Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo 2020

Publié le 22/07/2021
Jeux Olympiques de Tokyo

Les sportifs du ministère de l’Intérieur s’étant illustrés dans les différentes olympiades sont si nombreux qu’il était impossible d’en faire une présentation complète. Voici donc quelques grandes figures de la police et de la gendarmerie qui ont marqué l’Histoire du sport français…

Histoire : policiers, gendarmes… et médaillés olympiques

Les médaillés d’Or aux Jeux Olympiques

Edward Gardère (1909-1969) et Jean Piot (1890-1961) sont les deux premiers médaillés olympiques du ministère de l’Intérieur. Ils décrochent ensemble le titre au fleuret (escrime) par équipes lors de l’Olympiade de Los Angeles en 1932. Edward Gardère est ensuite monté à deux reprises sur le podium, lors des si controversés JO de Berlin 1936, avec l’argent en fleuret individuel et par équipes. De son côté, Jean Piot effectue un fabuleux doublé en 1932, obtenant une seconde médaille d’or en épée par équipes. Il deviendra ensuite professeur d’escrime à la préfecture de police. Son neveu, Maurice Piot, a parfaitement suivi l’exemple familial en succédant à son oncle à la préfecture de police et en obtenant une médaille de bronze au sabre par équipes lors des JO 1952 d’Helsinki.

Edward Gardere

Daniel Morelon et Pierre Trentin (cyclisme) ont formé un autre duo célèbre du ministère. Un « couple » d’autant plus uni, qu’ils obtiennent le titre olympique en tandem lors des JO de 1968 à Mexico. Daniel Morelon possède à ce jour l’un des plus beaux palmarès du sport français : trois médailles d’or, une d’argent et une de bronze, glanées au cours des Jeux olympiques de 1964, 1968 et 1972, sept titres de champion du monde entre 1966 et 1975 et quatorze titres de champion de France. Le jour du sacre de Daniel Morelon en vitesse, le 17 octobre 1968, son compère, Pierre Trentin, décroche la médaille d’or du kilomètre. Il déclarait avant l’épreuve : « Vainqueur ou vaincu, je finirai KO les bras en croix. » C’est donc les bras en croix, mais champion olympique, qu’il finit la course, et monte sur la première marche pour savourer la Marseillaise.

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Daniel Morelon et Pierre Trentin

Daniel Poilvé est le premier lutteur policier à remporter le titre olympique en lutte libre aux Jeux de Berlin (1936), après avoir obtenu à deux reprises le bronze, à Amsterdam en 1928 et à Los Angeles en1932. Une journée épique car il lui aura fallu rester de 19h à 3 heures du matin, presque sans interruption, pour décrocher sa médaille. Son palmarès parle de lui-même : douze fois champion de Paris en lutte libre et en lutte gréco-romaine, douze fois champion de France dans chacune de ces spécialités et trente-huit sélections internationales. 72 ans plus tard à Pékin en 2008, Steeve Guenot, alors en contrat image avec la direction générale de la Police nationale, décrochait à son tour le Graal olympique dans la discipline.

Franck Dumoulin se révèle auprès du public français lors des JO 2000 de Sydney et son titre en pistolet à 10 mètres. Sa carrière affiche un palmarès long comme le bras : quinze première place et douze deuxième en championnat et en Coupe du monde, sans compter sa demi-douzaine de médailles européennes et sa cinquantaine de titres nationaux.

Durant cette même olympiade australienne, Jean-Noël Ferrari, alors enquêteur contractuel à Paris, décroche la médaille d’or en fleuret par équipes, vingt ans après la médaille d’or remportée par l’équipe de France de fleuret aux JO de Moscou.

En 2008, à Pékin, Alain Bernard, gendarme adjoint volontaire, entre à son tour dans la légende en devenant le troisième champion olympique de l’histoire de la natation française. L’or, obtenu sur 100 mètres nage libre, précède l’argent en 4x100 mètres nage libre puis le bronze en 50 mètres nage libre. Nouvelle olympiade, nouveau sacre pour Alain Bernard sur le 4x100 mètres nage libre à Londres en 2012.

Quatre ans plus tard, les sportifs du ministère ne souhaitent pas être laissés pour compte. La judokate Lucie Décosse est sacrée le 1er août à Londres dans la catégorie des moins de 70kg. Elle vient ajouter son premier titre olympique à un palmarès déjà presque complet (triple championne du monde, quadruple championne d’Europe et médaillée d’argent en 2008).

Lors de ses premiers jeux olympiques à Rio en 2016, c’est au gendarme adjoint volontaire Daniel Jérent de monter sur la plus haute marche du podium avec ses équipiers de France d’épée, après un tournoi remporté haut la main.

Toujours en 2016, Fabien Lamirault, pongiste handisport en contrat image avec la Police nationale, s’illustre lors des Jeux paralympiques. Il domine de la tête et des épaules la discipline en fauteuil et rapporte deux médailles d’or, l’une en individuel et l’autre par équipe. Fabien Lamirault n’a pas étanché sa soif de vaincre et s’apprête à s’envoler vers les Jeux de Tokyo, motivé comme jamais.

Fabien Lamirault

Les autres médaillés olympiques

Au cours des Jeux de Munich de 1972, Roger Velasquez est l’un des quatre Français à monter sur la troisième marche du podium du relais 4x400 mètres. Une superbe performance car lors de cette même course, le quatuor tricolore établit un nouveau record de France dans cette discipline (3’0’’7/10). Toujours en athlétisme, Marc Gasparoni remporte la médaille de bronze du 4x100 mètres.

