles, seringues, poudre ;
    • Etre vigilant avec les personnes qui semblent suivre ou accompagner des personnes ivres.
       
  • En cas de malaise
    • En cas de doute conserver la boisson consommée ou le verre vide (afin de pouvoir effectuer des analyses) ;
    • Mettre la personne à l’écart et assurer sa protection, ne pas la laisser seule ;
    • L’interroger sur son état ;
    • La faire raccompagner par une personne de confiance ;
    • Appeler le 18 ou le 112 ;
    • Appeler la police ou la gendarmerie.

 
3. Sensibiliser les clients pour réduire les risques de consommer du GHB à leur insu

Avec l’appui de l’UMIH, un flyer à destination du public sera distribué dans les toilettes et vestiaires des établissements de nuit, et les professionnels seront encouragés à proposer des « capuchons anti-drogue ».

Pour ne pas être victime du « trou noir » du lendemain en ayant consommé du GHB à votre insu il est recommandé de :

  • Surveiller la préparation de votre verre ;
  • Ne pas consommer de boisson dont vous ignorez la provenance ;
  • Ne pas consommer la boisson d’une autre personne ;
  • Ne laissez pas votre verre sans surveillance ;
  • Mettre un cache de protection sur votre verre ;
  • D’avoir un œil sur votre ami(e) si vous notez un changement de comportement (ivresse, somnolence) et de ne le/la laissez jamais seul(e) ;
  • En cas de doute sur un comportement, d’alerter le personnel de l’établissement ou l’organisateur de la soirée.

 

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