Beauvau de la sécurité : encadrement au sein de la Police et de la Gendarmerie nationales

Publié le 22/02/2021
2ème table ronde du Beauvau de la Sécurité à l’Hôtel de Beauvau

Deuxième table ronde, l’encadrement au sein de la Police et de la Gendarmerie nationales

Le deuxième débat du Beauvau de la sécurité s’est tenu ce lundi 22 février. Consacré à l’encadrement au sein de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale, ce rendez-vous a réuni les représentants de la Police et de Gendarmerie, ainsi qu’élus et parlementaires. De nombreuses questions ont émergé, ouvrant le dialogue sur des pistes de réflexion solides afin de mieux fixer le cadre de travail des agents.

Animée par la porte-parole du ministère de l’Intérieur, Camille Chaize, les grandes lignes de cette séance ont rapidement été dévoilées : les responsabilités des chefs à chaque échelon, leur répartition sur le terrain et la valorisation des missions de voie publique ainsi que le parcours, les compétences et la formation de ces leaders.

Cette grande concertation sociale doit permettre d’apporter des réponses concrètes à l’impératif d’un encadrement de qualité au sein de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale. Gérald Darmanin a tenu à rappeler l’enjeu, extrêmement important, de cette thématique touchant toutes les administrations, toutes les femmes et les hommes connaissant une hiérarchie et ayant pour mission de bien l’organiser.

En préambule de cette table ronde, le ministre de l’Intérieur donne le ton :« Il ne s’agit pas de faire le procès des chefs. Mais il faut que les ordres soient clairs, les missions bien définies et que les moyens matériels comme les moyens de formation soient au rendez-vous. C’est un grand défi ». Ainsi, commissaires, officiers de gendarmerie, officiers de police, sous-officiers, gradés et personnels administratifs, techniques et scientifiques sont concernés par cette question de l’encadrement. Toutefois, bien que l’encadrement soit un chantier fondamental pour les forces de l’ordre, il convient de noter qu’il n’est pas appréhendé de la même manière selon les directions de la Police nationale ou de la Gendarmerie nationale.

Force armée à part entière, la Gendarmerie nationale se rapporte au document de référence intitulé « Du commandement et de l’autorité ». Christian Rodriguez, directeur général de la Gendarmerie nationale détermine quatre enjeux fondamentaux sur la question relative à la responsabilité des chefs : la sélection au mérite plutôt qu’à l’ancienneté, la formation dans la durée, l’accompagnement des gradés et enfin la nécessité de valoriser et responsabiliser les chefs dans le but de créer et d’entretenir cette envie d’être gradé. Une réflexion partagée par Claude Onesta, ancien sélectionneur de l’équipe de France de handball, invité à partager son expérience de manager lors de cette table ronde :« Il faut toujours naviguer dans cette démarche entre autorité, autonomie et responsabilisation des acteurs. La nature d’exemplarité est quelque chose de plus en plus essentiel quand on vit dans un monde d’image ».

Cette notion d’exemplarité, véritable clé de voûte de l’encadrement, est également relevée par le Directeur général de la Police national, Frédéric Veaux :« L’encadrement fait appel à quelques grands principes dont certains font référence à l’exercice de l’autorité : l’exemplarité, la légitimité et le fait d’assumer ses responsabilités. Dans la Police nationale, 37 000 agents sur 125 000 personnels actifs constituent la chaîne hiérarchique ». Plusieurs pistes de réflexion ont été proposées, comme le renforcement de l’encadrement opérationnel de terrain par les gradés du corps d’encadrement et d’application et le besoin de reconnaître et de valoriser l’engagement des personnels confrontés aux missions les plus difficiles.

La deuxième question fondamentale de cette table ronde s’est articulée autour de la répartition des chefs sur le terrain, la valorisation des missions de voie publique, et l’impératif de placer les chefs au bon endroit. À cet égard, les politiques d’attractivité et de fidélisation des postes de chefs doivent être développées du côté de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale en fonction de leur environnement respectif.

Objet de la prochaine table ronde, la thématique du recrutement et de la formation a toutefois été mentionnée lors de ce débat. Ces discussions se sont ainsi achevées sur des échanges autour des parcours, des formations et des compétences des chefs. Pareillement à la France, l’Italie est caractérisée par la présence de plusieurs forces de police, dont la police d’État et les carabiniers. C’est pourquoi l’invitée de cette deuxième table ronde, la préfète Maria Teresa Sempreviva, directrice générale adjointe de la Sécurité publique du ministère de l’Intérieur en Italie a évoqué les besoins similaires des forces de l’ordre au sein de l’État italien :« La formation aujourd’hui demande l’acquisition de connaissances et de compétences pluridisciplinaires. Nous connaissons une crise pas seulement sanitaire mais également économique et social, il est important que les leaders soient une référence crédible, un modèle éthique solide pour nos personnels sur le terrain ».

Ce modèle éthique fait écho au principe d’exemplarité mentionné tout au long du débat de ce Beauvau de la sécurité. Le général de division Mario Cinque, chef d’état-major de l’Arme des carabiniers explique cela par ces savoir-faire et savoir-être spécifiques et indispensables des chefs d’aujourd’hui et de demain :« Ce thème des parcours professionnels, des compétences, de la formation pour nos leaders est un thème très actuel qui correspond à nos besoins en ce moment. Le cœur de nos activités a pour objet l’homme et ses capacités : c’est-à-dire la prise de responsabilité et la capacité à prendre des initiatives ».

En conclusion de cette table ronde, Gérald Darmanin s’accorde pour dire qu’il faut « un chef partout et tout le temps » à la condition de rendre attrayants ces postes de leaders. Le ministre de l’Intérieur appuie également sur la nécessité de valoriser le travail de ces chefs de la police et de la gendarmerie sur le terrain qui, au quotidien, sont auprès des femmes et des hommes de leur équipe.

Retrouvez la deuxième table ronde du Beauvau de la sécurité au ministère de l'Intérieur, en présence du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

 

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Livret deuxième table ronde du Beauvau de la sécurité

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