En 1980 à Moscou, Alain Lebas devient vice-champion olympique en kayak monoplace 1000 mètres. Terminant devant un Allemand de l’est lors des qualifications, ce policier savoyard s’incline en finale devant ce même adversaire.

Autre sport, autres jeux… En 1988, lors des Jeux d’hiver de Calgary, Marco Bella file à toute vitesse et montait sur la troisième marche du podium de short-track (patinage de vitesse). Il est à ce jour le seul médaillé olympique de la police lors de Jeux d’hiver.

A Atlanta en 1996, un gardien de la paix de Loire-Atlantique, Olivier Moncelet, fait partie de l’équipage du « quatre sans barreur » français médaillé d’argent. Une performance de premier plan puisque l’aviron tricolore n’avait plus rien gagné depuis 1936. Un an plus tard, cette même équipe récidive aux Mondiaux avec une nouvelle médaille d’argent.

Les Jeux de Pékin de 2008 ont particulièrement bien souri aux athlètes de ministère. Sophie Dodemont, gardien de la paix, permet à la France d’ouvrir son compteur de médailles avec le bronze en tir à l’arc par équipes.

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Sophie Dodemon

En natation, l'aspirant de gendarmerie Hugues Duboscq, médaillé de bronze en 2004 à Athènes en 100 mètres brasse, récidive sur le continent asiatique dans la même discipline, puis fait coup double avec le bronze sur 200 mètres brasse trois jours plus tard. Toujours à Pékin, Anthony Terras, gendarme-adjoint volontaire, obtient également le bronze en skeet olympique.

Sous contrat de gendarme adjoint volontaire avec la gendarmerie, puis contrat image avec la police, Stéphanie Possamaï vit le sommet de sa carrière à Pékin avec la médaille de bronze en judo dans la catégorie des moins de 78kg. « C’est tout simplement magique », déclarait-elle en laissant éclater sa joie hors du tatami.

C’est également en Chine qu’Anne Barnéoud porte pour la première fois les couleurs de la Police nationale lors de la plus grande compétition. Cette adjointe administrative au service des archives du SGAP de Lyon décroche pour ses premiers Jeux paralympiques une médaille de bronze en tennis de table par équipe, qui valait à bien des égards de l’or.

Les sportifs du ministère ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. 4 ans plus tard, ils récidivent à Londres, à l’image de Dorian Mortelette qui remporte la médaille d’argent avec son coéquipier dans la discipline du 2 de pointe en Aviron, au terme d’une bataille acharnée avec les Britanniques.

Il faut également citer les médailles de bronze obtenues par Automne Pavia et Steeve Guénot, respectivement, en Judo chez les -57kg et en lutte gréco-romaine, sous contrat avec la DGPN. Enfin, déjà vice-champion olympique à Pékin, Mahiedine Mekhissi met de nouveau en avant la DGPN et réitère son exploit sur 3000m steeple.

Dans cette même lignée, trois autres sportifs en contrat avec la Gendarmerie nationale décrochent l’argent olympique à Rio. Le brigadier-chef Elodie Clouvel rentre dans l’histoire du sport olympique français en apportant la première médaille tricolore en pentathlon moderne.

Un autre nom est entré dans les mémoires, celui de Jean Quiqampoix, qui décroche l’argent au pistolet de vitesse à 25 mètres, après avoir proposé une finale avec un suspens insoutenable jusqu’au dernier tir. Il remporte son premier podium olympique après s’être retrouvé à égalité parfaite avec un concurrent chinois.

Jean Quiquampoix

Enfin, c’est la championne en titre Clarisse Agbegnenou qui remporte une troisième médaille d’argent pour la France au Judo, chez les -63kg. Elle perçoit toutefois cette récompense comme un échec, et compte bien revenir plus forte pour récupérer son or olympique à Tokyo, elle qui affiche à ce jour l’un des plus grands palmarès du judo français avec cinq titres mondiaux.

Les pompiers de Paris aux Jeux olympiques

  • Henri Deglane (lutte) : Ce colosse de 104 kg pour 1 m 73 remporte la médaille d’or aux JO de 1924 à Paris et obtient un titre de champion du monde en 1931.
  • Roger François (haltérophilie) : Champion du monde en 1922, il finit 6e aux JO de Paris en 1924 avant de décrocher l’or en 1928 à Amsterdam et une 4e place en 1932.
  • Roger Michelot (boxe) : Quatrième à Los Angeles en 1932, il obtient la médaille d’or quatre ans plus tard à Berlin.
  • Henri Caron (marche) : Finaliste aux JO de 1948 en Suisse, il fut cinq fois champion du monde (1949, 1953, 1955, 1959 et 1962).
  • Maurice Degrelle (athlétisme) : A Paris en 1924, il arrive jusqu’en demi-finale du 100 m, en quart de finale du 200 m et participe à la finale du relais 4 × 100 m. Puis en 1928 à Amsterdam, il est de nouveau quart de finaliste sur 200.
  • Raymond Mulinghausen (plongeon) : Finaliste des olympiades de 1948 et 1952.
  •  Michel Macquet (javelot) : A participé par trois fois aux Jeux olympiques en 1956, 1960 et 1964 (où il fût d’ailleurs le porte-drapeau de la délégation française).

 

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