Objets trouvés : l’application « ppbot » à la rescousse !

Objets trouvés : l’application « ppbot » à la rescousse !
19 avril 2021

Vous avez perdu un objet ? Avec « ppbot », l’application de la préfecture de Police qui permet désormais de le déclarer en ligne et de le comparer avec la base de données des objets trouvés, le taux de restitution approche les 30 % ! Et plus besoin de se déplacer : le service vous l’envoie directement à domicile !


Même si en raison de la crise sanitaire, des confinements et de la fermeture des établissements recevant du public, l’activité du bureau des objets trouvés et des scellés de la préfecture de Police de Paris (BOTS) a connu une baisse significative, pas moins de 79 637 objets ont tout de même été recueillis par ce service en 2020 (contre 135 033 en 2018 et 121 146 en 2019, soit 600 à 700 objets réceptionnés alors chaque jour) !

Avec 14 487 objets (essentiellement des portefeuilles, valises, téléphones, ordinateurs, etc.) expédiés à leurs propriétaires dans le monde entier, le BOTS a enregistré en 2020 un taux de restitution de 25,28 % (contre 23,43 % en 2019, avant la crise sanitaire, avec 28 558 restitutions). Ce taux a même atteint les 28 % au dernier trimestre 2020 alors qu’il ne dépassait pas les 20 % il y a quelques années, soit une augmentation de 8 % !

Les tête-en-l’air, les distraits et autres gens pressés qui ont perdu un objet sur la voie publique à Paris ou dans les trois départements périphériques (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne), sur le réseau RATP, dans les aéroports parisiens, les taxis ou les établissements recevant du public, doivent cette performance à la mise en place par la préfecture de Police d’un outil révolutionnaire, l’application « ppbot » !

En effet, cette plateforme digitale développée en partenariat commercial avec la société « France Objets Trouvés » offre désormais un service accessible 24h/24, quel que soit le support informatique, disponible via l’adresse http://ppbot.fr. Son utilisation est simple : un algorithme met en relation la description faite par l’usager, via un formulaire en ligne, avec la description effectuée par le service. Une fois l’objet identifié, l’heureux propriétaire est informé automatiquement et, après vérification, il le recevra directement à son domicile, moyennant le paiement en ligne des frais de garde.

Ce service d’expédition, nouvellement mis en place, connaît d’ailleurs un franc succès ! Le service envoie désormais les objets à travers le monde, 3 % des expéditions d’objets partant hors de France métropolitaine.

Une valise au Japon, un portefeuille à Singapour, un doudou aux États-Unis… la joie de retrouver son objet perdu est universelle !

Dans le meilleur des cas, un objet trouvé peut être au domicile de son légitime propriétaire le lendemain de son arrivée aux objets trouvés.

Pour tout savoir sur le service des objets trouvés de la préfecture de Police et découvrir la plateforme en ligne, rendez-vous sur https://objetstrouvesprefecturedepolice.franceobjetstrouves.fr/

Petite histoire d’un service iconique de la préfecture de Police

Le service des objets trouvés de la préfecture de Police, véritable fleuron de l’institution parisienne, est l’un des plus anciens au monde.

Durant le Moyen Âge et sous l’Ancien Régime, les objets perdus doivent être rapportés au seigneur qui fait alors annoncer publiquement la trouvaille trois dimanches de suite. À défaut de réclamation, les objets lui reviennent. Un édit de 1695 prévoit que ces annonces doivent être faites par huissier à la sortie des églises.

La situation est quelque peu différente en ce qui concerne les transports : un document de 1699 précise que « tous les objets laissés dans les bureaux des messageries, coches et voitures publics dont le propriétaire est inconnu appartiennent aux Domaines royaux après deux années ».

Après la Révolution, la loi du 1er décembre 1790 « relative aux domaines nationaux, aux échanges et concessions qui ont été faits, et aux apanages » précise qu'un bien sans maître appartient à la Nation. L'Assemblée constituante supprime les droits féodaux.

En 1804, le préfet de Police de Paris impose aux commissaires de police de faire porter à la préfecture les objets trouvés qui auraient été déposés dans leurs bureaux. Une ordonnance royale de Charles X du 23 mai 1830 prévoit la restitution à l’administration des Domaines des objets saisis par les services de police et ceux déposés ou trouvés afin d’être vendus au profit de l’État.

En 1850 le service s’installe rue du Harlay (près du Palais de Justice) : près de 10 000 objets y sont déposés chaque année. Cependant la complexité des démarches pour récupérer des objets est telle qu’elle décourage nombre d’étourdis.

Il faut attendre le 13 octobre 1893 pour que le préfet Louis Lépine décide de créer un service unifié et centralisé de collecte des objets trouvés, quelle qu'en soit la provenance.

À partir de 1939, le service des objets trouvés s'installe à son emplacement actuel (36, rue des Morillons, Paris 15e). De nouvelles législations sont peu à peu introduites, définissants les règles d'application en matière d’objets trouvés (nature des objets, durée de garde et conditions de restitution). C’est le cas notamment de l’ordonnance préfectorale du 12 juillet 1947 précisant l’obligation faite à l’inventeur d’un objet trouvé de le déposer dans les vingt-quatre heures dans un commissariat ou au service dédié.

Aujourd’hui, le service des objets trouvés de la préfecture de Police de Paris est un service d'intérêt commun à la ville de Paris et aux départements des Hauts-de-Seine, du Val de Marne et de la Seine-Saint-Denis, placé sous l'autorité du préfet de Police. Il réceptionne, assure la garde et la restitution à leurs propriétaires ou à leurs inventeurs (personne qui trouve l'objet) des objets trouvés. 45 % d’entre-eux proviennent du réseau RATP, partenaire majeur du BOTS. Le reste provient des aéroports parisiens, des taxis et des VTC, des grands magasins, musées, foires et expositions, bureaux de poste, Tour Eiffel et tout autre établissement recevant du public, comme les grands hôtels par exemple, l’APHP, les mairies d’arrondissement, ainsi que ceux rapportés dans les commissariats ou services de police municipale.