« Le Tour de France, une extraordinaire mission pour un sous-préfet »

« Le Tour de France, une extraordinaire mission pour un sous-préfet »
7 juillet 2021

Frédéric Lavigne est le sous-préfet du Tour de France pour cette édition 2021.


Frédéric Lavigne est le sous-préfet du Tour de France pour cette édition 2021. Auparavant membre du centre interministériel de crise dédié au Covid-19 et secrétaire général en Haute-Corse, il a été choisi pour coordonner la partie sécurité sur le Tour de France et faciliter le lien entre le ministère, les préfets des départements traversés, les services de l’État nationaux et territoriaux, ainsi que l’organisation de la course.

Pouvez-vous présenter votre rôle de sous-préfet du Tour de France ?

Comme cela se fait depuis 2016, un sous-préfet est nommé pour coordonner la sécurité sur le Tour. Je suis placé entre la direction de course et les préfets pour la partie territoriale. Mon rôle est de gérer tous les évènements susceptibles de se produire autour de la course, avec un pouvoir décisionnel qui est à la direction du Tour et au préfet. Ce sont les deux autorités, la direction du Tour pour la course et le préfet pour la gestion du territoire traversé par l’événement, qui prennent les décisions. Celles-ci nous reviennent ensuite et nous devons les mettre en œuvre. Tout est évolutif, mouvant, et doit être parfaitement adapté à la situation de chaque territoire en temps réel.

Le dispositif du ministère de l’Intérieur est très conséquent sur cet événement, tant dans la caravane qu’au sein des territoires. Peut-on parler d’une mobilisation générale ?

Oui, c’est un évènement où le ministère de l’Intérieur est vraiment très impliqué. Il y a effectivement des équipes de sécurité, des pompiers, des gendarmes, des policiers, des CRS, qui sont rattachés au Tour et qui le suivent de bout en bout.  Ils sont tous présents à la fois sur le suivi de la course, étape après étape, mais également sur les espaces d’arrivée et de départ, notamment pour le secours et les surveillances. En parallèle, il y a toute la partie de soutien aux forces de sécurité locales. Le Tour, ce sont des étapes dans toute la France, du bord de route, de nombreuses problématiques, beaucoup de points à surveiller. Les forces de sécurité locales viennent compléter le dispositif pour assurer la sécurité du Tour et du public. Le centre de coordination du Tour de France (CCTDF), que je dirige, est l’outil pour gérer au quotidien tous ces dispositifs. S’y trouvent à mes côtés, les officiers de liaison police, gendarmerie, et sécurité civile, permanents sur les trois semaines de la course, mais aussi des représentants de la sécurité publique locale, des polices municipales, des brigades de gendarmerie départementale, des SDIS, mais aussi des médecins du SMUR, ou des représentants des préfetcures. L’objectif principal est de régler les derniers détails d’une partition préparée depuis de longs mois.

Centre de coordination de Tour de france
Centre de coordination du Tour de France

L’année dernière le Tour était assez particulier avec le Covid, notamment avec un report de la course à septembre. Quelle est l’approche pour l’édition 2021 par rapport à l’épidémie ?

Le premier point porte sur l’organisation. Le Tour reprend le système de bulles sanitaires : une bulle course, une bulle organisation, une bulle partenaire, dans lesquelles des gens sont entrés dès le départ de la course. Ce sont des bulles étanches, les gens ne se rejoignent pas entre chacune. A l’intérieur, il y a des précautions, type gestes barrières ou port du masque obligatoire. Cela concerne donc toute la partie organisation, tout ce qui circule autour. Pour la partie publique, s’il n’y a pas de conditions, si ce n’est de précautions à prendre sur les bords de route évidemment en cas de regroupements, il existe des dispositifs spécifiques pour les gens à proximité des zones de départ et d’arrivée.

Comment est gérée la problématique de l’accès aux différents cols de montagne ?

Comme en 2020, ce sujet est recomposé cette année. Il y a un total de 21 cols et côtes qui sont aujourd’hui identifiés comme tels, qui dépassent le sujet Covid, mais qui sont un sujet d’organisation pour éviter l’embolisation qu’on a connu les années précédentes avec toutes les difficultés de gestion du public que ça pose. Ça n’empêche pas que le public puisse venir, mais les véhicules sont interdits dans ces endroits-là.

Y-a-t-il des sujets de menace ou de problématiques particulières sur cette édition 2021 ?

A ce stade, nous n’avons pas identifié de grandes menaces. Il y a ici et là quelques sujets de conflits sociaux, ou d’entreprises qui peuvent drainer des mouvements. Mais pour l’instant nous n’avons pas de sujets majeurs identifiés.

Lors du passage du tour dans les Pyrénées, une coopération particulière avec Andorre doit-être mise en œuvre, n’est-ce pas ?

Effectivement, nous sommes allés voir les autorités d’Andorre en mai dernier. Il existe effectivement une convention de force puisque la principauté d’Andorre n’a pas de moyens de sécurité très développés. Nous avons donc des forces, présentes sur le Tour, qui vont se rendre en Andorre, y compris des compagnies de CRS. Leur rôle sera d’apporter un renfort pour assurer la sécurité des sites d’Andorre, où il y aura une étape d’arrivée, une étape de départ et un jour de repos.

Des forces mobiles sont également intégrées sur l’intégralité de la compétition…

Tout à fait. Des gendarmes mobiles et des CRS sont mobilisés pour suivre l’intégralité du parcours. Ce sont donc des effectifs qui sont en permanence sur le Tour. Ces policiers et ces gendarmes nous permettent d’être réactifs et que l’on puisse agir en conséquence. Le fait d’avoir cette force à disposition est un atout considérable.

Votre mission est atypique pour un haut fonctionnaire, comment la vivez-vous ?

C’est une extraordinaire et magnifique mission qui m’a été confiée et je remercie le ministère de l’Intérieur pour sa confiance. C’est un évènement extrêmement populaire qui représente beaucoup dans le cœur des Français. Il est aussi très intéressant de contribuer à une organisation importante, pointilleuse et très bien cadrée aux côtés d’ASO.

Etes-vous fan de cyclisme ?

J’adore le cyclisme. J’ai moi-même été un cycliste dans mes plus jeunes années. Donc oui c’est pour moi aussi la possibilité, après avoir été à Guingamp et avoir suivi le foot, je passe à un autre sport et j’adore ça. Cela vient évidemment apporter un élément non-négligeable à cette incroyable mission.