Margot Boulet vogue-t-elle vers un nouveau titre en aviron paralympique ?

Publié le 24/08/2021
Margot Boulet en lice en para-aviron aux Jeux Paralympiques

Championne du monde para-aviron indoor en individuel sur 500 mètres, médaille de bronze aux championnats d’Europe 2020 de Poznań (Pologne) en quatre barré mixte pour sa première compétition internationale, et championne du monde indoor en individuel cette année, Margot Boulet, « sportive de haut niveau de la Gendarmerie nationale » sera présente aux Jeux paralympiques de Tokyo.

Parlez-nous de l’aviron handisport aux Jeux paralympiques…

Le para-aviron est un sport qui allie exigence technique et physique. En compétition, la distance de 2 000 mètres sollicite de façon très exigeante nos capacités physiques. L’effort peut durer jusqu’à sept minutes à l’intensité cardiaque maximale.

Il existe trois types d’embarcations, une pour chaque catégorie de handicap. Pour ma part, je pratiquerai lors de ces jeux en quatre barré mixte : deux femmes, deux hommes et un barreur. Chacun des rameurs agit sur le déplacement du bateau avec une seule rame ; soit deux avirons à droite et deux à gauche. La symétrie doit être parfaite entre nous. Les compétitions, en salle ou en extérieur, sont communes avec les athlètes valides au niveau national et international, sauf bien sûr pour les Jeux paralympiques.

Le corps entier est sollicité dans ce sport. Des aménagements ont été mis en place dans l’embarcation, notamment pour permettre de compenser le manque d’amplitude d’action de ma cheville. En effet, dans le mouvement de l’aviron, les rameurs doivent être en flexion de jambes complète, mon handicap ne me permet pas d’atteindre cette flexion naturellement, d’où cet aménagement.

Ma préparation avant les Jeux alterne des séances sur l’eau et en salle (musculation et rameur).

Quel est votre état de santé aujourd’hui ?

Je vous rappelle qu’en mars 2017, durant mon année de formation au sein du groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN), je me suis gravement blessée lors d'un stage de parachutisme, avec pour conséquences une fracture du dos et de la cheville gauche. Résultat : six mois d’hospitalisation et sept opérations avec la pose d’une prothèse de cheville et une arthrodèse lombaire. J’ai dû me résoudre à quitter le GIGN. Depuis le 29 octobre 2020, je suis sous contrat de sportif de haut niveau avec la Gendarmerie nationale. Aujourd’hui ma prothèse de cheville gauche fonctionne bien mais j’ai encore des problèmes de dos, avec cette impression, à chaque fois, de ramer (sourires) pour revenir finalement encore plus forte. Dans ma tête j’ai toujours envie de vivre des choses intensément.

Quelles sont vos chances de médailles ?

Ce seront mes premiers Jeux et je serai très fière d’y représenter la Gendarmerie nationale. Et comme dans les autres compétitions, je vise bien sûr une médaille ! Finalement mon handicap va me permettre de vivre quelque chose d’intense dans le sport. Ce sera une nouvelle aventure, et je n’ai pas spécialement de déception de ce que devraient être des J.O. « classiques » de Tokyo. Notre première course aura lieu pour nous le 27 août et j’espère la finale deux jours après. Le report d’un an nous a permis de bien améliorer nos performances (hiérarchie mondiale et chrono). Mais les Anglais restent les favoris. De plus, on n’a pas d’informations récentes sur certains concurrents, notamment les Américains et les Australiens, deux grands pays aussi de l’aviron. On devra se surpasser et faire aussi bien que les garçons Hugo Boucheron et Matthieu Androdias, champions olympiques cette année en deux de couple.

Justement pourquoi avez-vous choisi l’aviron alors que vous pratiquiez la natation avant votre accident ?

À la suite de mon accident, j’ai repris la natation dans mon club d’origine, mais je n’ai pas souhaité participer à des compétitions handisports. Lorsque l’occasion s’est présentée pour intégrer le collectif para-aviron, je l’ai saisie sans trop savoir jusqu’où cela me mènerait. Aujourd’hui, avec un certain recul, je me rends compte que ne pas pouvoir comparer mes résultats sportifs avec ceux d’avant mon accident était ce dont j’avais besoin sur le plan psychologique. L’aviron m’a permis cette reconstruction par le sport, mais je n’exclue pas un retour à la compétition en natation !

Margot Boulet en para-aviron
DICOM MI

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