Insécurité et délinquance : bilan statistique 2021

Publié le 01/07/2022
courbe statistiques

Le bilan statistique annuel confirme et affine la première photographie de la délinquance en 2021 publiée dès le 27 janvier 2022 dans l’Interstats Analyse n°41.

Comme dans la première photographie, les résultats de la présente publication portent désormais sur le champ France (France métropolitaine et DROM), alors que les bilans statistiques annuels antérieurs se limitaient à la France métropolitaine.

Tout en replaçant les évolutions récentes des principaux indicateurs de la délinquance (y compris les infractions liées à la législation sur les stupéfiants) dans le contexte particulier de la crise sanitaire liée au Covid-19 et dans leurs tendances de long terme, ce rapport fournit des éléments complémentaires sur la caractérisation (âge, sexe, nationalité) aussi bien des victimes déclarées que des auteurs présumés.

Il intègre deux avancées méthodologiques majeures rendues possibles depuis 2016 : la fiabilisation des séries d’homicides et la comptabilisation exhaustive des crimes et délits (i.e. les infractions principales aussi bien que secondaires) enregistrés.

Enfin, ce bilan fournit quatre éléments d’éclairage sur la délinquance enregistrée en 2021 : l’impact sur le suivi des victimes et des mis en cause de la comptabilisation exhaustive, à partir de 2016, des infractions (principales et secondaires) de crimes et délits enregistrés ; l’évolution des délais de dépôt de plainte pour les crimes et délits ; l’impact de la mise en place des amendes forfaitaires délictuelles pour usage de stupéfiants ; la délinquance enregistrée dans les collectivités d’outre-mer.

En 2021, le nombre de victimes d’homicides enregistrés est en hausse (+55 victimes par rapport à 2020) et s’élève à 842 victimes, dont 1 en lien avec un attentat terroriste. Un peu moins d’un tiers des victimes sont des femmes. Les personnes mises en cause sont majoritairement des hommes avec une nette surreprésentation des 18-29 ans. Le taux d’homicides par habitant est plus élevé dans les régions ultramarines qu’en métropole.

On constate en 2021 une forte hausse des coups et blessures volontaires (CBV) sur personnes de 15 ans ou plus enregistrés (+12 %, après +1 % en 2020), notamment dans le cadre intrafamilial (+14 %, après +10 % en 2020), mais aussi hors cadre familial (+9 %, après -7 % en 2020).

Ce type de violence est plus souvent enregistré dans les grandes et très grandes agglomérations. Entre 2020 et 2021, que ce soit dans ou en dehors de la sphère familiale, les coups et blessures volontaires sur personnes de 15 ans ou plus enregistrés par les services de sécurité ont augmenté sur une grande majorité des départements. Si les femmes sont largement majoritaires parmi les victimes de violences intrafamiliales enregistrées (84 %), environ deux tiers des victimes de coups et blessures volontaires enregistrés en dehors du cadre familial sont des hommes. Les auteurs présumés de coups et blessures volontaires sont à 86 % des hommes, respectivement 87 % dans le cadre intrafamilial et 84 % hors cadre intrafamilial.

Les violences sexuelles enregistrées augmentent très fortement en 2021 (+33 %, après +3 % en 2020), tant les viols et tentatives de viols (+32 %) que les autres agressions sexuelles (+33 %).

Dans un contexte toujours marqué par la libération de la parole, et, en 2021, par la mise en place de la loi du 21 avril visant à protéger les mineurs des crimes et délits sexuels et de l’inceste, la part des victimes ayant porté plainte pour des faits datant de plus de 5 ans a augmenté ces dernières années (de 12 % en 2017 à 19 % en 2021), en particulier pour les victimes mineures au moment des faits. Celles-ci sont majoritaires parmi les victimes de violences sexuelles.

La répartition des victimes de violences sexuelles est relativement homogène sur le territoire. Par rapport à 2020, le nombre de victimes enregistrées augmente fortement en 2021 dans l’ensemble des régions françaises, notamment de façon plus marquée (de plus de 40 %), en Guadeloupe, à Mayotte et en Martinique.

Les vols avec violence enregistrés diminuent en 2021

Les vols avec violence enregistrés par la police et la gendarmerie nationale diminuent en 2021 mais de manière moins marquée qu’en 2020, année affectée par la pandémie et deux confinements sanitaires de la population : -2 % pour les vols avec arme, et -6 % pour les vols violents sans arme. Ce type de délinquance concerne surtout les jeunes : en tant que victimes, avec un pic entre 18 et 24 ans, mais aussi en tant qu’auteurs présumés (plus de 8 sur 10 ont moins de 30 ans). Les vols violents sont particulièrement concentrés dans les grandes agglomérations, notamment ultramarines pour les vols avec arme. Leur baisse observée au niveau national en 2021 est surtout appuyée par celles enregistrées en Occitanie et en Ile-de-France pour les vols avec armes, et par celles enregistrées à Paris et en Seine-Saint-Denis pour les vols violents sans arme.

Après une très forte baisse en 2020, les vols sans violence contre des personnes enregistrés augmentent en 2021 : +5 %, après -24 % en 2020.

Ces délits touchent les victimes à partir de l’adolescence, et surtout les jeunes adultes. Comparés aux autres crimes et délits, les vols sans violence mettent en cause davantage de femmes : plus d’un auteur présumé sur cinq est une femme. 31 % des mis en cause pour ce type de vols sont de nationalités étrangères. Ce type de vol se concentre dans les milieux urbains. En 2021, la hausse des vols sans violence est en grande partie portée par la hausse enregistrée dans le département du Rhône.

