Téléphone au volant : zoom sur la généralisation de la suspension du permis de conduire

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Face à la banalisation de l'usage du smartphone au volant et à une mortalité routière qui ne baisse plus, le gouvernement a décidé de durcir sa réponse. Depuis le 5 octobre 2026, le fait de tenir son téléphone à la main en conduisant peut désormais entraîner une suspension administrative du permis de conduire, sans qu'aucune autre infraction simultanée ne soit requise. Cette mesure forte s'inscrit dans une démarche globale de lutte contre l'insécurité routière et de responsabilisation des conducteurs.

Quelques chiffres alarmants

Conduire exige une attention permanente. Les données recueillies par la Sécurité routière illustrent le danger de l'utilisation du téléphone :

  • En 2025, 3 515 personnes ont perdu la vie sur nos routes ;
  • L'inattention est à l'origine de 24 % des accidents corporels ;
  • Le fait de manipuler un téléphone multiplie par 3 le risque d'accident ;
  • Près de 80 % des conducteurs français admettent qu'ils utilisent leur téléphone au volant.

Une mesure généralisée à tout le territoire depuis le 5 octobre 2026

Entre novembre 2025 et septembre 2026, cette mesure a été testée dans 18 départements. Dans ces départements, la suspension de permis était décidée au cas par cas sur appréciation du préfet, en fonction des circonstances et du parcours du conducteur. Dans le département des Landes, pionnier sur le sujet, plus de 300 permis ont été suspendus pendant les trois premiers mois et une baisse de 12 % de l’usage au téléphone a été enregistrée dans les mois qui ont suivi.

Pour garantir une règle claire et applicable partout de manière égale, une instruction a été envoyée le 29 septembre 2026 par le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, et la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne, pour demander à l'ensemble des préfets de généraliser la suspension du permis pour cette infraction. 

« Il faut une sanction réelle, mais proportionnée. Le but n'est pas de sanctionner pour sanctionner. Il est de provoquer une prise de conscience et un changement de comportement »

Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté

Que risquez-vous concrètement en cas d'infraction ?

Si l'usage du téléphone est constaté par les forces de l'ordre, l'automobiliste s'expose à de lourdes conséquences :

  • Le préfet peut suspendre le permis de conduire de l'automobiliste pour une durée allant jusqu'à 6 mois (durée de suspension décidée au cas par cas). Le permis n’est pas retiré directement par les forces de l’ordre au moment du contrôle. La suspension est décidée et notifiée par la préfecture. Le conducteur pourra présenter ses observations dans le cas de la procédure contradictoire ;
     
  • Cette suspension administrative vient s'ajouter aux sanctions déjà prévues par le Code de la route, qui comprennent une amende forfaitaire de 135 € et le retrait de 3 points sur le permis.