Panorama des violences en France métropolitaine : enquête Genese

violences intra familiales

Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) publie aujourd’hui un panorama inédit des violences en France métropolitaine, mesurées à partir de l'enquête Genese qu’il a conduite en 2021.

Cet ouvrage décrit trois familles de violences : les violences subies dans l'enfance, les violences commises au sein du couple (« par partenaire ») et les violences commises par non-partenaire. Pour chacune d’elles, le nombre et la proportion de femmes et d'hommes victimes de ces violences au cours de la vie ou sur des périodes plus récentes sont mesurés. En outre, le vécu des victimes sur vie entière est systématiquement exploré selon une approche genrée afin de caractériser finement les violences subies (psychologiques, physiques ou sexuelles) et de décrire la fréquence, la durée des faits et le lien entre l'auteur et la victime. Les principales caractéristiques socio-démographiques des victimes sont également fournies.

Cinq ans après l’onde de choc produite par l’affaire Harvey Weinstein en octobre 2017 et la vague #MeToo qui a suivi, dans un contexte de libération de la parole et de mobilisation accrue des pouvoirs publics (grandes causes nationales autour des violences faites aux femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes, Grenelle des violences conjugales, …), cette publication offre une vue d’ensemble sur les violences en France métropolitaine et ouvre la voie à de multiples travaux plus approfondis.

Les principaux enseignements de ces premières analyses révèlent qu’en 2021 les femmes restent plus touchées que les hommes par les violences, en particulier par les violences sexuelles. De fait, à l’exception des violences physiques commises par les parents dans l’enfance et des violences physiques par non-partenaire, les parts de femmes victimes des différentes violences étudiées - que ce soit au cours de la vie ou sur une période plus récente – restent bien supérieures à celles des hommes. La comparaison du vécu des victimes fait également apparaître très nettement des différences de caractéristiques entre les violences subies par les femmes et celles subies par les hommes. Ainsi, les femmes victimes sont davantage concernées par des faits de violences psychologiques, sexuelles ou physiques commis dans la sphère intrafamiliale, en particulier conjugale, ce qui se traduit par une surexposition des femmes victimes à des faits répétés et sur des durées plus longues que les hommes victimes. Dans le cas des violences par partenaire, les femmes victimes rapportent en outre plus fréquemment les types de violences potentiellement les plus graves. Quels que soient la nature des violences et le sexe de la victime, des hommes sont très majoritairement à l’origine des violences. Enfin, un éclairage  spécifique sur les comportements à caractère sexiste ou sexuel au travail met en avant de premiers constats, avec là encore,  une plus forte exposition des femmes à ce type de violences, et notamment des femmes en début de carrière.

En 2021, plus d’1 femme sur 5 et près d’1 homme sur 6, âgés de 18 à 74 ans, ont déclaré avoir subi une violence intrafamiliale avant l’âge de 15 ans (psychologique, physique ou sexuelle). Les femmes sont surexposées à ces violences commises au sein de la sphère familiale et en particulier aux violences sexuelles (6 % contre 2 % pour les hommes).

Plus d’1 femme sur 4 et 1 homme sur 5 déclarent avoir subi au moins une fois depuis l’âge de 15 ans des violences psychologiques au sein du couple (« par partenaire »). Les violences physiques ou sexuelles par partenaire sont plus rares mais les écarts entre hommes et femmes plus importants : en 2021, 1 femme sur 6 déclare en avoir été victime au moins une fois depuis l’âge de 15 ans contre 1 homme sur 18.

20 % des hommes et 15 % des femmes âgés de 18 à 74 ans déclarent avoir subi au moins une fois depuis l’âge de 15 ans des violences physiques commises par une personne hors partenaire actuel ou ex-partenaire (« non-partenaire »). Les violences sexuelles par non-partenaire sont beaucoup plus rares pour les hommes (3 %) que pour les femmes (17 %).

Plus d’une personne sur quatre dit avoir été confrontée au cours de sa vie professionnelle à au moins l’une des dix situations ou comportements indésirables à connotation sexiste ou sexuelle mesurés dans l’enquête. Ces situations concernent 3 fois plus de femmes que d’hommes.

À propos du SSMSI
Au sein du ministère de l’intérieur et des Outre-mer, le SSMSI est le service statistique en charge de la sécurité intérieure, rattaché à la fois à la police et à la gendarmerie nationales. Il compose avec l'Insee et 15 autres services statistiques ministériels le service statistique public coordonné par l’Insee.
Créé fin 2014, le SSMSI a pour mission de produire et de mettre à disposition du grand public et des services du ministère des statistiques et des analyses sur la sécurité intérieure et la délinquance.  Comme les autres membres du service statistique public, il respecte un certain nombre de règles visant à maintenir la confiance dans les informations produites et diffusées, en particulier indépendance professionnelle, fiabilité, neutralité, qualité des processus, méthodologie solide, accessibilité. Son programme de travail fait l'objet d'une concertation avec l'ensemble des utilisateurs au sein du Conseil national de l'information statistique (Cnis). Son activité est évaluée par l'Autorité de la statistique publique (ASP).
Toutes les publications du SSMSI sont disponibles et téléchargeables en ligne sur son site internet
https://www.interieur.gouv.fr/Interstats
https://twitter.com/Interieur_stats

 

Découvrir d'autres articles sur le thème : Statistiques