09.06.2015 - Séance de questions d'actualité au Gouvernement à l'Assemblée nationale

9 juin 2015

Bernard Cazeneuve a répondu à Brigitte Allain, députée EELV de la Dordogne lors de la séance de questions au Gouvernement à l'Assemblée nationale du mardi 9 juin 2015.


Brigitte ALLAIN, députée EELV de la Dordogne

Ma question s’adresse au ministre de l’Intérieur ! Monsieur le Ministre, quelques jours à peine après le démantèlement violent d’un camp de migrants à La Chapelle à Paris, l’évacuation policière de la Halle Pajol - dans des conditions tout aussi déplorables - nous a profondément choqués, les étalages d’autorité inacceptables ont montré les limites de l’inadaptation des procédures d’accueil des migrants en détresse et en situation de grande précarité. On ne peut pas continuer à faire comme si les réfugiés avaient le choix, ces personnes arrivent, dans le meilleur des cas si elles arrivent, dans des embarcations de fortune, traversant des océans au péril de leur vie et laissant derrière elles leurs familles et attaches pour un Eldorado économique et social et pour fuir une guerre ; ces dernières sont particulièrement vulnérables, elles ne partent pas, elles fuient, et se retrouvent dans un pays sans aucun repère culturel, linguistique ou social. Nos pays riches ont leur part dans la montée des inégalités économiques, sociales, environnementales et doivent prendre leurs responsabilités dans la gestion de leurs conséquences, si la France doit arbitrer sur l’accueil des migrants ses décisions doivent dans tous les cas être appliquées dans le respect des droits humains et dans les conditions permettant l’accompagnement digne de leur accueil ou départ. Les écologistes, attachés  ces valeurs, demandent des solutions durables pour les réfugiés : l’accélération des procédures de demande d’asile et de places d’hébergement, la mise en place d’un lieu pérenne d’accueil et de prise en charge collective des exilés dans chaque grande ville française qu’ils soient en transit ou demandeurs d’asile, un plan d’action national d’accueil et d’accompagnement des immigrés ainsi que la mise en place d’un plan européen de solidarité. Monsieur le Ministre, pouvez- vous nous assurer dorénavant d’accompagner humainement et durablement ces femmes, hommes et enfants réfugiés de notre planète trop souffrante.

Bernard CAZENEUVE, ministre de l’Intérieur

Madame la Députée, je voudrais profiter de votre question pour apporter un certain nombre de précisions. D’abord que fait le gouvernement sur la question des immigrés qui sont situés sur le territoire national, à l’instar de ceux qui étaient dans le campement de La Chapelle ou de ceux qui étaient hier à Pajol sur l’’esplanade Nathalie SARRAUTE,  à proximité Madame la Députée d’une école et d’un gymnase en présence de nombreux enfants et de nombreux jeunes ? Ce que nous faisons, c’est très simple, c’est que nous proposons l’asile à tous ceux qui relèvent de l’asile en France et nous leur proposons un hébergement ; pour ce qui concerne les femmes et les enfants qui sont en situation de vulnérabilité, nous faisons de même en étroite liaison avec la ville de Paris dont je veux saluer l’excellence de la coopération qui s’est nouée entre elle et le gouvernement ; enfin, pour ce qui concerne les autres migrants, nous essayons de les mettre à l’abri lorsqu’ils occupent  de façon illégale des terrains – et je vais prendre des exemples concrets : pour ce qui concerne l’évacuation de La Chapelle, préparée en liaison avec la ville de Paris et les associations, nous avons proposé 471 hébergements, c'est-à-dire des hébergements pour chacun des migrants qui a été évacué ; pour ce qui concerne l’opération d’hier, nous nous sommes employés à faire de même ; et le gouvernement agit avec humanité - et c’est vrai Madame la Députée qu’il est plus difficile d’agir avec humanité et responsabilité que de commenter sur tous les plateaux de télévision avec la plus grande démagogie et la plus grande irresponsabilité les difficultés auquel le gouvernement est confronté lorsqu’il s’emploie à faire face – et je vais vous le dire très clairement, Madame la Députée, lorsque je vois un certain nombre de responsables politiques, qui n’ont de responsables que le nom, aller sur les plateaux de télévision pour expliquer avec le plus grand cynisme des choses qui sont fausses alors que la situation des migrants devrait impliquer plus de dignité, je me dis que nous avons raison d’agir dans la responsabilité.