Après de fortes baisses en 2020, les vols de véhicules sont stables en 2021 et les autres vols liés aux véhicules sont en hausse.

Les vols d’accessoires sur véhicules augmentent de 4 % en 2021 (après -18 % en 2020), et les vols dans les véhicules enregistrent une très légère hausse (+1 %, après –17 % en 2020), mais les vols de véhicules sont stables par rapport à 2020 (après -13 % en 2020). Cette stabilité des vols de véhicules résulte d’évolutions contrastées sur le territoire, notamment dans les départements où ce type de vol est plus fréquent qu’ailleurs: des baisses à Paris, dans le Nord, le Pas-de-Calais, la Gironde ou l’Hérault et des hausses dans le Rhône, la Loire-Atlantique, les Bouches-du-Rhône, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et l’Isère.

Les cambriolages de logements sont stables en 2021 après une très forte baisse en 2020 (-20 %).

Les auteurs présumés sont souvent très jeunes (le quart a moins de 18 ans et 70 % ont moins de trente ans) et près de 40 % des mis en cause sont de nationalités étrangères.

Les cambriolages de logements sont plus fréquents dans les très grandes agglomérations mais les différences entre les villes et les communes rurales sont moins marquées que pour d’autres formes de délinquance. En 2021, la stabilité des cambriolages au niveau national résulte d’évolutions contrastées selon les départements.

Les destructions et dégradations augmentent très légèrement en 2021 (+1 %) après une forte baisse en 2020 (-13 %).

Sur le périmètre restreint aux crimes et délits (hors contraventions), un tiers des victimes de destructions et dégradations volontaires sont des personnes morales. Les victimes personnes physiques sont quasiment toutes majeures. La très grande majorité des auteurs présumés sont des hommes (89 %) et sont plutôt jeunes. Par rapport à d’autres types d’actes de délinquance, les évolutions du nombre de dégradations et destructions volontaires enregistrées entre 2020 et 2021 sont moins hétérogènes entre les départements. L’ampleur de la hausse enregistrée dans les Bouches-du-Rhône contribue pour un tiers de la hausse nationale.

Les escroqueries enregistrées par les services de sécurité sont en très forte hausse en 2021 (+15 %), après une très légère augmentation en 2020 (+1 %).

La victimation connue des services de police et de gendarmerie est significative pour les personnes physiques à partir de 18 ans.  Tous les âges adultes sont exposés y compris les plus de 70 ans alors qu’en comparaison, les vols et les violences sont nettement moins exercés à l’encontre des seniors. Les auteurs présumés d’escroqueries enregistrées sont quasiment tous majeurs et la proportion de femmes (31%) est très supérieure à celles observées pour d’autres types de délinquance. Une partie de ces infractions s’exerçant sur internet, la répartition territoriale des lieux de résidence des victimes d’escroqueries est relativement homogène entre les départements. En 2021, le nombre de victimes d’escroqueries augmente dans la quasi-totalité des départements.

Le nombre de mis en cause pour usage de stupéfiants est en forte augmentation en 2021 (+37 %), celui pour trafic de stupéfiants revient à son niveau de 2019 (+13% après -12 % en 2020).

Les mis en cause pour usage ou trafic de stupéfiants ont entre 13 et 44 ans pour 95 % d’entre eux. Les mis en cause pour trafic de stupéfiants sont en moyenne plus jeunes que ceux mis en cause pour usage de stupéfiants. Ces derniers sont relativement plus nombreux dans les moyennes et grandes agglomérations. Les mis en cause pour trafic de stupéfiants sont eux plus nombreux dans les très grandes agglomérations.  En 2021, la hausse du nombre de mis en cause pour usage de stupéfiants, liée notamment à la mise en place des amendes forfaitaires délictuelles, est quasi-généralisée sur l’ensemble du territoire. Le nombre de mis en cause pour trafic de stupéfiants augmente de plus de 30 % dans 20 départements.

Les données relatives à la délinquance enregistrée par la police et la gendarmerie nationales sont systématiquement complétées ici par des résultats de l’enquête de victimation Cadre de vie et sécurité (CVS), car les victimes d’infractions ne déposent pas toujours plainte. La dernière édition a été réalisée par l’Insee en 2021, en partenariat avec le SSMSI, auprès d’un échantillon de la population. Cette enquête a fait l’objet d’une large refonte pilotée par le SSMSI depuis 2019 et la première édition du nouveau dispositif, l’enquête statistique Vécu et ressenti en matière de sécurité (VRS) se déroule en 2022 pour des résultats attendus en 2023.

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À propos du SSMSI

Le SSMSI est le service statistique en charge de la sécurité intérieure, au ministère de l'Intérieur. Il a pour mission de produire et de mettre à disposition du grand public des statistiques et des analyses sur la sécurité intérieure et la délinquance. Il compose avec l'Insee et 15 autres services statistiques ministériels le service statistique public. Le SSMSI respecte à ce titre un certain nombre de règles visant à maintenir la confiance dans les informations produites et diffusées, en particulier indépendance professionnelle, fiabilité, neutralité, qualité des processus, méthodologie solide, accessibilité. Comme les autres membres du service statistique public, son programme de travail fait l'objet d'une concertation avec l'ensemble des utilisateurs au sein du Conseil national de l'information statistique (Cnis), et son activité est évaluée par l'Autorité de la statistique publique (ASP).

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