La loi de 1905, pierre angulaire de la laïcité en France

  • Actualités du ministère
  • Publié le 20/06/2025

La loi de séparation des Églises et de l'État, dite aussi loi de 1905 demeure aujourd'hui le texte fondateur du principe de laïcité en France. Quelle est l'origine de cette loi et comment garantit-elle une égalité de traitement entre tous les citoyens ? Décryptage.

Musique

Une frise chronologique apparaît le long d'une ligne qui part de droite à gauche, en biais.

1789 Révolution française
Visuel : "La Liberté guidant le peuple" d'Eugène Delacroix (Musée du Louvre)
À côté du visuel : poser la première pierre

Sous l’Ancien Régime, la majeure partie de la population française est catholique. La Révolution française remet profondément en cause l’ordre ancien. L’abolition de la monarchie de droit divin marque une première étape de laïcisation de la France. La liberté de culte est proclamée en 1791. Protestants et juifs deviennent alors des citoyens comme les autres.

« Nul homme ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. » 
Article 10 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789.

Le texte défile sur fond violet.

1801 Concordat
Visuel : dessin satirique qui représente Napoléon, un cardinal, un conseiller d'État et un prêtre en train de signer le Concordat. Au-dessus d'eux, la vierge Marie sur un nuage tient la couronne dans une main et la croix dans l'autre. Signature du Concordat entre Napoléon et le Pape Pie VII, 15 juillet 1801 (gravure sur cuivre) - Basset - Musée de la Ville de Paris, Musee Carnavalet, Paris, France / Bridgeman 
À côté du visuel : rétablir la paix religieuse

Le concordat est un traité qui fixe les relations entre l’État français et le Saint-Siège. Adopté en 1801, il vise à rétablir la paix religieuse et instaure le pluralisme confessionnel avec quatre cultes reconnus (le culte catholique, les cultes protestants, en 1802 et le culte israélite, en 1808).

« Je jure de maintenir l’intégrité du territoire de la République ; de respecter et de faire respecter les lois du Concordat et la liberté des cultes. » Napoléon Bonaparte lors de son sacre par le pape Pie VII le 2 décembre 1804.
Le texte défile sur fond violet.
On aperçoit en filigrane le portrait de Napoléon Bonaparte

1881-1886 : lois Ferry et Goblet
Visuel : dessin avec quatre personnages : l'un représente la République avec une couronne de lauriers, les autres un pasteur, un prêtre et un rabbin. Gravure ou illustration satirique ou pédagogique datant de la Troisième République française, non signé auteur inconnu
Texte : enseignement laïque, école. Pour la première fois, le respect absolu de la liberté de Conscience dans l'École  a été constitué par les lois, qu'il s'agisse du Prêtre, du Pasteur ou du Rabbin. 
À côté du visuel : exclure l'enseignement religieux des heures de classe

Les lois de Jules Ferry et de René Goblet marquent un tournant dans la laïcisation de la France. L’école publique devient gratuite en 1881, puis l’instruction devient obligatoire pour tous les enfants de 6 à 13 ans, en 1882. Les lycées et les collèges s’ouvrent aux jeunes filles et le personnel enseignant est laïcisé. L’enseignement religieux est exclu des heures de classe.

« L’instruction religieuse appartient aux familles et à l’Église, l’instruction morale à l’école." Extrait de la « Lettre aux instituteurs » Jules Ferry – le 17 novembre 1883 
Le texte défile sur fond violet.
On aperçoit en filigrane le portrait de Jules Ferry

1905 : loi de séparation des Églises et de l’État
Visuel : Séparation de l'Église et de l'État. Un vieux monsieur tente de séparer un abbé et une femme portant en écharpe les couleurs de la France.
Légende : "Et monsieur Bienvenu Martin continue toujours avec beaucoup de Briand son opération chirurgicale." Caricature satirique publiée à la une du journal humoristique "Le Rire" en date du 20 mai 1905 - Charles Lucien Léandre
À côté du visuel : légiférer par un compromis

Promulguée le 9 décembre 1905, la loi de séparation des Églises et de l’État est une loi de compromis qui permet à la fois l’adhésion des catholiques et des anti-cléricaux. Cette loi, communément appelée « loi de 1905 » proclame la liberté de conscience. Affirmée à l’article premier, elle garantit le libre exercice du culte et assure la neutralité de l’Etat vis-à-vis de l’ensemble des religions.

