Les vols et violences enregistrés dans les réseaux de transports en commun en 2021

Publié le 15/09/2022
Statistiques

Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI). Interstats Analyse n°48, paru le 15 septembre 2022.

Retrouvez la publication ici.

En France depuis 2016, la délinquance dans les transports en commun représente 5 % des victimes enregistrées par la police et la gendarmerie nationales, toutes atteintes confondues, et 3 % des mis en cause chaque année. En 2021, les services de police et de gendarmerie ont enregistré près de 122 170 victimes de vols et de violences dans les transports en commun, soit une augmentation de 4 % par rapport à 2020, mais un niveau toujours inférieur au nombre de victimes avant la pandémie de COVID-19. Les vols sans violence constituent l'atteinte la plus caractéristique de la délinquance dans les transports en commun : ils représentent 79 % des victimes de vols et de violences dans les transports en commun, et 17 % des vols sans violence commis en France ont lieu dans les transports en commun.

En 2021, le nombre de victimes de vols sans violence augmente légèrement dans les transports en commun (+3 %) mais moins rapidement que tous lieux confondus (+6 %). Si le nombre de victimes de violences sexuelles connait une très forte augmentation, que ce soit dans les transports en commun (+32 %) ou tous lieux confondus (+33 %), en revanche, le nombre de victimes de coups et blessures volontaires augmente plus rapidement dans les transports en commun (+15 %) que tous lieux confondus (+11 %). Les vols violents ont, eux, diminué de 5 %, après avoir déjà baissé de 4 % en 2020. Cette baisse en 2021 est similaire tous lieux confondus.

En Île-de-France, sous l'effet conjoint de la légère diminution du nombre de victimes enregistrées (‑3 %) et de la hausse de la fréquentation des transports en commun, on dénombre 23 victimes de vols et de violences par million de trajets en 2021 contre 29 en 2020, soit un niveau similaire à celui de 2019.

Les spécificités de la délinquance dans les transports en commun se répercutent sur le profil des victimes comme des mis en cause. L'âge et le sexe des victimes dans les transports en commun sont similaires à ceux des victimes des mêmes atteintes tous lieux confondus. Cependant, les victimes sont plus souvent étrangères (21 %, contre 13 % tous lieux confondus). La part des étrangers parmi les victimes est pourtant relativement basse en 2020 et 2021 (22 % et 21 %) par rapport à 2019 (28 %), dans un contexte où la fréquentation touristique reste toujours inférieure au niveau d'avant crise sanitaire.

La très grande majorité des mis en cause impliqués dans des vols ou des violences dans les transports en commun sont des hommes (88 %), soit autant que tous lieux confondus (87 %). En outre, 36 % sont identifiés comme mineurs et plus de la moitié sont enregistrés comme étrangers (56 %), deux phénomènes spécifiques aux transports en commun. Tous lieux confondus, ces proportions sont respectivement de 16 % de mineurs et 19 % d'étrangers. La surreprésentation des mineurs et des étrangers parmi les mis en cause dans les transports en commun est particulièrement importante pour les vols sans violence, en lien avec l'existence de filières de criminalité organisée exploitant notamment des mineurs isolés.

À propos du SSMSI

Le SSMSI est le service statistique en charge de la sécurité intérieure, au ministère de l'Intérieur. Il a pour mission de produire et de mettre à disposition du grand public des statistiques et des analyses sur la sécurité intérieure et la délinquance. Il compose avec l'Insee et 15 autres services statistiques ministériels le service statistique public. Le SSMSI respecte à ce titre un certain nombre de règles visant à maintenir la confiance dans les informations produites et diffusées, en particulier indépendance professionnelle, fiabilité, neutralité, qualité des processus, méthodologie solide, accessibilité. Comme les autres membres du service statistique public, son programme de travail fait l'objet d'une concertation avec l'ensemble des utilisateurs au sein du Conseil national de l'information statistique (Cnis), et son activité est évaluée par l'Autorité de la statistique publique (ASP).

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