Nice, 14 juillet 2016 : dix ans après l’attentat, la Nation se souvient

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Dans la soirée du 14 juillet 2016, sur la Promenade des Anglais à Nice, un attentat terroriste coûtait la vie à 86 personnes et provoquait des centaines de blessés. Le commissaire de police Emmanuel Grout figurait parmi les victimes tuées. Lors de sa course meurtrière, le terroriste était abattu par les policiers. Dix ans plus tard, la Nation rend hommage aux victimes et à tous ceux qui ont répondu à l'appel du devoir.

Le 14 juillet 2016, peu avant 23h, un camion de 19 tonnes charge les centaines de spectateurs rassemblés pour assister au feu d'artifice, sur la Promenade des Anglais, à Nice (Alpes-Maritimes). L’attentat terroriste provoque la mort de 86 personnes. Parmi celles-ci, le commissaire de police Emmanuel Grout, mais aussi des enfants, des adolescents. On compte également plus de 400 blessés. 

Interrompu dans sa course deux kilomètres plus loin, le conducteur du poids lourd, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, est abattu par les policiers. Le 16 juillet, l'attentat est revendiqué par l'organisation terroriste État islamique, dite « Daech ».

« En choisissant le jour de la Fête nationale pour exécuter son crime odieux, c’est bien l’ensemble de la communauté nationale que le terroriste visait. Cette communauté nationale que nous formons tous ensemble, par-delà nos différences, nos identités singulières, nos histoires individuelles. Cela porte un nom : le beau nom de République. »

Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur (cérémonie d’hommage au commissaire Emmanuel Grout, 22 juillet 2016)

À la suite de l’attentat, la Cellule interministérielle de crise (CIC) est activée à la demande du Premier ministre, au ministère de l'Intérieur, Place Beauvau. Le préfet des Alpes-Maritimes déclenche le plan ORSEC NOVI(1) (NOmbreuses VIctimes). En parallèle, le Centre hospitalier universitaire de Nice, via le Plan blanc, met en place les moyens nécessaires pour gérer l’afflux de victimes et coordonner l’ensemble des secours et les services de santé.

1/ Le plan ORSEC – NOVI permet notamment de coordonner les actions des services d’interventions, d’assurer une prise en charge efficace des victimes, de sécuriser la zone de l’accident, de prendre en charge les familles et proches des victimes.

Par ailleurs, de nombreux anonymes apportent spontanément leur aide aux services de secours : policiers et professionnels de santé - qui n’étaient pas en service au moment du drame - mais aussi des citoyens : tous aident à prodiguer les premiers soins.

Le président de la République, François Hollande, déclare un deuil national pour les 16, 17 et 18 juillet 2016. Les drapeaux de tous les édifices publics en France sont mis en berne.

Sur le plan judiciaire, l’auteur de l’attaque, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, tunisien domicilié à Nice, n’a pas pu être jugé puisqu’il a été abattu(2) le soir du 14 juillet 2016. Les huit autres accusés ont été jugés en décembre 2022 par la cour d'assises spéciale de Paris. Ils ont été condamnés à des peines allant de 2 à 18 années d’emprisonnement. Déclarés coupables d'association de malfaiteurs terroriste, ils ont été condamnés à dix-huit années de réclusion pour leur implication dans l'attaque. Deux des huit accusés ont fait appel.

2/ Pour s’adapter à l’évolution de la menace terroriste depuis les attentats de janvier et novembre 2015, en application de l’article L 435-1, les forces de sécurité intérieure peuvent faire usage de leur arme en cas d'absolue nécessité et de manière strictement proportionnée, en particulier lorsqu’il s’agit de stopper un périple meurtrier. 

Alinéa 4° de l’article L 435-1 - Lorsqu'ils ne peuvent immobiliser, autrement que par l'usage des armes, des véhicules, embarcations ou autres moyens de transport, dont les conducteurs n'obtempèrent pas à l'ordre d'arrêt et dont les occupants sont susceptibles de perpétrer, dans leur fuite, des atteintes à leur vie ou à leur intégrité physique ou à celles d'autrui.

Alinéa 5° de l’article L 435-1 - Dans le but exclusif d'empêcher la réitération, dans un temps rapproché, d'un ou de plusieurs meurtres ou tentatives de meurtre venant d'être commis, lorsqu'ils ont des raisons réelles et objectives d'estimer que cette réitération est probable au regard des informations dont ils disposent au moment où ils font usage de leurs armes.

Un policier parmi les victimes

Le commissaire Emmanuel Grout figurait parmi les 86 victimes de l’attentat du 14 juillet 2016. Depuis le 1er novembre 2014, il exerçait les fonctions de directeur départemental adjoint de la Police aux frontières. Il avait plus particulièrement la responsabilité de l’aéroport Nice-Côte d’Azur. Il avait commencé sa carrière dans le Val-d’Oise en se formant à la procédure judiciaire et au contrôle de la qualité procédurale, à la lutte contre les stupéfiants et les violences urbaines, à l’ordre public et à la sécurité routière.

Nice : le souvenir au cœur

10 ans plus tard, la ville de Nice reste meurtrie dans sa chair.

Chaque année, le matin du 14 juillet, un moment de recueillement est organisé devant le mémorial des victimes dans le jardin de la villa Masséna.

En présence du préfet des Alpes-Maritimes et du maire de Nice, une cérémonie avec dépôt de gerbe a également lieu devant l’Ange de la baie, la structure mémorielle réalisée par le sculpteur niçois Jean-Marie Fondacaro. Son emplacement sur la Promenade des Anglais, à l’endroit même où le camion meurtrier a stoppé sa course, a été choisi par les associations de victimes.

Désormais, en lieu et place du traditionnel feu d’artifice, 86 faisceaux lumineux apparaissent sur la mer de 22h36 à minuit pour rendre hommage aux victimes de l’attentat. La Nation ne les oublie pas.

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