Article 1 – « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public. »
Le texte défile sur fond violet.

27 octobre 1946 – Constitution de la IVe République 
Visuel : extrait vidéo montrant plusieurs hommes lors du sceau de la Constitution. "Le préambule de la Constitution de 1946" le 07 novembre 1946 - INA
À côté du visuel : reconnaître le caractère indivisible, laïque, démocratique et social" de la République

La Constitution du 27 octobre 1946 reconnaît le caractère laïque de la République.

Article 1 - La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.
Le texte défile sur fond violet.
On aperçoit en filigrane le portrait de profil du général de Gaulle

2004 : loi interdisant le port de signes religieux ostensibles par les élèves des écoles, collèges et lycées publics
Visuel : La charte de la laïcité - 2004
À côté du visuel : interdire le port de signes religieux ostensibles à l'école

En 2003, Jacques Chirac, alors président de la République, décide de créer une commission « sur l’application du principe de laïcité dans la République ». La commission Stasi aboutit à l’adoption de la loi interdisant le port de signes religieux ostensibles à l’école publique.

« Tout au long de nos travaux, nous avons pu constater aussi l’attachement de la grande majorité de nos concitoyens au principe de la laïcité. Instinctivement, ils reconnaissent dans ce principe une valeur sur laquelle est fondée l’unité nationale, une valeur qui rassemble, en même temps qu’un garant de la liberté individuelle. C’est dire combien il leur paraît important que cette valeur soit respectée et, chaque fois qu’elle est menacée, défendue. »
Bernard Stasi, médiateur de la République
Le texte défile sur fond violet.
On aperçoit en filigrane de Bernard Stasi

2021 : loi confortant le respect des principes de la République
Visuel : page de couverture du dossier de presse "Loi confortant le respect des principes de la République : premier bilan et perspectives, un an après sa promulgation" - Dossier de presse à l’occasion du déplacement de Sonia BACKES, Secrétaire
d’État auprès du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer chargée de la Citoyenneté - 6 octobre 2022
À côté du visuel : réaffirmer le principe de laïcité

Adoptée le 24 août 2021, cette loi réaffirme le principe de laïcité comme fondement de la République. Elle vise à faire respecter la laïcité notamment dans les services publics, les associations, les organismes de droit privé chargés d’une mission de service public… Par ailleurs, cette loi vise à garantir le respect de la laïcité par des actions concrètes telles que la nomination de référents laïcité et la formation de tous les agents publics à la laïcité.

“Le statut général des fonctionnaires comportera l’obligation de nommer un référent laïcité dans chaque administration d’Etat, territoriale, hospitalière ainsi que dans les établissements publics (…) un programme de formation interministériel des agents publics à la laïcité sera mis en place.” Extrait des 17 décisions pour la laïcité - 15 juillet 2021

Le texte défile sur fond violet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

120 années de laïcité : la force d’une loi au cœur de la République

Musique

Une frise chronologique apparaît le long d'une ligne qui part de droite à gauche, en biais.

1789 Révolution française
Visuel : "La Liberté guidant le peuple" d'Eugène Delacroix (Musée du Louvre)
À côté du visuel : poser la première pierre

Sous l’Ancien Régime, la majeure partie de la population française est catholique. La Révolution française remet profondément en cause l’ordre ancien. L’abolition de la monarchie de droit divin marque une première étape de laïcisation de la France. La liberté de culte est proclamée en 1791. Protestants et juifs deviennent alors des citoyens comme les autres.

« Nul homme ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. » 
Article 10 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789.

Le texte défile sur fond violet.

1801 Concordat
Visuel : dessin satirique qui représente Napoléon, un cardinal, un conseiller d'État et un prêtre en train de signer le Concordat. Au-dessus d'eux, la vierge Marie sur un nuage tient la couronne dans une main et la croix dans l'autre. Signature du Concordat entre Napoléon et le Pape Pie VII, 15 juillet 1801 (gravure sur cuivre) - Basset - Musée de la Ville de Paris, Musee Carnavalet, Paris, France / Bridgeman 
À côté du visuel : rétablir la paix religieuse

Le concordat est un traité qui fixe les relations entre l’État français et le Saint-Siège. Adopté en 1801, il vise à rétablir la paix religieuse et instaure le pluralisme confessionnel avec quatre cultes reconnus (le culte catholique, les cultes protestants, en 1802 et le culte israélite, en 1808).

