02.02.2016 - Séance de questions au Gouvernement à l'Assemblée nationale

2 février 2016

Bernard Cazeneuve a répondu à Frédéric Cuvillier, député PS (Groupe SRC) du Pas-de-Calais, lors de la séance de questions au Gouvernement à l'Assemblée nationale du 2 février 2016.


Frédéric CUVILLIER

Ma question s’adresse à monsieur le ministre de l’Intérieur. Monsieur le Ministre, il y a quelques jours, vous rendiez publique l’évolution des chiffres de lé délinquance enregistrée en 2015. Vous avez, à cette occasion, salué le travail des policiers et des gendarmes qui, malgré la succession de crises, d’actes d’une exceptionnelle gravité, ont su faire, « sans », je vous cite, « lâcher le terrain ». Et permettez-moi d’associer à cet hommage celui de la Représentation nationale pour, à la fois, leur action et leur courage. Je salue également votre action, Monsieur le Ministre, et votre méthode qui, je le sais, inspirent confiance, voire fierté au sein même des rangs de Forces de l’ordre et de secours. Vous vous êtes engagé dans une démarche, une démarche de transparence, de fiabilité et d’indépendance des chiffres, liée aux statistiques de la délinquance contrairement à ce à quoi l’ancienne majorité nous avait habitués. Vous le soulignez régulièrement cependant, Monsieur le Ministre, derrière les chiffres il y a autant de réalités humaines douloureuses qui nous obligent. Votre mobilisation est une mobilisation inédite, constante, et conformément aux engagements pris par le président de la République et le Premier ministre, les moyens humains, matériels et technologiques sont considérablement renforcés par la création chaque année, et ce, depuis 2012, de 500 postes de gendarmes et policiers, 13.000 avaient été supprimés entre 2007 et 2013 ; une augmentation des moyens également, augmentation de moyens de 13,4 %, alors même que sur la même période de 2007 à 2012, ceux-ci avaient diminué de 17 %.Vous avez créé les zones de sécurité prioritaire pour démanteler les réseaux délinquants. Aussi, Monsieur le Ministre, il y a cette évolution des statistiques, mais il y a aussi les formes de plus en plus sophistiquées et des disparités territoriales dans les actes de délinquance. Merci de bien vouloir nous préciser à la fois le maintien des efforts et vos priorités.

Bernard CAZENEUVE, ministre de l’Intérieur

Monsieur le Député CUVILLIER, quelques éléments de réponse à votre question. D’abord, comme l’avait souhaité le Premier ministre, Manuel VALLS, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, au terme d’une inspection générale de l’administration, il a été décidé de mettre en place un service de statistiques ministérielles qui est confié à l’INSEE qui permet d’avoir une vraie fiabilité dans les statistiques que nous communiquons mensuellement, à l’instar de ce qui existe pour les déficits budgétaires ou les chiffres du chômage. C’est ainsi que nous pouvons désormais de nouveau renouer avec cette tradition qui consiste en début d’année à donner les chiffres de l’évolution de la délinquance pour les douze mois qui se sont écoulés. Que donnent ces chiffres ? Ces chiffres montrent une diminution des atteintes aux biens, de 0,9 %, notamment des cambriolages, qui contraste avec une augmentation qui avait été constatée sur la période 2007-2012 de 18 %. Une diminution de 0,9 % qui mérite d’être confirmée, amplifiée, mais c’est une inversion de tendance par rapport à ce qui se passait depuis de très nombreuses années. Cette évolution de moins 0,9 % des atteintes aux biens traduit des réalités qui méritent d’être précisées. D’abord une diminution de l’ordre de 13,4 % des vols avec violence, une diminution de 9 % des vols avec arme, ce qui est un très bon résultat. Et une diminution de 10 % des cambriolages dans les exploitations agricoles. Il s’agit là du résultat de la mise en œuvre de plans de lutte contre les cambriolages et contre les exploitations agricoles, mises en œuvre par Manuel VALLS et poursuivies par mes soins dans les mois qui ont suivi. Donc nous allons profiter des mois qui viennent pour amplifier encore ces résultats, faire en sorte qu’ils permettent d’avoir un vrai bilan en matière de lutte contre la délinquance, ce qui permettra à l’opposition de vociférer davantage encore à l’occasion des prochaines questions.