Mélanie Couzy, la médaille en ligne de mire

Publié le 26/07/2021
Mélanie Couzy

Après plus de deux ans d’attente, Mélanie Couzy, championne d’Europe de tir en fosse olympique en 2018, aborde à 31 ans les Jeux olympiques de Tokyo avec une farouche détermination et l’envie de porter haut les couleurs de la Police nationale.

Pouvez-vous vous présenter ?

J’ai 31 ans. Je suis adjointe de sécurité à Tours et tout juste titulaire du diplôme de gardien de la paix. J’ai commencé le tir à 14 ans, par le biais de mes parents, mon père étant chasseur, tout comme mes grands-parents. Je suis rentrée en équipe de France en 2008. Côté police, j’ai commencé à Lyon, au sein de l’unité promotion-recrutement-égalité des chances (UPREC). J’ai ensuite été mutée au centre régional de formation à Saint-Cyr-sur-Loire. Le fait d’être détachée de la police est un gros avantage pour moi. Cela me permet de planifier ma saison sportive, et d’organiser mon calendrier au niveau de la police. Je suis détachée à 70 %. Je travaille principalement l’hiver, de septembre à décembre. Et le reste du temps est consacré à la préparation physique et aux compétitions de tir.

C’est venu assez naturellement cette volonté d’être sportive et de faire carrière dans la police ?


Être dans la police, c’est une idée que j’ai depuis petite. Pourquoi ? je ne sais pas forcément. J’ai toujours été attirée par ce milieu. Dans la vie je suis assez juste : j’aime aider les gens en difficulté, que tout se passe pour le mieux… c’est mon objectif. Notamment au sujet des femmes battues, une thématique tristement au cœur de l’actualité.

Je suis lauréate du concours 2020 de gardien de la paix. Normalement, j’ai ma rentrée des classes en septembre prochain. J’entamerai donc une année blanche, sans tir ni compétition. J’aimerais bien être sur le terrain, ou au sein d’un centre d’information et de commandement (CIC)… Je ferai selon les opportunités, les possibilités qui se présentent.

Comment avez-vous vécu les périodes de confinement et le report des Jeux ?


Pour le premier confinement, on n’avait pas de dérogation, c’était vraiment un confinement strict pour tout le monde, donc c’était pareil pour nous sportifs. Néanmoins, ça m’a bien arrangé puisque je n’étais pas au meilleur de ma forme au niveau du tir. Quand j’ai su que c’était repoussé, cela m’a en quelque sorte rassurée. Et j’espère que ça va payer cette année et que ce ne sera pas pour rien.

Êtes-vous satisfaite de votre préparation pour les Jeux ?

Je suis très pointilleuse sur les entraînements, éternelle insatisfaite, avec toujours l’envie d’en faire plus. Donc d’un côté, oui, j’ai le mental, j’ai déjà envie d’y être. Mais d’un autre côté, j’ai encore l’appréhension de me dire : suis-je vraiment prête ? est-ce que ça ne va pas être juste ? Je suis assez partagée.

Quels sont vos objectifs pour ces premiers jeux ?

La médaille. Je suis compétitrice. Si je participe à la finale je serai contente, mais mon véritable objectif c’est de faire une médaille. Peu importe la couleur, même si l’or serait la plus belle des récompenses. Le haut niveau représente beaucoup de sacrifices, à la fois personnels et professionnels.

Entretenez-vous de bonnes relations avec les autres sportifs du ministère ?

Complètement. Avec les sportifs du ministère, nous sommes attachés « familialement », provenant de la maison police ou gendarmerie. Il y a toujours cette rivalité, puisque ça reste un sport individuel, mais nous formons une grande famille.
Ce sont des liens qui deviennent de plus en plus forts au fur et à mesure. On partage les mêmes craintes, on se soutient, on vit les mêmes expériences. Le mot est fort mais c’est la vérité, « famille » correspond très bien à ce qu’on vit durant les compétitions.


Il y a les JO de Tokyo dans quelques semaines, mais avez-vous déjà pensé à ceux de 2024, en France ? Est-ce un objectif sur le long terme ?


Bien évidemment. J’ai 31 ans, ça reste un âge encore idéal au niveau du tir, même si je pense que les Jeux de Paris 2024 seront certainement mes derniers. Je n’ai pas encore d’enfant, donc si je veux fonder une famille il ne faut pas non plus que j’attende d’avoir 45 ans. On verra en 2024 de quoi la vie sera faite…

Avez-vous un message à adresser à vos collègues policiers ?


Bon courage à eux, avec la chaleur, la covid… ce sont des moments difficiles. Je leur envoie tout simplement plein de courage. C’est tout ce que je peux leur souhaiter. Le principal c’est d’aimer ce qu’on fait au quotidien, même si c’est parfois compliqué.

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