« Je jure de maintenir l’intégrité du territoire de la République ; de respecter et de faire respecter les lois du Concordat et la liberté des cultes. » Napoléon Bonaparte lors de son sacre par le pape Pie VII le 2 décembre 1804.
Le texte défile sur fond violet.
On aperçoit en filigrane le portrait de Napoléon Bonaparte

1881-1886 : lois Ferry et Goblet
Visuel : dessin avec quatre personnages : l'un représente la République avec une couronne de lauriers, les autres un pasteur, un prêtre et un rabbin. Gravure ou illustration satirique ou pédagogique datant de la Troisième République française, non signé auteur inconnu
Texte : enseignement laïque, école. Pour la première fois, le respect absolu de la liberté de Conscience dans l'École  a été constitué par les lois, qu'il s'agisse du Prêtre, du Pasteur ou du Rabbin. 
À côté du visuel : exclure l'enseignement religieux des heures de classe

Les lois de Jules Ferry et de René Goblet marquent un tournant dans la laïcisation de la France. L’école publique devient gratuite en 1881, puis l’instruction devient obligatoire pour tous les enfants de 6 à 13 ans, en 1882. Les lycées et les collèges s’ouvrent aux jeunes filles et le personnel enseignant est laïcisé. L’enseignement religieux est exclu des heures de classe.

« L’instruction religieuse appartient aux familles et à l’Église, l’instruction morale à l’école." Extrait de la « Lettre aux instituteurs » Jules Ferry – le 17 novembre 1883 
Le texte défile sur fond violet.
On aperçoit en filigrane le portrait de Jules Ferry

1905 : loi de séparation des Églises et de l’État
Visuel : Séparation de l'Église et de l'État. Un vieux monsieur tente de séparer un abbé et une femme portant en écharpe les couleurs de la France.
Légende : "Et monsieur Bienvenu Martin continue toujours avec beaucoup de Briand son opération chirurgicale." Caricature satirique publiée à la une du journal humoristique "Le Rire" en date du 20 mai 1905 - Charles Lucien Léandre
À côté du visuel : légiférer par un compromis

Promulguée le 9 décembre 1905, la loi de séparation des Églises et de l’État est une loi de compromis qui permet à la fois l’adhésion des catholiques et des anti-cléricaux. Cette loi, communément appelée « loi de 1905 » proclame la liberté de conscience. Affirmée à l’article premier, elle garantit le libre exercice du culte et assure la neutralité de l’Etat vis-à-vis de l’ensemble des religions.

Article 1 – « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public. »
Le texte défile sur fond violet.

27 octobre 1946 – Constitution de la IVe République 
Visuel : extrait vidéo montrant plusieurs hommes lors du sceau de la Constitution. "Le préambule de la Constitution de 1946" le 07 novembre 1946 - INA
À côté du visuel : reconnaître le caractère indivisible, laïque, démocratique et social" de la République

La Constitution du 27 octobre 1946 reconnaît le caractère laïque de la République.

Article 1 - La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.
Le texte défile sur fond violet.
On aperçoit en filigrane le portrait de profil du général de Gaulle

2004 : loi interdisant le port de signes religieux ostensibles par les élèves des écoles, collèges et lycées publics
Visuel : La charte de la laïcité - 2004
À côté du visuel : interdire le port de signes religieux ostensibles à l'école

En 2003, Jacques Chirac, alors président de la République, décide de créer une commission « sur l’application du principe de laïcité dans la République ». La commission Stasi aboutit à l’adoption de la loi interdisant le port de signes religieux ostensibles à l’école publique.

« Tout au long de nos travaux, nous avons pu constater aussi l’attachement de la grande majorité de nos concitoyens au principe de la laïcité. Instinctivement, ils reconnaissent dans ce principe une valeur sur laquelle est fondée l’unité nationale, une valeur qui rassemble, en même temps qu’un garant de la liberté individuelle. C’est dire combien il leur paraît important que cette valeur soit respectée et, chaque fois qu’elle est menacée, défendue. »
Bernard Stasi, médiateur de la République
Le texte défile sur fond violet.
On aperçoit en filigrane de Bernard Stasi

