Retour sur l’expérience du lieutenant-colonel Ludovic, envoyé au Japon suite à l’accident nucléaire de Fukushima en 2011

Publié le 11/03/2021
Image catastrophe nucléaire de Fukushima

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Le 11 mars 2011, un séisme de magnitude 9,1 sur l’échelle de Richter survient au large des côtes nord-est japonaises. Cela engendrera un tsunami qui touchera les côtes du Japon, notamment là où se trouve la centrale nucléaire de Fukushima. Le tsunami causera le décès de 15 897 personnes, ainsi que le déplacement de 139 000 autres. Rapidement les secours japonais et du monde entier s’organisent pour faire face à cette double catastrophe. Le détachement français part le 14 mars pour le Japon.

Il été composé de 118 personnes dont 63 FORMISC (Formations militaires de la Sécurité civile). À leurs côtés, étaient présentes des sapeurs-pompiers de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris, des sapeurs-pompiers des services d’incendie et de secours des départements (SDIS) 13, 77 et 84, des sapeurs-pompiers de Monaco, ainsi que deux spécialistes du SPRA (service de protection radiologique des Armées) et un ingénieur de l'IRSN (institut de radioprotection et de sûreté nucléaire).

Sur place, la mission s’est déroulée en 2 phases principales :

  • une phase de sauvetage-déblaiement à Sendaï où s'est produit le tsunami (radioprotection du personnel, sécurisation du convoi ...) ;
  • une phase de déblaiement des villes côtières : au port d’Hachinohé et dans la ville de Misawa en lien avec les GIs américains situés au nord de l'île.

En amont du déploiement, le lieutenant-colonel Ludovic participe à l’élaboration des protocoles de sécurité pour les personnels. C’est une situation inédite car s’il a l’habitude de travailler sur les problématiques de risques nucléaires, c’est la première fois qu’il doit travailler sur des protocoles pour un événement de cette ampleur avec, au regard de la situation, peu d’informations.

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Il arrive à Sendaï pour la 1ère phase de la mission. La ville a été ravagée par le tsunami. Les protocoles de radioactivité sont mis en place. Le lieutenant-colonel, déployé l’année précédente à Haïti, est particulièrement marqué par ce qu’il découvre au Japon : il n’y a aucun survivant sur la zone, le tsunami a tout détruit. Il décrit une ville dévastée où règne un calme étrange et "un silence de mort". Sur place, la mission de sauvetage-déblaiement et le suivi dosimétrique pour faire face à la radioactivité se poursuivent. Sendaï n’est pas localisée à proximité de la centrale ; néanmoins, des traces de radioactivité peuvent être présentes et il faut donc suivre attentivement les protocoles, notamment de décontamination.

Ces derniers sont très rigoureux et la situation sur place pour les personnels est sommaire, à cause du froid et de la neige.

Le détachement est ensuite envoyé, en 2ème phase, dans le nord de l’île, dans la ville de Misawa et le port de Hachinohé. Le lieutenant-colonel intervient ici avec le détachement pour faire du soutien aux populations ainsi que des opérations de déblaiement. Le contact avec la population japonaise se passe bien, l’aide internationale est la bienvenue. Sur place, le détachement est accueilli dans la base américaine des GIs.

Les personnels gagnent ensuite Tokyo ; ils y récupèrent un fret humanitaire et technologique afin de l'acheminer au profit des populations sinistrées comme à Sendaï, ainsi qu’aux sapeurs-pompiers japonais.

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Ce déploiement est différent à bien des égards d’autres opérations à l’international, car les protocoles de décontamination et de suivi continuent après que la mission soit terminée. En effet, le lieutenant-colonel Ludovic nous explique qu’il faut gérer la décontamination du matériel, des déchets, même au retour sur le sol français. Des suivis doivent être effectués, et ils sont d’autant plus complexes car c’est un détachement mixte, de plus d’une centaine de personnes. Le contrôle du matériel doit être rigoureux car malgré toutes les précautions, ce dernier peut potentiellement être contaminé.

En conclusion, pour le lieutenant-colonel "nous n’avons peut-être pas eu la satisfaction de sauver des vies, mais nous avons eu celle de venir en aide à la population". Bien que les questions liées à la radioactivité aient été au centre de toutes les opérations, cette mission reste exceptionnelle et riche d’enseignements. "Peu de gens ont vécu ce que nous avons vécu sur place".

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