2021 : loi confortant le respect des principes de la République
Visuel : page de couverture du dossier de presse "Loi confortant le respect des principes de la République : premier bilan et perspectives, un an après sa promulgation" - Dossier de presse à l’occasion du déplacement de Sonia BACKES, Secrétaire
d’État auprès du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer chargée de la Citoyenneté - 6 octobre 2022
À côté du visuel : réaffirmer le principe de laïcité

Adoptée le 24 août 2021, cette loi réaffirme le principe de laïcité comme fondement de la République. Elle vise à faire respecter la laïcité notamment dans les services publics, les associations, les organismes de droit privé chargés d’une mission de service public… Par ailleurs, cette loi vise à garantir le respect de la laïcité par des actions concrètes telles que la nomination de référents laïcité et la formation de tous les agents publics à la laïcité.

“Le statut général des fonctionnaires comportera l’obligation de nommer un référent laïcité dans chaque administration d’Etat, territoriale, hospitalière ainsi que dans les établissements publics (…) un programme de formation interministériel des agents publics à la laïcité sera mis en place.” Extrait des 17 décisions pour la laïcité - 15 juillet 2021

Le texte défile sur fond violet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La loi de séparation des Églises et de l’État, dite aussi « loi de 1905 », est indissociable du principe de laïcité. Depuis une trentaine d’années, le mot « laïcité » surgit souvent au détour d’événements médiatisés lorsqu’il s’agit de rappeler le respect des principes de la République. Mais qu’est-ce que la laïcité et que dit cette loi qui, avant toute chose, garantit l’égalité entre tous les citoyens ?

Inscrite dans la Constitution, la laïcité est un principe républicain. Elle permet notamment de croire ou de ne pas croire, de pratiquer sa religion, de ne plus croire ou de changer de religion et ce, tant que cela ne va pas à l’encontre des lois de la République. La laïcité garantit donc :

1/ la liberté de conscience et le libre exercice des cultes.

Par « libre exercice des cultes », on entend :

  • la possibilité de se réunir pour pratiquer son culte,
  • la possibilité d’exprimer sa croyance par le port de signes religieux ou par le port de tenues,
  • la possibilité de convaincre du bien-fondé de sa croyance.
     

2/ La laïcité garantit également : 

  • l'égalité de tous les citoyens, quelle que soit leur croyance ;
  • la neutralité de l'État à l'égard des religions.
     

La loi de séparation des Églises et de l’État, dite aussi « loi de 1905 »

Article 1
La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.

Article 2
La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes.
Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons.
Les établissements publics du culte sont supprimés, sous réserve des dispositions énoncées à l'article 3.

« Ce n’est que par le lent travail des siècles que peu à peu, les diverses fonctions de la vie publique se sont distinguées, séparées les unes des autres et affranchies de la tutelle étroite de l’Église. […] La laïcité est l’héritière des aspirations à la liberté du Siècle des Lumières. Elle plonge ses racines dans le bouleversement révolutionnaire de 1789. »

Ferdinand Buisson

Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire (1887-1888)

La laïcité résulte de l’histoire politique de la France. Si la Révolution française est considérée comme le point de départ de cette longue histoire, les racines de la laïcité remontent au Moyen Âge, même si, à ce moment-là, le terme n’existe pas encore.

En effet, en 498, le baptême de Clovis par Saint-Rémi fait du christianisme la religion officielle de la Gaule. L’Église devient omniprésente dans différents domaines : l’enseignement, l’état civil, les soins… Le monarque en tire sa légitimité ; son pouvoir est dit « de droit divin ». Jusqu’à la Révolution française, même si l’Édit de Nantes, signé par Henri IV en 1598, affirme la liberté de conscience et l’égalité civique, la France demeure profondément catholique. En 1685, la révocation de ce texte par Louis XIV marque d’ailleurs la fin de la tolérance religieuse. Le culte protestant, interdit, provoque l’exil de plus de deux cent mille protestants. Le monarque remet à l’ordre du jour l’adage « une foi, une loi, un roi ».

La Révolution remet profondément en cause l’ordre établi. L’abolition de la monarchie de droit divin est une première étape vers la laïcisation du pays. 

« Nul homme ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble par l’ordre public établi par la loi. »

Article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC) du 26 août 1789 

La liberté de culte est proclamée en 1791. Persécutés dans le passé, protestants et juifs deviennent des citoyens comme les autres. L’influence des religions dans la société diminue.

En 1795, sous le Directoire, la séparation de l’Église et de l’État est proclamée pour la première fois, selon des modalités proches de la loi de 1905. Toutefois, les principes ne sont pas forcément appliqués. La laïcité reste au rang des idées.

En 1801, pour rétablir la paix religieuse, Napoléon Bonaparte signe le Concordat qui fixe les relations entre l’État français et le Saint-Siège. Le catholicisme ne redevient pas la religion officielle mais celle « de la grande majorité des Français ». Néanmoins, les religions reconnues sont organisées comme des services publics.

Sous la IIIe République, la France franchit une deuxième étape vers la laïcisation. Le terme « laïcité » apparait. Sous l’impulsion de Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique, l’école publique devient gratuite en 1881, puis obligatoire pour tous les enfants de 6 à 13 ans, en 1882. L’enseignement religieux est exclu des heures de classes et remplacé par l’enseignement de la morale civique.

L’affaire Dreyfus, qui débute en 1894, provoque un climat de tension entre les radicaux républicains et la droite catholique. C’est dans ce contexte que le projet de loi de séparation des Églises et de l’État est présenté au Parlement. La préparation du projet de loi confiée à la commission Buisson – Briand donne lieu à des débats houleux entre Républicains et Catholiques. On compte 48 séances de discussions entre 1904 et 1905. La loi de 1905 marque la volonté d’Aristide Briand d’aboutir à une loi de compromis qui permet à la fois l’adhésion des catholiques et des anti-cléricaux. Cette loi repose sur deux piliers principaux :

  • la liberté de conscience affirmée à l’article premier ;
  • la séparation des Églises et de l’État.

Avec la loi de 1905, la souveraineté de la Nation s’affirme. La religion officielle ayant longtemps été le catholicisme, l’athéisme n’était pas reconnu. À partir de 1905, l’État n’a plus de religion. Sa neutralité devient donc une garantie pour l’égalité des citoyens. C’est pourquoi, sans faire référence à la laïcité de façon explicite, la loi de 1905 demeure le texte fondateur de la laïcité en France

Depuis la fin du XXe siècle, la laïcité semble ressurgir dans le débat public dans un contexte très différent de celui de 1905. En effet, la société se caractérise aujourd’hui par une diversité religieuse bien plus importante alliée à une sécularisation importante. 

Sécularisation : de quoi parle-t-on ?

Le terme « sécularisation » désigne aujourd’hui un processus lent par lequel une société se dégage petit à petit de la religion. Au sein de cette société, les mœurs ne sont plus déterminées par les normes religieuses. Certaines fonctions auparavant remplies par l’Église sont notamment abandonnées.

    Graphique-personnes-sans-religion.jpg
    Source - « La Diversité religieuse » en France, INSEE, de 2019-2020 à 2023

    Deux camemberts représentent la proportion de personnes sans religion en 1872 et en 2018. 

    En 1872, 0,2% de la population, soit 82 000 personnes.

    En 2018, 58% de la population. Parmi ces 58%, 37% sont indifférents et 21% sont des athées revendiqués. 

    Transcription

    Deux camemberts représentent la proportion de personnes sans religion en 1872 et en 2018. 

    En 1872, 0,2% de la population, soit 82 000 personnes.

    En 2018, 58% de la population. Parmi ces 58%, 37% sont indifférents et 21% sont des athées revendiqués. 

    À la suite des attentats terroristes de 2015, une véritable politique publique de la laïcité est mise en œuvre. La mobilisation des pouvoirs publics s’intensifie avec la « Grande mobilisation de l’École pour les valeurs de la République » ou le lancement du plan national de formation « Valeurs de la République et laïcité ».

    Dans la continuité, la loi confortant le respect des principes de la République est adoptée le 24 août 2021. Cette loi réaffirme le principe de laïcité comme fondement de la République. Elle vise à faire respecter la laïcité notamment dans les services publics, les associations, les organismes de droit privé chargés d’une mission de service public… À cet effet, des actions concrètes sont décidées à l'occasion du premier Comité interministériel de la laïcité, notamment la formation des agents publics d’ici à la fin 2025 et la nomination de référents laïcité. 

    Enfin, une journée nationale de la laïcité a été instaurée le 9 décembre de chaque année en hommage au jour où la loi de séparation des Églises et de l’État a été promulguée. Un prix de la laïcité est décerné le même jour.

    Ces articles peuvent aussi vous intéresser :

    Liste de résultat(s)